dis quand tu dan-ances… à quoi tu pen-enses ?

30 août 2011

C’est Icare, issu de la Nouvelle Star en 2008,  qui pose cette judicieuse question dans son clip, clip un peu cheap au niveau du décor et un peu modeste au niveau des effets de colorisation RVB sur les T-Shirts Queshuo, mais clip néanmoins astucieux puisque le chanteur prend un bain de nichons tressautants tout en poussant l’allitération en sssssssss jusqu’au bout, alors qu’il possède un léger zozotement : je kiffe. Mais il faut lui répondre… alors voilà à quoi je pen-ense…

…je pense aux longues plages de silence qui m’attendent après-demain, je pense que je vais pouvoir marcher seule dans la rue sans personne qui m’écrase les doigts de pied à coup de pelle ou qui hurle je veux une glaaaaaaace, une glaaaace Maaaaman, OUAHHH BBBOUAAAHhhhAAOU une glAAAAce !!! je pense à ce petit café qui m’attend, seul, qui ne me parlera pas, qui ne me dira pas au saut du lit « dis-donc tes enfants… ils mangent RIEN, ils se tiennent comme des cochons, ils ont écrasés les fleurs en jouant du ballon, ils aiment la choucroute ou pas ? faudrait leur couper les cheveux, leur faire réviser leurs maths, les emmener se baigner, leur dire non, leur dire oui, leur dire non une bonne fois pour doute, leur dire que oui c’est oui et non c’est non, ben pourquoi tu leur as dit non alors que je leur avais dit oui ? », je pense à mes ongles, qui seront, l’espace de quelques heures propres et sans nutella, à ce Elle que je pourrai lire sans recevoir une bourrasque de sable dans la gueule, à ce granola que je vais pouvoir croquer sans le partager en cinq jusqu’à ce qu’il s’émiette dans mon maillot, je trépigne d’impatience à l’idée de mâter seule les infos et j’ai le mot « cantine » qui résonne en moi et me plonge dans l’émerveillement…

…voilà Icare, je pense à mes tympans et au Rose Insolent n°489 de chez Chanel.

Comme quoi la vie vaut d’être vécue.

Déménagement

4 août 2011

Ça y est ! On a déménagé ! Et même si j’ai laissé la crème de la copine dans le 35, je vous avouerais que c’est avec un réel soulagement que j’ai quitté la Bretagne. Sur la rocade (le périph’ en Province) j’avais des ailes, j’ai cru que mon CMax s’envolait et qu’avec le chien et le cochon d’Inde dans le coffre, au milieu des balais brosse et des maillots de bain, on allait péter le mur du son.
On a eu du mal à trouver une habitation à Tours. On a visité des trucs grotesques et j’ai vu le moment où j’hésitais entre un petit pavillon de banlieu en papier mâché ou un vieil appartement qui sentait le chat, habité par deux femmes aux mœurs cheloux, ma sœur vous dira que je m’arrête à des détails débiles… Au final tout s’est bien terminé, dans le tufau et en plein centre.

Bref on a réussi à changer de vie et on est drôlement content. Chéri, qui ne supportait plus sa vie de commercial, a ouvert un resto, c’était son rêve. Et comme mon beauf ne supportait plus sa vie de banquier, ils se sont associés. Ensuite il a fallu trouver une ville et nous mettre tous d’accord. Moi j’ai dit que la Bretagne c’était fini merci, la flotte et le purin ça va bien, ma sœur a dit qu’elle n’irait jamais dans le Nord rapport à Fourniret, Chéri a dit que l’Est il le sentait moyen-moyen depuis Verdun et mon beauf a dit que le Sud ça ne le branchait pas, la mafia, les plages bondées tout ça.  C’est sûr qu’on est assez basique dans la famille. Ma sœur voulait un endroit pour mettre son cheval et moi je voulais me rapprocher de Paris à tout prix. Ce que femme veut, Dieu le veut : on a posé une option à Tours et nos mecs se sont lancés dans le sushi. Je dois vous dire qu’on s’éclate dans le maki, dans un décor ultra kawaï. Notre voiture est couverte d’écailles roses fluo et possède un aileron sur le toit, la semaine dernière je faisais ma maline dedans jusqu’à ce que je me prenne l’artère principale de Tours en sens interdit, j’avais l’air drôlement con.
Tous ces projets ont donné lieu à deux phrases types que j’ai entendues à peu près huit cents fois. À savoir « Bon ben… y a plus qu’à vous souhaiter plein de sushis…sans soucis, hin ! », mais comme le client est roi on se force à exploser de rire à chaque fois en disant « Ah ! Ah ! Très très bon !!! », et l’autre « Tours, c’est sympa, y a les châteaux de la Loire à visiter », comme si le pique-nique à Azay-le-Rideau constituait une vie en soi. Avec ma sœur, comme on est bien élevées on répond « oui, je crois que Chenonceau c’est fabuleux » mais en vrai depuis qu’on est arrivées on passe notre life chez Ikéa.

