Je les hais…

16 novembre 2010

Tous…

Avec leur sales gueules de travers et leurs faux airs de cons © ( Attention je précise que j’emprunte cette expression à Jessica, de Pekin Express).

Dès que je vois une image d’eux, je la déchire. Une figurine qui traine ? Je l’extermine. Les posters je les brûle, les peluches je les éventre. Tout cela dans un silence de mort afin de n’éveiller aucun soupçon. Leur chef c’est une grosse pourriture jaune qui pousse des hurlements et qui a toujours les bras écartés, j’ai envie de l’atomiser. Salamèche je l’ai coupé en deux avec mes ciseaux de cuisine, Ouisticram et Torterra sont partis au chiottes, et Ceriflor ne sera jamais Tritosor parce que je l’ai balançé aux ordures. Oui, entre eux et moi c’est une bataille cruelle et semée d’embûches. Ah ! ils tremblent lorsque je les attrape, Pikatchu se chie dessus et Terakion a les ch’tons, c’est normal je les traque.

Je maîtrise bien les codes de cette société. Je l’ai examinée de près, car pour bien combattre son ennemi, il faut le connaître. Je sais la façon dont ils évoluent, leurs règles et leurs plans d’attaque. Maintenant la guerre est déclarée. Car ils ont pris possession de ma maison et qu’ils sont en train de me bousiller le décor. Leur support papier est bleu, justement je déteste le bleu. Je les ai tous enfermés dans une grosse boîte et j’ai prévenu que tous ceux qui en sortiraient seraient broyés. Je suis Pokemophobe et j’assume…

Les pétroleuses N°1

14 novembre 2010

Je dis pas ça parce que j’ai écrit dedans mais ce magazine… quel petit bijou !! Donc, voilà si tu veux oublier qu’on est en novembre, tu peux aller au kiosque et demander Les Pétroleuses. J’ai pu raconter comment on attrapait de l’herpes, comment j’avais supporté une jeune fille au pair ultra sexy et totalement névrosée et des tas de trucs glamour, comme je sais les faire.

Bye bye !image006.jpg

Le Purgatoire

10 novembre 2010

Si le Purgatoire existe alors il ressemble à une soirée avec les devoirs du soir. Plein de devoirs du soir, dans toutes les matières avec trois enfants que rien n’atteint et qui basculent dans un monde parallèle à partir du moment où on leur pose cette question qui vous brûle l’œsophage « t’as beaucoup de devoirs pour demain ? ». Une question posée après avoir fait inspiration-expiration trois fois dans le couloir, une question qu’on pose avec un sourire hyper forcé et très décontracté, une question à laquelle ils répondront forcément « presque rien… » pour vous faire une fausse joie, bande de fourbes…

Le Purgatoire serait cette soirée sans fin où on verrait resurgir de vieux démons qui s’appelleraient Massif Central et Bassin Aquitain. Une soirée où on répèterait plus de mille fois « Hello what’s your name ? », « My name is Sam and you , what’s your name ? ». Une soirée où on pèterait les cables « Racine carrée de 49 c’est 9 ? Tu me prends pour une conne ? HEIN ??? ». Une soirée où on se dit qu’on s’en sortira jamais, que les poêmes sont de plus en plus cons, que Baudelaire est mis au placard pour des gros naz qui s’essayent à quelques vers pourris– elle est où ta gomme maintenant ?– une soirée où on s’aperçoit qu’aucun ici ne fera JAMAIS polytechnique parce qu’ils sont TOUS en difficulté, parce qu’ils sont tous aussi NULS que leurs parents. Car force est de constater que la paresse c’est génétique. Une soirée où on pourrait buter tous ceux qui téléphonent « helloooooo !!! on est toutes en train de boire un pot chez Sissi et on pensait à toi !!! et prrffff… tu sais pas quoi… prrrffff… on était en train de se demander comment il s’appelait le mec là…le petit avec qui tu sortais en Term… mais siiiiiiiii … Bichette elle dit qu’il avait une cravate le livre de la Jungle… hi ! hi ! hi ! excuse-nous on est un peu pétées !! tu fais la gueule ? on te dérange ? ». Une soirée où même si tu veux en finir avec la vie tu n’as que de l’Advil en suspension buvable dans ton placard -ramasse ton effaceur et arrête de machouiller le bouchon- une soirée où tu découvres un petit mot coincé entre le classeur de techno et la raquette de bagmington « Il serait temps que nos nous rencontrions afin de parler des résultats de votre fils », une soirée où tu préfèrerais faire deux heures de rameur plutôt que te cogner une demi-page d’éducation civique.

