Roule ma poule. Le départ.

7 juin 2009

Elle a juste pris une fiole de gin. Une. La dernière pour la route. Un échantillon ramené par JP lors de son dernier séminaire à Punta Cana. Amelia sourit amèrement… Il a dû s’éclater avec son affreuse petite morue, cet imbécile a joué les Spider-Man accroché à la moustiquaire du lit à baldaquin de la chambre en bois exotique, tandis que sa truie se trémoussait vulgairement dans un déshabillé en soie, pensant que c’était l’avènement final que de s’envoyer le patron au bout du monde. Qu’elle se le garde ! Le monde appartient désormais à Amélia, Raoul Grochin l’attend en Espagne dans un camp hippie, où il vit en harmonie avec la nature, il l’a invitée à venir quand elle veut. C’est le moment de hisser les voiles pour Amélia, de quitter JP qui la trompe, ses enfants qui l’ignorent, son salon patiné et ses tableaux d’art contemporain. Sa vue se brouille parfois, elle étouffe un hoquet, ses paupières sont gonflées, son visage soufflé par l’alcool mais elle rit de bon cœur, Amélia, car elle est libre maintenant. Elle continue sur le périphérique afin de prendre la direction de Bordeaux, elle s’apprête à longer la côte ouest avant de passer la frontière. Soudain à la sortie de l’autoroute Amélia sursaute en passant devant un tas difforme qui tend son pouce sous un poncho en plastique, quelques mèches ruisselantes barrent le visage de l’auto-stoppeuse mais Amélia reconnaît Alyette. Alyette de Kermouette !! Elle freine brusquement, un poids lourd la klaxonne, elle s’arrête sur le bas-côté et sous des trombes d’eau, îvre morte elle hurle en faisant des gestes dont elle a perdu le contrôle, l’index pointé vers le ciel « Alors la comtesse ! Tu montes ou quoâ ?! ». Alyette est ravie de voir enfin une voiture s’arrêter, faut dire qu’immobile en chaussette depuis au moins deux heures, elle a super froid. Mais dans le fond elle s’en fout. Pas question de faire demi-tour. De toutes les façons ça fait trente ans qu’elle se pèle le cul dans le château des Kermouette, trente ans qu’elle trime, qu’elle bouffe de la merde pour espérer le tout-à-l’égout, trente ans qu’elle supporte un tas de cons, trente ans qu’elle se farci Gérard et ses histoires d’ancêtres généraux, alors aujourd’hui elle se casse. Droit devant, elle descend dans le Sud, elle fredonne le temps dure long-temps-AN, et la vie sûrement… plus d’un million d’années !! Elle se rue vers la voiture qui la hèle et c’est avec stupeur qu’elle croise le regard vitreux d’Amélia. Amélia Leguoulle ! Elle est méconnaissable, ses joues sont violacées et son nez est rouge, mais que lui est-il arrivé ? Alyette s’engouffre dans le petit coupé, Amelia s’assied, démarre, passe les vitesses et la paupière tombante l’avertit « Ma poule, je me fais la malle en Espagne tu sais, avec moi, c’est droit devant… » Alyette renifle, se passe une main sur le visage et dit « Moi aussi je me casse, alors roule… ».

Raoul Grochin bosse sur le marché de Madrid tous les matins. Il vend de la paëlla, il hurle « Paëlla !!! Que buena buena !! ». Il vit à une trentaine de kilomètres de Madrid, dans une petite communauté, ils sont une trentaine à se partager un hameau abandonné. Ce sont tous de vieux copains, ils ont connu l’île de Wight, mai 68, ils sont libres et ils rejettent la société de consommation. Artistes pour la plupart, ils vivent essentiellement grâce à la paëlla de Raoul qui rend malade à crever tous les touristes qui la goûtent. Faut dire que Raoul ne respecte aucune règle d’hygiène, son chorizo est roulé au talon par son camarade Cloclo qui tue le cochon en fumant de l’herbe, et il récupère ses crevettes chez un chinois qui lui fait des ristournes quand la menthe des rouleaux de printemps ne couvre plus l’odeur du kilo de mollusques avariés. Raoul pense que notre société doit réapprendre à manger des trucs sans conservateurs et que sa paëlla a le goût de l’aventure. Son seul péché mignon c’est une heure d’internet qu’il s’offre de temps à autre dans un cyber-café, et depuis quelques temps il a retrouvé Amélia, une copine d’enfance. Elle lui a promis de venir lui rendre visite un jour. Il a prévenu ses amis, il a dit un soir alors que Stan grattait Il a neigé sur Yesterday « Je vais peut-être avoir une copine qui va venir un ou deux jours ». Suzanne qui basculait son corps de droite à gauche a ouvert les yeux, remis sa peau de mouton en grognant que les nouvelles elle aimait pas beaucoup ça, Karina, la basque qui s’occupe des chèvres a froncé les sourcils et Willy, l’anglais, a dit avec son accent « Whouah !! C’est super !  J’espèrè qu’elle aime faire l’amour avec tout le monde ! ». Raoul a crié « Vive les verts ! » et Cloclo a hurlé « Vive l’atmosphère ! ». Alors ils ont tous ri de bon cœur parce qu’ils étaient heureux, que le feu de bois leur chauffait les poils du corps, parce qu’ils étaient libres, nus et ensemble.