Le week-end dernier nous avons emménagé. Ça s’est bien passé. J’ai cru que j’allais péter un cable quand les enfants on ouvert au milieu des 130 cartons la boîte de Warhamers (mille figurines de trois centimètres à peindre dans le calme et de façon très ordonnée) et j’ai eu envie de divorcer quand à minuit, déballant le 120ème carton, Chéri chantonnait  » Allez viens boire un p’tit coup à la maison, y a Gillou avec son p’tit accordéon… », faut dire qu’il l’avait entonnée dès le matin.

Voilà les gars, je me casse en vacances, espérant dégainer ma super crème solaire achetée en mai quand on me promettait, je cite « un été caniculaire, pire qu’en 76 » espérant ainsi me gâcher les deux semaines de soleil que j’attendais, pauvre de moi, depuis six ans dans l’Ile et Vilaine. Je vous en roule une, parce que je suis de bonne humeur. Bonnes vacances à tous et n’oubliez pas… dans quatre mois c’est Noël !

Adieu et kenavo les nabots

8 mai 2011

Je me casse ! hé ! hé ! si ! si ! si !

Adieu Rennes et la Vilaine, Kenavo les saucisses, je pars.

Il y a quand même trois choses que je suis triste de quitter : mes Amis, mes ennemies et mon jardin.
Mes amis parce qu’ils étaient tous supers. Beaux, drôles et intelligents, j’ai toujours eu du bol.
Et mes ennemies parce qu’elles était toutes connes mais excessivement attachantes, et aussi parce que je les avais méritées et que j’avais bossé dur pour les obtenir. Elles vont pouvoir se détendre au niveau de la gaine :
elles n’auront plus à s’affoler à l’idée que je puisse venir profiter des cacahuètes premier prix dans leurs soirées rock and roll, elles n’auront plus à craindre que je livre sur ce blog leurs cafés chauds-bouillants dans lesquels elles démâtaient la terre entière, elles n’auront plus à envoyer leurs taupes en sous-marin sur Face Book et croyez-moi, elles vont me manquer. Comme je vais les regretter ! Il ne faut pas que je les oublie : le petit tas qui venait me voir pour me dire que ma tenue n’était pas dans le ton, la grande cruche qui disait que je conduisais en état d’ivresse, le tromblon qui m’a téléphonée pour connaître le prix de ma maison, le cul-bas qui disait que j’étais mal garée et que ça gênait la circulation… pfiou ! un podium de vainqueurs qu’il va falloir que je prenne en photo afin de les glisser dans mon pêle-mêle en soie sauvage. Bref c’est ça aussi qui va me manquer : cette étiquette d’ordure finie que j’avais si brillamment obtenue…

Enfin mon jardin me manquera parce que je suis devenue un boss au niveau de la plantation. Je vous épargnerai, dans ma grande bonté, les photos de tulipes, de pensées et d’azalées, mais j’avais une sacrée collection de fleurs.

Je pars à Tours. Pour sa cathédrale et aussi pour son TGV. Y a pas que les crêpes dans la vie.

Poils blancs, la mort au tournant…

3 avril 2011

J’ai le regret de vous annoncer
que j’ai quelques cheveux blancs
depuis environ deux mois.

Enfin vous, ça va pas changer votre life. Moi si. Car je vais devoir les teindre pour me mentir à moi-même et donc, nécessairement, aller chez le coiffeur car je suis incapable de faire ça toute seule. Aller dans un salon de coiffure relève pour moi du défi : je déteste qu’on s’occupe de mon système capillaire.