Le Purgatoire ça doit un peu ressembler à ça.

Si.

On a détesté les scouts

1 novembre 2010

On a détesté les scouts, je sais : ça fait pas très chic d’écrire ça, ça fait un peu genre « je scie la branche sur laquelle je suis assise ». C’est comme de dire qu’on aime pas la Bretagne. C’est finalement assez tabou, vu que c’est une région merveilleuse, humide, grise et glacée. Ben pour les scouts c’est pareil.

Chéri répétait qu’il s’était éclaté pendant plus de dix ans chez eux, nos potes étaient routiers jusqu’à pas d’âge, nos copines encadraient les louveteaux l’été. Tout le monde a aimé le scoutisme. Sauf moi : petite, j’ai tenu une semaine. Une semaine pour me rendre compte qu’il fallait encore une fois, obéir, obéir et encore obéir. Et quand on avait le temps et qu’on avait bien obéi, on pouvait aussi rendre service, ce qui était l’éclate totale. Mais ne critiquons pas, je suis, une fois de plus, la seule à avoir détesté. Bref, je me suis mise sur une liste d’attente longue comme ta cuisse et on m’a un jour appelée pour m’annoncer qu’une place s’était libérée. On nous a dit qu’on avait du bol, qu’on était drôlement vernis, que Pfiou! ici c’est impossible d’avoir une place. Du coup, on était contents, on s’est équipés comme des cons, on a pris de la vaisselle en alu, des sacs de randonnées, une carte fidélité chez Décathlon, un béret, des insignes qu’on s’est fait chier à coudre en suivant parfaitement le schéma donné par la dame bénévole, on s’est cassé pour tout comprendre le vocabulaire « munissez vous d’un quart et n’oubliez pas votre Mowgli », au sein du groupe y avait pas grand monde pour nous aider du coup on a sollicité les vieux potes, bref on a suivi les consignes, chose qu’on refuse de faire habituellement. On a été plutôt dociles sur ce coup-là.

On était les nouveaux. Toutes les dames s’approchaient de moi avec des yeux ronds et me demandaient, du chamallow plein la bouche « ben !!! qu’ech tu fais là ? Ch’est diiiiingue ! T’as eu une place ?? Ch’est incrôôyable ! T’as un bol diinngue ! Ton fils va être avec Paul-Tancrède, c’est un sizennier hyperrrrr dynamique ! ». On ne comprenait rien mais on a essayé de jouer le jeu. On a dit « Bonjour Akela, oui bien sûr je ferai huit cakes pour le goûter de samedi », on a fait des cakes, on était à deux doigts de coller un auto-collant sur le pare-brise arrière, mais les enfants ont refusé, ils ont nous expliqué un soir qu’ils détestaient les scouts… Je sais c’est diiingue !!! On a dit « mais c’est impossible : tous les garçons s’éclatent aux scouts ! Regarde ton père !! Regarde l’Oncle René comme il a l’air intelligent lorsqu’il revêt son vieil uniforme pour lever les couleurs dans son jardin !! » Ils ont dit qu’ils trouvaient ça totalement débile d’appeler des garçons comme les animaux du Livre de la Jungle, nous on a répondu que c’était plutôt rigolo. On l’a joué discours pédagogique : « c’est quand même extra comme principe ! Quand tu écoutes Baden-Powell c’était quand même un chouette type ! ». On le pensait vraiment mais c’était peine perdue. Pourtant on s’est investi, on a préparé les promesses, on a participé « et ça ? hein ? c’est quoi comme branche ? Louis-Henri je te parle ! C’est un noizz… un noisetttt… noisetier ! Bravo, avec cela tu peux confectionner un… un… arrr… un arc ! », on a trouvé un sac de couchage avec matelas gonflable intégré qu’on s’est entrainé à déplier et redéplier toute une soirée. L’ainé continuait de geindre : « j’aime pas les scouts ! On fait que prier et obéir tout le temps ! » Une fois on a essayé de gruger le réglement pendant un week-end : on a caché des Mars au fond de son sac, mais les autres ont tout cafté, Akela a dit c’est INTERDIT et Chill (qui était mon préféré) a souri gentiment. On était fier quand il partait avec les autres, il était mignon avec son uniforme, on se disait qu’on préférait le savoir aux scouts plutôt qu’à l’anniversaire de Mikaël au bowling. Mais lui, notre fils, il était furieux, il faisait exprès de faire dépasser les pans de sa chemise pour nous contrarier.