« Fais gaffe ! » hurle de temps en temps Alyette quand Amélia frôle la rembarde de l’autoroute à plus de 180km/h. Amelia explose de rire, essaye de récupérer quelques gouttes en aspirant bruyamment dans la bouteille, ralentit, dit putain c’est bon de se casser et Alyette recommence à sourire, émergeant de ses longs mois de dépression, oppressée par le regard d’Edwige, cassée par les médicaments du Docteur Furon, assassinée par les conventions sociales. Elle sourit, elle trouve qu’Amelia pue l’alcool mais que ça la rend plus sympathique, elle s’endort tandis que le véhicule continue sa course folle. Dans quelques heures les Pyrénées et après… Après ? Elle s’en fout.

 

Allez je m’y remets. Je sais j’ai abusé. Mais promis demain c’est la fête avec Raoul. Je vous passe le bonsoir et je remercie la personne qui m’a laissé le dernier com dans le post précédent.

Pacques et pic et kilogramme…

22 avril 2009

Pacques derrière nous, les cloches se sont envolées, laissant quelques œufs écrabouillés sous le réhausseur de la voiture et quelques sacrées traces dans notre slip : l’élastique nous serre furieusement la fesse, Kinder The Killer, nous a encore eus !! On s’est dit que c’était l’équivalent d’un verre de lait, qu’après l’hiver pourri passé sous une chapka on avait besoin de magnésium, on s’est dit Merde ! Même Gisèle Bündchwzen est complexée quand elle va à la piscine, et avec un peu de chance le réchauffement climatique œuvrera de façon à ce que nous n’ayons plus jamais l’occasion de nous mettre en maillot de bain. Dans deux ans c’est la fin du monde, la fonte du Pôle Nord nous aura englouties, l’ours polaire dérivera vers Quimper, on aura sans doute des soucis plus importants que de rentrer dans cette utopique Taille 36. Si Jésus n’était pas ressuscité il se retournerait dans sa tombe en m’entendant…(le mercredi j’ai de l’esprit).

Après Pacques t’as l’air d’un sac : l’heure est aux…régimes. Ting ! Ting ! Ting ! (carillon).L’occasion inespérée pour tous les magazines féminins de nous montrer à quel point ils nous prennent tous pour des cons. Pendant deux mois on va avoir droit à toutes les lubies des nutritionnistes les plus illuminés de la planète. « Attention la chrono-nutrition arrive ! » ou encore « Le choux votre meilleur allié ». Moi je dis Attention ! Le choux ça fait péter et ça donne une haleine de teckel : entre faire le vide dans son pantacourt et faire le vide autour de soi, va falloir choisir !!… Les conseils les plus débiles afflueront, on va vous faire gober qu’en mangeant un kilo d’ananas vous perdrez jusqu’à trois kilos par semaine, les personnages imaginaires seront toujours plus nombreux « Bonjour, je m’appelle Géraldine, je pesait 98 kg pour 1m53 et grâce au régime du Docteur Scotchawk je fais désormais la maline dans mes tous mes petits strings ! », les faux témoignages se succéderont « Eva Zerzigova nous révèle qu’elle boit une tisane de ficcus avant de s’endormir ». On va nous délivrer mille et une petites recettes « légères », à base de concombre écrabouillé ou de laitue séchée, on va essayer de nous faire brouter du trèfle (riche en B 58463, la nouvelle vitamine qui fait fureur à Miami), bref on va encore nous faire chier, et c’est rien de le dire, parce qu’avec le kilo d’ananas et le trèfle haché, ça risque d’être sévère cette fois…