Et si on commence à parler de poils, je préfère encore aller chez le gynecologue. Le gyneco a bac + 10 et on peut lui poser toutes les questions les plus saugrenues, il aura toujours une réponse. Le gyneco est rarement alarmiste et souvent rassurant. Le gyneco fait des efforts pour détendre l’atmosphère et lui au moins, il a de la conversation. Le gyneco en plus, et surtout, demeure un mystère. On se demande toujours comment il en est arrivé là, si il rêve de faire ce métier depuis qu’il est tout petit, si OUI ou NON il regarde la forme et la couleur de notre culotte, si OUI ou NON il se fiche qu’on soit épilée, à qui il est marié, si c’est quelqu’un de sérieux, si il rigole dans sa tête avec des jeux de mots foireux « elle… elle a un gros balais dans le cul hé hé hé » si, le WE il ressasse ses problèmes de bureau (la foune à Madame Judon, le fion d’Agathe Le Grisou, les hémorroïdes de Sandra Kulouchok) et si il peut en parler à ses copains pendant les barbecues « j’ai un souci au taf : une de mes patientes a tout le bazard qui dégringole…, tu sais pas quoi , j’ai une cliente qui porte des string en croco » etc…. À quoi il rêve la nuit et est-ce qu’il s’endort avec des images de foufounes qui défilent, à force d’en voir une toutes les demi-heure au moins. Même la salle d’attente est bourrée d’intrigues, il y a toujours un couillon pour accompagner bobonne faire son échographie, toujours une primipare qui se caresse le ventre l’air idiot et toujours des petits paquets de pub qui trainent et qu’il ne faut jamais lire, car ils traitent de problèmes dont on ignorait l’existence et qui foutent la pétoche.

Chez le coiffeur c’est différent. J’ai envie de tuer tout le monde à coup de rasoir électrique et surtout, quand la coiffeuse commence à me parler je suis à deux doigts de lui enfoncer son peigne dans le gosier. Elle ignore le monstre sanguinaire qui sommeille en moi et se réveille à l’instant où je m’assied et qu’elle commence à me poser des questions « alooooors, qu’est-ce qu’on fèèèèèèè ? ». Elle me tripote les cheveux, moi qui déteste ça, elle se permet de commenter la nature de ces derniers et surtout, surtout, même bien brieffée, elle va s’octroyer quelques libertés créatrices au nom de son bon goût de coiffeuse-visagiste, persuadée d’avoir du talent, si c’est la patronne t’es mort. Et puis, non contente de faire croire qu’elle a de l’or dans les mains, la coiffeuse adore les considérations médicales un peu flippantes : « et qu’est-ce qui va se passer si on ne fait rien ? la pointe se déssèche, entrainant la perte de vigueur du cuir et ainsi la chute de la capilosité para-keratinique, c’est pour cela que je vous recommande le spray vitaminé à 68 euros ». Elle va me proposer de la « lecture » (Voici-Paris-Match-Gala) pour tenter de détourner mon attention et puis, forcément, elle va se mettre à faire la conversation. Et forcément, elle va me faire pitié et je vais me sentir obliger de lui répondre. Va falloir se forcer à trouver des phrases cons « c’est sûr que les garçons et les filles… c’est pas pareils… », « c’est sûr que quand il fait beau, tout est facile », « c’est sûr que l’heure, ça tourne vite ». Ça peut me rendre facilement dingue et rapidement agressive. Je dé-tes-te aller AU coiffeur.

C’est sûr que, les cheveux blancs, c’est du souci…

Le Complot des Courges

28 mars 2011

Attention je crois que je suis sur le point de mettre au grand jour un des plus grands complots de l’histoire. Si tu m’écoutes, que tu lis la presse féminine et que tu veux ressembler à Kate Moss en mini-short sans la drogue, je te demande de lire attentivement les lignes qui suivent.

Car bientôt c’est le printemps et tu vis sous la dictature du maillot de bain et des gros titres genre « Être mince c’est facile ! » ou encore « Boostez la détox-attitude et devenez la bimbo de vos rêves ». Tu vas ouvrir le magazine et on va te présenter un tas de recettes à dégueuler, des trucs à chier en spray avec des infos du genre « pourquoi on aime le choux ? parce qu’il est riche en vitamines ! » ou encore « pourquoi on vote pour la courgette ? parce qu’elle est pleine de fibres ! », et toi, tu vas te dire, c’est vrai, un bon gratin de courgettes ça peut être utile et c’est vrai, le choux on n’y pense pas assez, c’est pas glamour, ça fait péter mais ça peut aider comme dit Cyril Lignac… En vérité on a surtout oublié de penser aux étés de merde qu’on se tape depuis nos seize ans et aussi qu’on a rarement les moyens de louer trois semaines en Corse, donc que le maillot c’est sympa, mais si comme moi tu as un mec breton pense plutôt à ta polaire qu’à ton maillot. Et si à l’heure qu’il est, tu hésites à prendre des engagements avec un mec breton sache que tu fusilles d’emblée toutes tes vacances. Une fille avertie en vaut deux.