Quand il est parti en camp c’était dramatique, il a dit qu’il irait jamais de sa vie faire popo dans un trou, on a menti et on a répondu »pourtant… c’est vachement sympa comme principe, je ne vois pas ce qui te gêne… », il a dit que son sizennier était un sale con et que sa tente prenait l’eau, que parce qu’il était le dernier arrivé les autres lui donnaient des ordres, on savait que c’était vrai mais on a attendu la fin du camp. La fin n’est jamais arrivée car le chef m’a appelée pour que je vienne le chercher. Ça c’était super mal passé : son sizennier lui avait promis de le tabasser sous la tente le dernier soir en guise de bienvenu. Ma belle-mère m’a avoué que son fils s’était fait viré des scouts pour avoir collé une claque à sa cheftaine (elle l’énervait avec sa guitare).

Ch’est dingue : on aura vraiment tout essayé ici…

Vide-grenier

28 octobre 2010

Ça va faire un an que j’ai découvert ce truc, je deviens une petite provinciale accomplie dans toute sa splendeur !

Depuis un an avec mon fils ainé on fait les vide-greniers. C’est à dire qu’on lourde sur le trottoir toutes les merdes accumulées dans nos armoires, nos tiroirs et nos placards, les vieux cadeaux de mariage constituant le stock principal d’objets à vendre. Je m’en veux un peu parfois, mais mes remords sont de courte durée, notemment lorsque j’ai la joie de voir mes étagères se vider.

Ça n’a l’air de rien mais organiser un vide-grenier c’est du boulot. D’abord parce que votre ennemi numéro 1 c’est votre mari. C’est pour cette raison qu’on remplit la voiture vers 5 heures du matin, afin :
• qu’il ne voit pas le vase en crystal de Tante Germaine qui sera vendu au bas mot 5 euros
• que ce vase est coincé entre une vieille glacière (qu’il jugera « toujours utile ») et ses palmes géantes (qui peuvent « toujours servir »)
• qu’il ne puisse pas s’opposer à la vente de sa collection de pull jacquards
• qu’il ne découvre surtout pas qu’on a décidé de vendre la malle à piknik offert par sa marraine et qui ne nous a jamais servie
• d’éviter des phrases comme  » QUOI ???t  Tu vends notre service à asperges ???!!! »
• qu’il n’ait pas une attaque en découvrant, que, prise dans la folie du rangement, on va mettre discrètement au fond de la grande poubelle verte un sac entier de vieux cables en tout genre dont il « pourrait avoir besoin un jour ».

Après avoir chargé la voiture, on réveille l’ainé discrètement et on se casse. On a tout prévu : un fond de caisse, du café et une table pour tout exposer. C’est entre 8 heures et 10 heures du matin que tout va se jouer. Que notre paire de cuissardes partira pour 6 euros après dix minutes de négociation, que tous les jouets en plastique jaune et rouge partiront vers d’autres familles pour 3 euros pièce et que Oh ! Surprise ! Le plateau bleu ignoble en plastique fera la joie d’une Mami pour 5 euros (elle avoue qu’elle adore le bleu).