Et tout le monde, à l’approche des beaux jours, va y aller de sa petite phrase, obsessionnelle : « honnêtement tu me trouves grosse ou pas ? » « franchement tu trouves que j’ai beaucoup pris depuis la naissance de Clotaire ? »"ça se voit ou pas que j’ai perdu 785 grammes depuis lundi ? », et les mêmes phrases reviendront, rassurantes, gentilles et monocordes : « Honnêtement ? Allez… t’as peut-être deux kilos en trop… »" Tu sais quoi ? T’es ronde et ça te va su-per bien ! ». Pourtant, on pourrait en écrire des articles, nous. Parce qu’on a pas connu la guerre mais on a eu la dalle : Génération Slim Foust ! Une poudre dégueulasse au cacao ou à la vanille mélangée à de l’eau dans un verre en plastique OFFERT par la marque, c’était de l’héroïsme. Alors à toutes ceux qui ont faim en lisant cet article je ne saurais que leur conseiller d’aller se faire plaisir dans le placard à Carambar, car j’ai récemment fait une découverte culinaire des plus savoureuses : je mâche une poignée de cacahuètes et une fois qu’elle est bien écrasée dans ma bouche, je mâche par dessus un carambar au caramel. Goutez-moi ça vous m’en direz des nouvelles.
Entre coupe-faim et coupe-crotte il va falloir trancher. C’était ma phrase du jour.

 

C’est la cata…

31 mars 2009

C’est la caca, c’est la cata, c’est la… catastrophe !!!

Je ne peux pas bien vous dire ce qu’il se passe, mais il y a une « couille dans le potage » comme aurait dit Voltaire lorsqu’il moulinait ses haricots verts.
Beaucoup me laissent des messages pour me demander où on peut trouver mon livre. Sachez qu’il y en a encore sur Decitre.fr ou Laprocure.com. Je sais que la situation est lourdingue et je suis la première à enrager, à mon échelle je ne peux rien faire, à part harceler mon éditeur de mails et de coups de fil, c’est ultra chiant. La réimpression étant rentrée hier en stock, tout devrait fonctionner, c’est ce qu’a dit le monsieur… Pour ne rien arranger on a changé d’heure et je suis décalquée, mon métabolisme est largué, j’en viendrais même à vous vendre des moules Flexipax à 53 euros ou à organiser des groupes de reflexion du genre « qu’est-ce que signifie être une femme aujourd’hui », c’est dire mon état de fatigue…

 

 » Là où il y a une volonté, il y a un chemin » Soun Tzou (un copain de Fac de Droit)

 

Marche ou crève à la Mi-Carême

22 mars 2009

Assise par terre, je scrute l’horizon.
L’air est sec, le ciel est bleu, il ne pleut pas : c’est rare ici, ça relève même du miracle. Y a de la magie dans l’atmosphère, le soleil se reflète dans la soie de mon kimono. Les voitures ne sont pas nombreuses, les passants non plus. J’appelle mon fils « Petit, petit ! Reste assis près de moi », il est fatigué et se frotte les yeux. Je ne désespère pas. Je prends l’objet trouvé dans le coffre, je le secoue, il fait Clik ! Clik ! son fonctionnement ne n’a pas l’air simple, je tente de trouver à quoi il sert, il est lourd. J’appuie partout, je tire de toutes mes forces, j’ai peur de me coincer les doigts, je le cogne sur le bitume, je murmure Sézame ouvre-toi, il ne se passe rien. Je me concentre, je me dis tout bas ma grande, t’as écrit un livre, rappelle-toi ! C’est un autre défi qui t’attend, te laisse pas démonter… Il faut que je trouve une solution ou nous dormirons sur le trottoir ce soir. Un homme passe, il hâte le pas en m’apercevant et nous contourne, le lâche ! Je rassure mon fils « Ne pleure pas petit, we can do it ». L’enfant est traumatisé, il faut dire qu’avec Batman et Maya l’Abeille il vient d’aller défiler à la maison de retraite. Ça ne s’est pas super bien passé. Ils ont d’abord tous sursauté quand la dame en blanc a hurlé dans la salle à manger « CE SONT LES ENFANTS QUI VIENNENT VOUS DIRE BONJOUR !! ». Squelettor leur a souri dans sa chaise roulante en poussant des cris rauques, Maître Yoda s’est mis à baver, les enfants sont tous repartis en hurlant, Spider Man a fait pipi dans son slip, Pocahontas a fondu en larme et réclamé sa maman, ils détestent ad vitam le carnaval.
Soudain en tournant une petite barre en acier je m’aperçois que l’objet s’ouvre doucement : Eurêka ! J’ai trouvé ! Je me mets à quatre pattes, je fixe mon adversaire pour l’intimider, j’observe, je tire le rond en plastique sale… Tout est là, devant moi, un refrain s’impose, Carla Bruni fredonne : « Quatre boulons, une clé en fer c’est le prénom de ma galère… »
Je découvre qu’il y a un drôle d’objet dont le trou correspond parfaitement à la forme de l’écrou, chacun cherche son trou, je viens de trouver la formule magique. J’enlève mon kimono, j’ai chaud, ça commence à sentir le rouleau de printemps. Mes mains sont noires, j’ai le cœur léger, l’enfant s’est arrêté de pleurer. Un monsieur se dirige vers moi, mais quand il aperçoit la situation dans laquelle je suis, il traverse la rue au galop. Hors de ma vue Ducon, je n’ai besoin de personne. Je m’érafle la peau des phalanges sur le bitume en tournant la manivelle, mais je crois détenir la clé de l’énigme. Je donne des coups de talons sur la petite matraque noire, les boulons sautent, mon cœur bondit. Je m’essuie le front avec le revers de mon poignet pour faire comme dans les films, je donne un petit coup de poing dans la voiture en  criant « Foking côôôr ! » (mon accent est redoutable). J’empoigne, je soulève, je change, je transporte, j’ai soif. Ma parole ! Je suis Super Jaimy et je parviens même à entendre des sons imperceptibles d’ordinaire !! Les oiseaux se taisent soudain, l’enfant crie « Hourra ! », un passant s’avance, vérifie d’abord que le travail est terminé et demande s’il peut m’aider, je lui réponds qu’il y a des situations où la présence des hommes est absolument inutile, voire encombrante, il prend pour tous les autres. Il répond que je peux crever, je lui rétorque que c’est déjà fait, qu’il peut disposer.