Comme je suis ton amie je vais te livrer un vrai secret de copine : si tu es célibataire et que tu bouffes du choux, tu peux oublier pour les mecs rapport à l’haleine de chèvre fukushimatée que tu auras. Si tu as un mec et qu’il t’embrasse encore après une potée auvergnate c’est qu’il a alzheimer tout simplement et qu’il te confond avec la cuvette. Parce que le vrai souci avec toutes ces méthodes c’est au niveau de l’haleine et crois-moi c’est rapidement fétidissime. Je peux te donner des tas d’exemple, comme celui du jus d’orange le matin dont on vante les vitamines et qui instantanément, comme par magie donnera l’impression d’avoir gobé une crotte. Ou pire : l’utilisation de la clope comme coupe-faim qui nous délivre une odeur de tuyauterie vide et faisandée. Autre exemple : celui de la végétarienne, qui jette son dévolu sur les pousses de soja et propose des remugles qui nous font hésiter entre l’herbe verte macérée et le foin du hamster quand t’as pas eu le temps de changer la cage. Donc si comme moi tu as des vues sur Julien Doré, tu peux d’ores et déjà oublier les légumes verts et te consacrer aux carambars, c’est vachement plus fun.

Bref crois-moi mieux vaut sentir le caramel que le chou et tant va la cruche à l’eau qu’elle se brise.

Tu me remercieras plus tard.

et le petit quatrième…MMmmmm… ?

26 mars 2011

Je pense n’avoir pas été assez claire, ou alors personne ne m’a comprise :

JE SUIS EN OVERDOSE DE CHIARDS.

Comme ça est-ce que c’est mieux ? Alors je ne vois pas pourquoi on me pose encore vingt fois par jour la question. Je caresse un chien ? Sourire en coin « dis donc, toi, t’as envie de cajoler en ce moment ! ». Je dis que je suis naz « Oh ! Oh ! Le petit… quatrième ? ». À croire que j’ai la gueule d’une fille qui voudrait encore vomir pendant des mois, se ronger les sangs à chaque échographie « mmm; on va vérifier qu’il a un cœur, une nuque, tiens… on voit pas bien ses doigts de pied… attendez j’appuie vous me dîtes si ça vous fait mal… », subir tous les commentaires « tu le portes haut : c’est un labrador ! » et tous les récits débiles des autres « moi à quatre mois on aurait dit que j’attendais des jumeaux, j’avais pris 3,589 kg et je ne supportais pas les petits pois ! », repasser sur le billard le fion à l’air, les tripes au vent et puis, recommencer à chialer dans mon pieu, seule, avec la nuit qui tombe dans une clinique bercée de hurlements de nouveaux-nés avec des stagiaires qui me demanderont tous les quarts d’heure si j’ai pété et comment ça c’est passé, et demain ! demain on essayera avec l’équipe de vous lever, vous regarderez droit devant vous pour ne pas tomber dans les pommes et vous pourrez vous brossez les dents !! Si c’est pas le pied !!

Merci mais j’ai donné. Sans compter que je suis super mauvaise en élevage et que je créé des êtres vivants qui de 2 à 5 ans ne sont que caprices et trépignements, on est pas loin du crime et du châtiment. Alors quand enfin je peux faire pipi sans avoir un machin agrippé à mes genoux, quand enfin je peux me coucher à 5 heures du mat sans avoir à me dire que dans une heure je suis de corvée de nichon, quand ça y est ce stade est franchi, crois-moi : je n’ai pas envie d’un quatrième.

J’ai tourné la page. J’ai donné ma Mac Laren et le petit manteau Bompoint en velours blanc auquel je tenais tant. Et quand une copine m’annonce qu’elle est enceinte, c’est terrible mais ça me fait horreur.

Ça s’appelle tourner la page et moi j’aime bien quand l’histoire avance.

Qu’est-ce que je fous ?