La matinée s’écoule paisiblement, au début on a la goutte au nez et on renifle comme les gens sur les marchés, et puis la météo décide du reste : soit vous êtes sous la  pluie et c’est rapidement l’enfer, soit vous êtes sous le soleil et au bout de quelques heures, c’est aussi l’enfer. Heureusement dès qu’on commence à en avoir marre on met en scène son adorable petit garçon, qui va, avec une tête d’ange, faire partir toutes les dernières merdes achetées chez Emmaus, en racontant plein d’histoires « Ah! ce petit four! mon arrière-grand-mère faisait cuire ses tartelettes à l’abricot dedans !! » ou encore « ça Madame, c’est ma vielle paire de rollers, je la vends car je souhaite m’en acheter une nouvelle, mais cette dernière vous portera bonheur : j’ai gagné plusieurs concours avec !! » et surtout « je vois Monsieur que vous regardez cette malle à piknik !! Je peux vous dire qu’on a fait tous les châteaux de la Loire ma mère et moi avec cette malle ! Elle est tellement pratique… c’est votre femme qui sera contente ! ».

Il peut arriver une chose horrible dans votre journée : que votre mari (qui s’embête seul à la maison) débarque avec les plus petits et qu’il découvre avec horreur que sa vieille paire de Knikers trône à côté du tricycle, tandis que votre dernier s’accroche en hurlant au puzzle de 4000 pièces représentant les Alpes sous la neige, offert par le CE de la boîte, qui pourrait éventuellement vous servir si vous étiez condamnée à quinze ans de prison ferme.

À la fin de la journée on partage le fric avec mon fils (ce qui est plutôt généreux de ma part vu qu’il vend les cartes Pokémon, les Tom et Nana et les posters de Cheval Magazine financés par moi-même). On se sent un peu gitans avec nos poches remplies de pièces de deux euros, on sent hyper riches avec nos biftons. Ce sont de loin nos meilleures journées…

 

JEU-CONCOURS !!!

18 juin 2010

Un blog ça s’alimente.

 

Je lance un grand jeu-concours sur la blogo. Whaou !!!!

 

Alors les filles, que la meilleure gagne. C’est à dire celle qui aura réalisé le plus beau porte-revues en poils de cul.

 

Attention !!! Ce jeu est sous contrôle d’un huissier de justice et de la sœur de mon parrain qui est ophtalmo. Pas de tricherie. pas de copie. Parce que j’ai remarqué que y a des malines qui déjà me piquent mes idées d’essuie-main brodée et ça commence à me fatiguer. Je ne parlerai pas de ces salopes qui n’ont aucune imagination et font comme moi, des guirlandes de roses en PQ maché… c’est lamentable et ça va se finir en procès. Ça fera moins les rigolotes au tribunal.
Donc MERCI de savoir que mes œuvres sont déposées au Musée de la Blogo et donc protégées.

 

Et maintenant blague à part : à vos crochets !!!

 

Les plus belles œuvres seront exposées dans la salle des fêtes de Thorigné-Fouillard, et la gagnante se verra remettre un ravissant bracelet à pois (non, non je ne vous en dirais pas plus même sous la menace). Bonne chance à toutes et à tous !!

 

 

 

PS . Aziliz (lemilieudupont.canalblog.com) se moquera sûrement de moi mais je m’en fiche

L’élégance du hérisson

17 juin 2010

J’aurais pu aujourd’hui vous raconter une floppée de choses intéressantes, j’aurais pu prendre en photo un bouquet de fleurs à côté d’une commode patinée et d’un verre à eau gravée au initiales de Germaine Mandrier, j’aurais voulu vous envoyer un petit tutto d’une trousse à maquillage en liberty assortie aux lacets des chaussures de ma fille, ou encore en profiter pour dire Bon Anniversaire à ma mère, Bonne Fête à mon Père et bisoux à ma Tata, mais j’ai pas le temps. Ni pour vous raconter mes réunions de scouts (pourtant j’en crève mais y en a pas mal qui m’attendent au tournant…), ni pour vous donner ma recette de tartes poireaux/caramel beurre salé, ni pour vous confectionner une combi-short à fleur. J’ai pas QUE ça à foutre : j’ai un hérisson dans ma baignoire.