J’arrive chez Speedy, je dis « Bonjour tout le monde ! J’ai changé mon pneu toute seule… Ben quoi me regardez pas comme ça ! Honnêtement les gars, c’était ea-sy… ». Le garagiste sourit, dit que tous les boulons sont revissés à l’envers… hum… hum ! Tu serais pas un peu jaloux mon grand ?

Province-Attitude – 2

18 mars 2009

J’espionne… Je rôde autour des librairies… Je farfouille à la Fnac… Je prends l’air de rien chez Virgin… J’écorche volontairement mon nom pour voir si les vendeuses réagissent… Je pose systématiquement ma pile de livres sur les autres… Je taffe…
Pendant ce temps là tout le monde bosse : ma famille réorganise le rayon Humour chaque fois qu’elle passe quelque part, mes amis se mobilisent pour laisser des commentaires du genre « à mourir de rire  » « super drôle !!! » sur Face Book, mes grands-parents ont pour mission de passer dans toutes les librairies de la ligne Chateau-de-Vincennes/La Défense pour réclamer à cœurs et à cris le livre dont parle toute la presse actuellement et mes gentilles copines de blog se cassent le train pour prendre en photo mon bouquin et le présenter. Bref, du boulot à temps plein pour tout le monde. Pas de gréviste à ce niveau là. Lapin Malin vous dit Merci.

En désordre quelques mails reçus (qui ne doivent pas être divulgués pliz…) :
« Whaou ! Michelle adoorè le livre… C’est super pendant le crise financier, bientôt je viendra sur les plages du débarquement et on boira du bon vin français avec des baguettes !! See you et really Bravo » B. Obama

« Samba ! Lé livre nous za écliré la vida ! Sourtout qu’en ce moment sé pas la fiesta por nosostros al Brazil ! » José Cardoso

« quelle plume ! (dans l’Q) » NicoHulot

Hier je suis allée voir du côté de la librairie soi-disant « prestigieuse » de mon bled. À titre personnel je les ai toujours trouvés désagréables, ils détestent les vieux, les enfants et accessoirement… mon livre ! Lorsque je leur ai demandé s’ils avaient, par hasard, quelque part, un livre intitulé « Province-Attitude » ils ont soufflé fort « PFffffffffffff » (ils ont du souffle grâce au lait Ribot) « c’est la quatrième fois qu’on nous le demande depuis ce matin, on l’a plus… » et comme je prenais une mine ravie ils ont ajouté, furieux, « de toutes façons c’est que des bourgeoises qui l’achètent ». Tiens ? Ça me surprend…

Bientôt, chers amis, vous pourrez dire Adieu à certains des personnages de notre petit Dallas Breton (l’expression est de Quentin mais je l’aime bien) qui, je vous préviens, vont prendre cher prochainement (c’est Amelia qui conduit et elle a pas lésiné sur le Calva) . Je vous entends fredonner « Ammouuuuur, Poire et Pâté ! » vous avez la patate les gars !! Mais moi je vais me coucher parce que c’est mercredi soir et que je me fais pitié dans la glace. Il est temps que je vende beaucoup de livres pour me payer du botox.