Depuis Paques j’élève un bébé hérisson, retrouvé hurlant au fond d’un trou après que sa mère se soit barrée. (je note que chez les hérissons comme chez nous, y a toujours des spécialistes pour larguer leurs moufflets pendant les vacances). Au tout début il pesait 55 grammes…

On a appelé des associations, Danny elle m’a guidé. Danny ne rigole pas avec la survie des hérissons, elle y consacre sa life.  Alors au tout début on lui a donné des biberons de lait pour chaton toutes les quatre heures (même la nuit, j’insiste Madame ! avait ordonné Danny). J’ai suivi toutes ces indications, j’ai aimé mon hérisson comme un nourrisson. Je l’avais tout le temps sur moi, collé contre moi, bloqué sous mon cuir pour ne pas qu’il ait froid. Et c’était parti pour toutes les réflexions : « Toi ! T’es mûre pour le quatrième !!! » , « Et ben alors ?? Ça te manquait ? ». Dans cette région à partir du moment ou tu n’as pas un gniard dans le tiroir ou un chiard dans le cubi (c’est ma nouvelle expression je vous la prête si vous l’aimez) tu es considérée comme une dangereuse anarchiste.

Bref j’ai eu peur qu’il meurt, je lui ai donné ses 5 ml toutes les quatre heures, je lui ai massé le ventre pour ne pas qu’il ait mal, je lui ai donné un peu de tisane de thym pour faciliter la digestion, je lui ai changé sa bouillote aussi pour qu’il soit bein auchaud la nuit dans son panier, je l’ai couvert de baisers et je l’ai un peu léché sous le cou tellement il était mignon, histoire de lui donner un peu d’amour entre mammifère.

Mon hérisson a grandi. IL pèse désormais 300 grammes. Chaque nuit nous sortons ensemble dans le jardin et nous chassons la limace together, cul sec les soirs de pluie, c’est l’éclate. Je le sèvre lentement et je lui apprend à devenir nocturne (le hérisson est un animal crépusculaire), il commence à sentir super fort, il faudra bientôt qu’il nous quitte. Cette aventure est fabuleuse.

Je me permets donc un dernier conseil : si vous trouviez un hérisson, ne lui donnez jamais de lait ni de pain : ça les fait crever. Si vous l’apercevez en pleine journée c’est qu’il est affamé ou assoiffé : lui offrir de l’eau et de la patée pour chat. Enfin une dernière chose : le hérisson craint avant tout les mouches. Grand porteur de parasites devant l’Eternel , les mouches dans la journée pondent des œufs entre ses piquants, ces derniers éclosent et les asticots dévorent vivant le mammifère. Cet animal est protégé, sauvons les hérissons !

KERMOUETTE – Partie 2

11 juin 2010

Résumé des épisodes précédents

Alyette de Kermouette, dans un excès de folie, suffoquée par l’ennui de sa vie misérable qui consiste à préparer des minis Bouchées-à-la-Reine pour des coktails de merde ou des taboulés géants pour des fêtes de famille, brisée par le mariage de sa fille Edwige, ne supportant plus ni son gendre en jogging, ni le dentier plein d’épinards à la crème de son mari, ni les histoires brestoises de sa fille ainée qui revient d’un séminaire sur la Communication dans le Couple, a quitté sa propriété en pleine nuit pour rejoindre le Néant. Prise en stop par Amelia qui, trompée par son mari JP (lequel a engrossé une jeune colègue), va rejoindre son amour de jeunesse, Raoul Grochin qui habite en Espagne, elle vont vivre de terribles aventures au delà des Pyrénées. Car Raoul, nostalgique des années 70, dirige une communauté hippie très marginale de l’autre côté des montagnes. Il a accueilli les deux femmes avec joie, entouré de ses amis, Cloclo, Willy et bien d’autres encore.

L’auteur, jeune femme qui vit dans le pot de chambre de la France et entame sa 3620ème journée sous des trombes de flotte, vous emmène  dans une paëlla géante, ou l’odeur de la crevette flirte avec celle du chorizo. Une ballade poétique au cœur d’un univers ennivrant.

« C’est pas bientôt fini ce couscous ????? » hurle Alyette, « je voudrais dormir ! » Faut dire qu’elle n’a pas pu fermer l’œil depuis qu’elle s’est couchée. D’abord elle est très mal installée, ça sent des pieds dans cette pièce et puis la paille la pique partout, c’est infernal. Deux fois déjà, on a essayé de pénétrer dans la bergerie. La première fois c’était Raoul. Il a poussé la petite porte en bois, le grincement a fait sursauter Alyette qui s’est levée d’un bond. Mais Raoul l’a rassurée et à voix basse a murmuré : « C’est juste moi ! Je me demandais si tu ne voulais pas faire l’amour vu qu’Amelia s’est endormie ? ». Alyette a cru qu’elle était dans un cauchemar : « Non mais ça va pas la tête ? a-t-elle beuglé en serrant sa couverture en poil de chèvre contre elle. » Allez vous-en, espèce d’obsédé ». Raoul a dit ça va ça va, pfffff mais qu’est-ce qu’elle est chiante et s’est barré. Trois minutes après c’était Cloclo qui se couchait à côté d’elle, nu comme un ver. Alyette n’a même pas bougé, elle a juste dit très sévèrement « que l’imbécile qui sent le saucisson sorte d’ici immédiatement ! »et Cloclo est sorti en rigolant de la bergerie.

Elle commençait à peine à s’endormir quand elle a entendu des hurlement : « Alyette ! Y a Amelia qui nous fait un malaise ! ». Alyette se lève et se dirige en soufflant vers le feu. Amélia est étendue par terre, livide, elle ne bouge plus. Raoul la regarde sans broncher, l’air embêté et soudain il lâche « je pensais pas qu’elle sifflerait tout le Jus de Bienvenu… normalement un verre ou deux suffisent à te transporter au Nirvana… ». Gretel s’est penchée sur le visage d’Amelia et a dit d’une voix rauque « son esprit nous demande de l’aider à rejoindre le monde de l’Au-delà ». « Tais-toi idiote, l’a coupée Amelia, vous voyez bien qu’elle est en plein coma éthylique. Appelez les secours ! Tout de suite ! ».

« Attends ma chérie, a dit Raoul Grochin, je crois que t’as pas bien compris à qui tu parlais ni où tu te trouvais. Tu nous joues les petites bourgeoises qui s’encanaillent mais je te rappelle qu’ici celui qui prend des décisions c’est moi. Et d’autres part, on a pas le téléphone… ». « Non mais regardez-moi cet espèce de sac à vin qui pue tellement du cul que ça nous pique les yeux ! Vous voyez pas qu’elle est en train de mourir ! Aidez-moi à la transporter dans ma voiture ! Et dépêchez-vous ou vous aurez une morte sur la conscience ! ». Alyette s’est alors baissée pour tenter de porter Amelia mais c’est un bras raide et sans vie que sa main a saisi. Oh mon Dieu NON !!!!!!!!! Amelia !!

Le cœur d’Amelia ne battait plus. Je sais c’est moche.

La vie du facteur entre mes mains…

10 juin 2010

Aujourd’hui pour la première fois de ma vie j’en ai sauvé une. De Vie. J’ai donc gagné une vie, au cas où il m’arriverait un pépin. Une sorte de bonus comme on peut en récupérer dans Mario quand il saute sur la grosse fraise.