 J’ajoute juste pour tous ceux et toutes celles qui n’ont pas de librairie à proximité de chez eux, qui habitent loin ou ailleurs, que le bouquin est en vente sur Internet. C’est ça le progrès aussi…

Il arrive ! Il arrive ! Le voilà !

7 mars 2009

Non pas le Père Noël nous sommes en mars je vous le rappelle !
Pas Jésus non plus car il est dans le désert !
Non, MON LIVRE ! Celui que j’ai écrit !

« De quoi parle-t-il ? » me demandent mes amis. Ce livre parle de beaucoup de choses mes chers amis. D’abord le vocabulaire y est riche, les pensées profondes et le fond dense. C’est un pavé de plus 800 pages, qui reflète le travail de plusieurs années de boulot dans les bibliothèques les plus complètes d’Occident mais aussi d’Orient, des années où de nombreux maîtres m’ont guidée : San-Kou-Kaï à San-Gapour, BHL à Paris mais aussi Brandon Walch à Berverlly Hills et puis Scovodora à Sofia. De nombreuses références philosophiques flirtent avec un paquet de réflexions sociales et spirituelles. Ouais… On me croyait seulement capable de parler de jogging, de purée-maison, uniquement capable de grandes tirades telles « caca de fête, caca qui fouette », j’ai voulu prouver que je parlais grec et latin au quotidien (et que je rêve en hébreu sous l’emprise de la choucroute), j’ai eu besoin de reconnaissance, besoin de me replonger dans le Banquet, de faire une petite synthèse très personnelle de la Pensée Universelle. Enfin un de mes souhaits, au travers de ces quelques pages, était de livrer mes secrets de beauté : une blonde d’1m80 avec des gros seins et des petits genoux a toujours beaucoup de choses à dévoiler aux autres (surtout aux petites brunes plates et communes qui voudraient se faire la malle à Hollywood).

JE DÉCONNE !

Mon livre n’a aucune référence philosophique et ne parle d’aucune crème anti croutes, ni d’aucun proutes anti mythes. Mon livre s’intitule « Province-Attitude ». Je vous livre tous les ingrédients pour devenir la reine du scrapfffth-bouking, la diva des cafés, la déesse de la kermesse, la star du cake au crabe bref je vous révèle les secrets de mon intégration en Province. Je vous dirais aussi comment mâter vos hamsters et la crise financière. Chaud devant !

« Province-Attitude » sort Jeudi prochain,
le 12 Mars chez Chiflet & Cie.

L’auteur c’est moi, Astrid Thomine-Desmazures

Et vous savez quoi aussi ? Ce livre c’est grâce à vous si il est là. Grâce à vous tous qui m’avez lue, encouragée ou détestée. Je vous dis MERCI.


Contre la sueur du joggeur

4 mars 2009

J’ai des chevaux de bataille dans la vie.

Contrairement à Læticia Halliday qui se bat contre la faim dans le monde (lu hier dans le dernier Gala, chez l’orthophoniste), moi je lutte contre le sport et plus particulièrement contre le jogging. J’habite près d’un stade et ça grouille de joggeurs par ici. J’ai la haine du joggeur. Il n’y en a qu’un que j’aime : c’est le fils d’une amie qui prépare une école militaire. Il a les cuisses et le regard de Gladiator quand il court ; si tous les joggeurs pouvaient lui ressembler je serais collée à la fenêtre de ma cuisine.

(voix suppliante) – Anne ma sœuranne ne vois-tu rien venir ?

(voix meurtrie) – Je ne vois que des crânes chauves et ruisselants, qui pense défier les lois du temps et qui frôlent la mort à chaque foulée. Ça se voit dans leur yeux hagards et au travers de leur mine livide. C’est horrible, ils vont tous mourir !

(voix suppliante) – Et maintenant ? Anne ma sœuranne ne vois-tu rien venir ?

(voix heureuse et embêtée) – Si ! Si ! Youpi ! Je vois Gladiator et tous ses copains qui préparent le concours, hélas ! Ils ont dix-sept ans de moins que toi !