Moi qui suis une fille de trottoir, je discutais avec ma voisine Nini lorsque le gros camion jaune de la Poste (celui qui livre les colis de Ventes-privées.com) s’est arrêté net devant nous. Le facteur, une grosse dame à lunettes est sorti précipitement en faisant beaucoup de bruit : dans un premier temps j’ai cru qu’elle vomissait, dans un second temps voyant qu’elle virait au violet j’ai compris qu’elle s’étouffait. J’ai dit « ça va Madame ? » et les yeux révulsés elle a essayé de me faire comprendre dans une détresse muette qu’elle était en train de mourir. Ma rue n’est pas un bel endroit pour mourir et il faisait un temps de chiotte, la situation manquait de poésie. Elle poussait de longs râles, c’était sordide. J’ai tapé dans son dos, le facteur est devenu de la même couleur que son gilet : bleu. Je me suis demandée qu’elles étaient ses dernières volontés, j’ai pensé à ses enfants, j’ai même appelé le Ciel à l’aide. Alors je me suis mise derrière elle et j’ai fait le geste qu’on croit savoir faire mais qu’on a jamais trop eu l’occasion de pratiquer : celui qui porte un nom bizarre et qui s’écrit Heimlich. Cette méthode a été inventé par un monsieur du même nom l’année de ma naissance en 1974. J’apprends sur Wikipédia qu’elle peut être dangereuse si la personne tousse, si ça se trouve j’aurais aussi bien pu l’achever…

En tout cas ça n’a pas marché la première fois, la dame était grosse et mes bras ne sont pas longs et en plus je suis très petite. Mais la seconde fois j’y suis allée de toutes mes forces et le bonbon est ressorti : un schtroumph. Ce qui ne m’étonne pas, je me suis toujours méfié des schtroumphs parce que je les trouve tous très cons. Pendant ce temps ma copine Nini avait appelé les pompiers. Vingt bonnes minutes plus tard ils sont donc arrivés. Quand la porte s’est ouverte, trois beaux spécimens moulés dans leur TShirt ont mis leurs rangers à terre, j’ai levé le doigt et j’ai dit « c’est ici que ça passe hi ! hi ! hi ! ». Le plus grand (qui s’appelait Erwan) a demandé un rapport complet de l’incident, j’ai expliqué que le schtroumph s’était trompé de trou (ce qui est très dur à dire très vite) et on a bien rigolé, même le facteur qui reprenait un teint normal. Elle m’a remerciée, j’ai rétorqué que c’était normal vu que je sauve aussi les bébés hérissons, je peux bien sauver les facteurs.

On a continué à papoter une bonne heure avec les pompiers, j’ai demandé si je pouvais finir la tournée des colis dans le camion jaune mais on m’a répondu que je n’avais pas le droit, ce qui était dommage étant donné que c’est mon rêve. À présent que j’ai sauvé la vie d’un fonctionnaire je me demande si j’ai droit à mon poids en timbres ou si je peux bénéficier d’une grâce exceptionnelle qui annulerait mes PV.

Ma vie est totalement trépidente…

Voici venue l’heure des commentaires et de vos idées toutes plus interessantes : Mélou, par exemple, se propose de se taper son facteur si ça efface les PV. Je lance donc une table de réflexions afin que nous puissions débattre des idées potentielles pour : faire sauter les PV, prendre le train sans se faire contrôler etc… N’hésitez pas : je vous invite à un moment de Partage.

Le Monstre de Puduk – 2

12 mars 2010

Le monstre de Puduk c’est désormais MOI.

Déjà qu’avant cette expérience j’avais une confiance relative dans la parole des vendeuses, je sais maintenant que plus jamais de ma vie je ne les croirai. Parce que moi, je suis devenue la plus grosse des menteuses et la meilleure des vendeuses. Une ordure finie avec un sourire franc et chaleureux, un sac à dos de bonne humeur et mes oreilles perçées (c’est qui déjà celles qui m’ont encouragée à franchir le pas que je les remercie pour tous les problèmes d’infection que je me tape ??).

Avant-hier j’ai réussi à refourguer plein de choses abominables avec une foule d’arguments tous aussi pourris. Si, si, ça marche. À partir du moment où je commence à copiner avec la cliente et à échanger quelques confidences, elle m’accorde une confiance sans limite dont je peux user à volonté. Ouais c’est dégueulasse, mais c’est un métier. Y en a qui vont faire la gueule cet été je vous le jure : comme cette fille qui m’a acheté une petite robe en soie blanche (elle vous va tellement bien ! avec votre coiffure c’est incroyable ! elle vous donne une allure gracile, j’allais dire presque vestale… hin ! hin ! Gizmo a de la concurrence !!) pour le mariage de sa meilleure amie. Elle va être contente la copine quand elle va découvrir son témoin en blanc d’ivoire…
Mon boulot c’est de rouler les gens dans la farine, de faire les yeux doux au Monsieur qui les accompagne et des gouzis-gouzis aux chiards qu’elle trimballe qui me salopent avec leurs doigts gras toute ma collection « nude » (Il est trop chou !!! Comment tu t’appelles ? Il a de ces yeux !!! Il a quel âge ? Deux ans !! Mais il est immense, non ?). Parfois je me demande comment les gens peuvent encore me croire. Faut que j’assure à la sortie de la cabine : « Alors ?? Vous vous sentez comment ? »(ma voix intérieure hurle « hooooorrible !!! c’est à vomir, on dirait une Morteau dans un filet de pêche ») ou encore, dans un esprit d’équipe, que je fasse intervenir Cynthia, collègue et vendeuse, qui fera semblant de passer là par hasard et lancera juste un « OUh !!! Qu’est-ce que ça vous va bien !!! C’est sûr qu’avec une taille aussi fine… ! » et repartira nonchalante vers d’autres proies. Je les déguise toutes, à la mi-carême je vous jure qu’elles seront équipées comme personne, podium pour toutes celles qui optent pour le look marinière-legging-blazer. Quand elles arrivent à la caisse je les rassure et j’insiste « en plus cette petite robe vous pouvez la moduler : avec une veste en jean et des petites ballerines vous verrez comme elle est mignonne… » (la voix insiste : putain… tu peux pas dire un truc pareil… tu lui grilles toutes ses chances de trouver un mec cet été…). Je suis obligée, sinon je me fais engueuler.

Parfois c’est tellement gros que Cynthia pleure de rire dans la réserve, je l’entends glousser et je prends sur moi pour ne pas rire. Mon but c’est d’aller jusqu’au bout, mon but n’est pas de vous faire acheter un seul truc mais deux voire trois pour faire grimper mes indices de vente. La Responsable cependant a toujours quelque chose à dire, c’est normal elle est Responsable. Elle me laisse des grappes de petits mots croustillants : « tu n’oubliras pas quand t’aura finit de faire le réassort de donné les retouches à Nadège afin que se soi prêt la semaine prochaine, le trench de Madame Rémouloche est sur le portant gauche » « Attention les filles ! J’ai retrouver des épingles dans la cabine qui pourrait bléssé les clientes, n’oublier pas non plus de remettre les fax de merch’ à Samantha et la vérif des BT « . Je comprends un mot sur deux.. Pas plus tard qu’hier elle nous demandait « qui c’est qui veut prendre sa pause pour manger ? » et le soir-même elle s’autorisait une petite leçon d’éducation à mon égard : « Voilà, je voulais juste te dire : Attention à tes « ouais » quand tu parles, tu en dis beaucoup et… dans une boutique comme la nôtre… enfin…tu vois ce que je veux dire ! ». Je m’incline face à tant de finesse, je jure que je vais faire des efforts…

Allez ce soir je donne ma dem parce que ça va bien cinq minutes de faire la conne mais je commence à ressembler aux sarouels en viscose que je vends à tour de bras et c’est pas joli, joli… Et puis avec tous ces bobards, je viens d’en prendre pour dix ans en enfer : Le diable vous habille chez Puduk…

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