Mais pourquoi les grandes personnes courent-elles ?
On leur a pourtant bien dit quand elles étaient petites « Arrête de courir tu vas tomber ! Arrête de courir ! Les voisins vont s’énerver ! ». On leur répète que c’est mauvais pour le cœur, pour les genoux, on les prévient que ça donne mauvaise haleine. Mais elles s’en foutent, elles : ça leur donne même bonne conscience pour terminer le cake au beurre et le tiramitsu à l’huile. Elles courent après Rien. Un ami qui vous veut du bien. J’en vois passer de toutes les couleurs. Des pépés violets de douleur moulés dans des fuseaux, des nanas blanches, avec de la moustache qui goutte, je vois des culs flasques qui tressautent et des culs serrés agonisant sous l’acrylique. Je me penche parfois et je crie « ce sera pas la peine de rajouter de la mayo dans ton hot-dog, hein ! ». Ça dégouline de sueur, ça me met de mauvaise humeur. Je me dis Ouh ! La ! Ça doit sentir la chaussette chaude et le poil humide là-dessous ! J’ai des hauts-le-cœur quand je les croise. Je me pousse sur le côté avec effroi quand ils arrivent dans ma direction et pourtant, à chaque fois qu’ils sont à ma hauteur ils expirent très fort deux fois de suite « Fff-Ffff ! », on voudrait qu’ils sortent un glaive, on voudrait du spectacle, du « Par le pouvoir du Crâne Ancestral ! Je détiens la Force toute puissante !! ». Mais non. Ils font « Pfff-Pfff » indéfiniment, ils font exprès pour m’empoisonner. Je retiens ma respirations parce que le gaz carbonique qu’ils rejettent me répugne.

Et dire qu’on m’a forcée à courir pendant des années… Des années à faire des tours de cour en short, boudinnée en coq sportif. Enfin, je ne vais pas commencer à penser à tout ce qu’on m’a forcée à faire pendant toutes ces années d’EPS, parce que ça m’énerve : l’odeur des tapis en plastique bleu avec plein de vieux cheveux accrochés à la mousse sur le côté est ancrée dans ma mémoire. On m’a forcée à lancer des poids, du grand n’importe quoi, on a essayé de me faire sauter sur une poutre, à réaliser des enchainements avec des séries de galipettes (fallait dire « roulades » sinon tu perdais des points). On s’est bien foutu de ma gueule… Y en a qui peuvent me remercier pour toutes les fausses dispenses de sport que j’ai pu créer en 10 ans de lycée (j’ai beaucoup redoublé) je connaissais par cœur toutes les signatures des parents, j’étais faussaire et fière de combattre une cause pareille. Et je ne suis maintenant pas disposée à courir pour le plaisir. J’ai un corps qui rejettent le sport et les épinards. Je hais le jogging et je m’adresse à tous ceux qui courent chaque jour sous mes fenêtres : si vous n’avez pas les cuisses de Gladiator, changez de trottoir vous me dégoûtez. Si vous continuez je vous lancerais des crottes de chien.

PS : je remets à demain mes efforts de gentillesse pendant le Carême.

Alyette se fait la malle, Amelia se barre en couille

1 mars 2009

– Mmmm… fait Alyette
– Un vendredi de Carême Maman !!  Non mais vous vous rendez compte ! Alors je lui ai répondu « Yvanrick les vendredis de Carême il ne se baffre pas ma chère »… évidement elle m’a regardée offusquée, mais je voulais un peu marquer les distances… vous auriez fait la même chose Maman, non ? Une raclette un vendredi saint et puis quoi encore !! Alors après j’ai tourné les talons et j’ai dit assez fort pour qu’elle puisse m’entendre « on a visiblement pas élevé les torchons ensemble… »
– Mmmmh… refait Alyette en soupirant. « Mais qu’est-ce que j’ai fait au monde pour avoir une fille aussi chiante… » pense-t-elle en fixant les rideaux de sa chambre qu’Edwige vient de tirer. Ses lunettes sont pleines de buée à cause de la soupe de poireaux que sa dernière fille vient de lui servir, Alyette trouve que ça pue. Elle l’a posée sur ses genoux, et elle ne bouge plus tandis qu’Anne-Marie lui raconte ses bresteries et qu’Edwige écoute la conversation en faisant des « Han !  » « Nan… » et en répétant les derniers mots de toutes les phrases de son ainée « un vendredi de Carême !! » « les torchons ensemble ! »
Et puis brusquement Alyette s’est levée.

Son bol de poireaux a volé, Anne-Marie a crié « Maman ! Maman ? Vous êtes toujours là ? », Alyette a attrapé une valise sous son lit, mis quelques effets dedans au hasard, enfilé ses chaussons et puis elle est partie. Elle a claqué la porte de sa chambre sous le nez d’Edwige, éclaboussée de poireux et immobile de stupeur. Alyette a attrapé les clés, dévalé le perron et mis le contact de sa voiture. Alyette s’est barrée. Edwige a poussé un petit cri, pris le combiné et d’une voix tremblante a annoncé à Anne-Marie « Maman vient de nous quitter ».

Amelia pleine de désespoir s’est inscrite sur Face Book. Elle trouve ça super entre deux lampées de porto. Elle a retrouvé sa meileure amie, Noémie Lamouille, et son premier amour Raoul Grochun. Un type extra qui lui disait « t’as de grochun tu chais ! », ça la faisait rire aux larmes. Bon le problème c’est qu’il sentait la frite car ses parents tenaient un petit bistrot dans Nemours. Et puis quand la mère d’Amelia l’a vu elle a failli avoir une attaque, du coup elle a envoyé sa fille en pension. Raoul a troqué son duvet contre une superbe moustache. Amelia passe son temps sur Face Book, elle fait tous les test, elle met des photos de ses enfants et des clichés d’elle il y a cinq ans, avec des légendes « Cap Bénat, août 2008″. Raoul lui a dit qu’elle n’avait pas changée. Ça lui a fait plaisir et elle lui a répondu que ce serait marrant qu’ils se revoient tous les deux, non ?Raoul a répondu « le problème c ke j’habite Madrid » ce à quoi Amelia a répondu « no problemo ! ». Amelia a besoin d’air et de paëlla.

 

Cowboyeries à la Gérardière

23 février 2009

Au début Jackie n’a pas compris ce que le message de JP signifiait, elle a même eu peur que ce soit fini entre eux. La peur de sa vie. Elle est tellement fière d’elle : elle a réussi a ferrer le boss, THE big boss de la boîte et il est raid dingue d’elle !!! Il lui a promis un week-end à Venise, elle sait qu’il va la gâter, elle soupire d’aise en pensant à la belle montre qu’il va lui offrir. Il la couvre de cadeaux, elle pouffe « il me faudrait un troisième poignée !! » quand elle raconte à sa mère enchantée, que le patron lui a encore acheté un bracelet. Il faut dire que Jackie n’est partie de rien mais qu’avec des dents comme les siennes, deux canines qui te rayeraient un parquet en chêne massif, elle a commencé une longue et terrible ascension professionnelle puis sociale. Ses parents se sont saignés pour lui payer une école de commerce médiocre en banlieue parisienne mais à présent elle dirige tout le service marketing chez Legros et Patalait. Et comme ça ne lui suffisait pas elle se tape le patron. Jackie veut le beurre et l’argent du beurre : » c’est normal quand on bosse dans les camemberts !! » dit-elle en gloussant tout en enfilant ses bottes à talon aiguille. Elle n’a aucun scrupule à coucher avec un homme marié : ses employés lui ont dit que Madame Leguoulle était du genre grosse bourge qui fout rien de ses journées et la rumeur circule qu’elle serait portée sur la picole depuis un moment. De toutes les façons JP Leguoulle est fou d’amour et Jackie compte bien profiter de cette opportunité. Et si un jour c’était elle, Madame Leguoulle, hein ?

Alyette ne va pas bien et le médecin n’est pas très optimiste, il lui a conseillé des bains de siège au fenouil, mais il pense que c’est le moral qui est atteint. Elle sort de moins en moins de sa chambre, malgré les supplications de Gérard qui lui a rappelé que dans deux jours c’était le Carême et qu’il allait falloir qu’elle y mette un peu du sien. Mais Alyette n’a plus d’énergie, elle sèche tous les chapelets et se défile pour toutes les réunions paroissiales. Alyette est au fond du trou, surtout qu’hier soir elle a vu une voiture se garer devant la grange d’Armelle. Elle a enfilé sa vieille robe de chambre pelée et ses chaussons, pris sa lampe torche et décidé d’aller vérifier que ce n’était pas cette ordure de Jérémie Fritard qui revenait dans sa propriété. En s’approchant elle a entendu des rires et par la fenêtre, elle a surpris sa fille dans les bras d’un garçon épouvantable, avec une cravate en cuir et des bottes. Il a fallu qu’elle se tienne la poitrine pour réussir à reprendre son souffle : sa propre fille embrassait l’ignoble individu qui avait jeté son chapeau de cow-boy par terre. Et elle l’a reconnu !! C’est l’espèce de plouc qui faisait l’animation de prostituées organisée par les Fritard le soir du mariage d’Armelle ! Elle est rentrée meurtrie chez elle, a martelé son oreiller de coups en criant « La trainée !! La trainée !! » à travers ses larmes, elle s’est mouchée dans ses draps et le cœur gros, s’est endormie.

Pourtant sa fille est heureuse. Armelle a trouvé l’amour. Il faut dire que le soir de son mariage elle avait un peu craqué pour le type qui animait le spectacle de country et comme elle était allée le voir pour le remercier et le féliciter, il lui avait glissé sa carte et avec un léger claquement d’index sur son chapeau de cow-boy (geste qui l’avait fait fondre !!!) l’avait saluée. Il lui avait fait un clin d’œil et avait murmuré qu’il attendrait éternellement de ses nouvelles et bien que ce fût son mariage, elle n’avait pas oublié ce moment magique et cet homme d’un romantisme à toute épreuve. Alors quand Jérémie s’est barré et quand elle a compris qu’il ne reviendrait pas, elle a téléphoné à Franckie. Il ne l’avait pas oubliée, il s’est dit que c’était la chance de sa vie, il a pris sa Renault 21 et il a foncé. Car une princesse dans un château, c’est comme une rose dans la lumière : ça se cueille. Oh ! Putain ! C’est beau ce que je viens de dire !  Je lui dirai ça tout à l’heure, ça va lui plaire ! Et d’ailleurs, quand Armelle lui a proposé une tisane et qu’à genoux, Franckie lui a déclaré qu’elle était une rose dans la lumière du jour naissant (il est fort dans l’impro), Armelle s’est jetée dans ses bras en faisant voler le chapeau de cow-boy. Yi haaa !

Amelia trompée, Alyette désabusée…

5 février 2009

TZZttzztzttzttzttz… Quel est ce bruit ? Amelia emmerge de sa longue nuit, il faut dire qu’elle s’est couchée tard, après s’être enfilée tous les programmes télé jusqu’à pas d’heure, accompagnée de ses meilleures bouteilles qu’elle appelle maintenant par leur prénom. Elle ouvre un œil, ses membres sont engourdis et ce TZTTzzzzzz l’abasourdit. Elle murmure « Qui ché qui m’fait chier…? » Elle cherche sous ses couvertures et découvre le portable de Jean-Pierre qui vibre seul sous l’oreiller. Sa tête est lourde et ses cheveux tous collants, elle retrouve même un morceau de babibel collé à sa nuque. Tiens ! Un message… Elle appuie sur toutes les touches et découvre ahurie un « À la Saint Valentin prends mes seins, signé ton petit marcassin ». Est-ce un rêve ? Amelia se frotte les yeux, renifle et cherche sa bouteille de gin, surnommée Djina, pour essayer de se remettre les idées en place. Elle appelle Djina ! Djina ! mais Djina ne répond pas, tout le monde la lâche. Seule la vérité est là, sourde et amère : JP a une maîtresse ! Et tout s’explique : ses séminaires à répétition, ses Oh ! Dis moi OUI, An-DIE qu’il sifflote perpétuellement sous sa douche, et surtout son séjour, soit disant professionnel en Italie le week-end du 14 février. Amelia ne perd pas ses moyens et répond au message : Tu me fais vomir avec tes seins de truie, signé J-Porc. Et toc ! Mais de qui peut-il bien s’agir ? Qui lui vole ainsi sa place ?  Comment a-t-elle pu être ainsi trahie ? Amelia attrape son tube de gellules anti-âge…

Jean-Pierre Leguoulle prend gaiement les quelques ronds-points qui le séparent de son bureau, il chantonne, dans quelques jours il emmène Jackie dans un petit hôtel ultra cosy pour un week-end 100% Love. Il se meurt d’amour pour Jackie, la nouvelle chef de produit des camemberts Legros & Patalait. Une petite nana d’à peine trente ans, ultra excitante et très autoritaire. Une vraie diablesse qui le fait tourner en bourrique avec ses bottes en simili cuir. Bref une femme de caractère, tout le contraire d’Amelia. Ce petit refrain ne le quitte pas Oh ! Dis moi OUI, Ja-CKIE, il tatonne sa poche intérieure pour joindre Jackie et la prévenir qu’il arrive et s’aperçoit qu’il l’a oublié. Ce n’est pas grave, Amelia ronque comme une souche, et même si elle trouvait son téléphone ses doigts n’auraient pas la force de taper sur une seule touche avec la dose de somnifères qu’il lui a collée hier dans son dernier verre de vodka.

 

Alyette de Kermouette est grippée ce matin. Il faut dire que ses filles la tuent à petit feu. L’ainée est encore enceinte, et Alyette sent que tout son été elle va le passer à s’occuper des petits, Armelle pleure en permanence Jérémie qui ne veut pas revenir et Edwige vient de rater le concours des assistantes de direction de Loire-Atlantique. Alyette a le nez bouché, elle est de mauvaise humeur et elle voudrait le silence. Au lieu de ça Armelle laisse Guirec brailler « Ki a du Kaka Kaki collé au Kuku » sous ses fenêtres dans son maillot de foot bleu, avec son prénom écrit en blanc derrière, un cadeau de son père qui a eu raison d’Alyette et lui a flanqué une fièvre de cheval. Alyette a besoin de vacances…

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