21 mars 2011

Qu’est-ce je fous ? Je sais, j’ai du retard sur ce blog, je sais. Plein d’événements majeurs dans ma life de trentenaire désormais bien entamée, ont contribué au ralentissement de ce blog. D’abord je bricole des petits trucs dans la presse et ensuite j’ai un fils en sixième. Un fils en sixième ça veut dire primo que t’es une grande personne, avec tout ce qu’il y a d’haïssable dans le terme. Une grande personne ça mange des légumes cuits à la vapeur, ça dit des phrases aussi cons que « taisez-vous et laissez parler les grandes personnes », ça possède des amis qui butent les animaux avec des fusils et ça fabrique de la morve en écoutant des sonates de Chopin, bref être une grande personne c’est un peu une finalité en soi et c’est assez triste. Mais passons, j’ai donc un fils en sixième. Et vous ne le saviez pas, déjà que j’ai redoublé ma sixième ben là, je la triple. Je bosse tous les soirs comme une truie pour essayer qu’il ait des bonnes notes. Ben si c’est comme ça que ça marche. Je fous le paquet pour qu’il ne soit pas à la ramsse, parce que moi, j’ai pas la chance en me reproduisant d’avoir fourni des précoces à la société. Moi j’ai un fils que ça fait chier et dans son malheur il a une mère qui le comprend. Une mère ex-cancre, toujours dernière et qui a vu défiler un paquet de profs. Une mère qui veut que ça aille vite pour éviter le pire, une mère qui connaît la manipulation du corps enseignant sur le bout des doigts à force de les avoir observés des heures entières. Une mère qui devine les interros surprise, qui déjoue tous les tours, et une pauvre mère qui se tape pour la troisième fois la vie à Athènes au V° siècle avant JC, les médiatrices et aussi les compléments circonstanciels, autant vous dire que je commence à saturer. Mais bon, hier j’ai eu 17 en rédaction et on s’est tapé un 15 en histoire la semaine dernière, du coup on a fait péter les Granolas devant la télé.

Oui, c’est un peu pathétique mais je peux faire mieux. Comme ce livret d’exercices donné au second qui est en CM1 et qu’on a eu la flemme de faire pendant les vacances… la veille de la rentrée avec son père, on a fait une page chacun en imitant son écriture. On avait l’air sacrément cons.

Noël arrive… chapître 1

13 décembre 2010

Les 5 commandements pour de bonnes fêtes dans votre belle-famille :

  • Tu ne critiqueras pas la bouffe, sujet sensible au cœur du débat. Oui, cette bûche choco-mangue est à vomir, mais souviens-toi du dicton russe « tant va la bûche à l’eau qu’elle se brise ». Donc ne dis rien mais prends le droit de ne pas finir.
  • Tu éviteras toute comparaison avec ta propre famille. Pas de « C’est marrant de s’offrir des nougats… nous vraiment c’est un truc qu’on évite de faire : on a peur que ça fasse maison de retraite ! »
  • Tu ne toucheras pas à la déco du sapin, même s’il est en plastique. Ils ont leurs pratiques et la déco c’est perso. Donc tu la boucleras aussi devant la crèche en coquillage ramenée de la Guadeloupe par Pauline en 92. Ils y tiennent.
  • Tu n’aborderas surtout pas de sujets un peu chauds, genre politique ou religion, si tu veux parler de la peine de mort avec ton beauf, tu profiteras d’un moment calme l’été prochain. Tu remettras à demain ce genre de choses, en attendant il y a la purée de marrons qui crame et ça, c’est pas drôle.
  • Tu ne leur parleras pas de toutes les tares dont tes enfants ont hérité et qui viennent de LEUR côté : oui, ils sont tous myopes, allergiques aux crustacés et fans de karaoké, mais en ce soir de Noël tu leur pardonneras.

    Demain on rentrera dans le vif du sujet. Soyez prêts… (be ready)

Je crois que j’ai grandi…

7 décembre 2010

Ou plutôt que je viens de me prendre un aller-retour dans ma gueule. J’ai pris deux rides dans le front en une journée, je ferais mieux d’arrêter de faire les sorties du collège, c’est ultra mauvais pour mon teint et ma peau.

Premièrement hier j’ai bien vu qu’il y a une petite blonde qui parle à mon fils et qui ne le laisse pas insensible. Comme je sais tout, je sais qu’elle aurait dit à la mère d’Océane qui est copine avec la mère de Samira qui elle-même bosse dans une boutique que je fréquente, qu’elle trouvait mon fils « trop beau ». Elle pensait me faire plaisir : elle m’a plongée dans une panique totale. Ça fait deux fois que je la surprend en train de lui parler, remettant ses cheveux en arrière tout en émettant un petit rire cristallin, et ça fait deux fois que mon fils lui sourit un peu gêné mais content. Ça me ravage… si un jour je vois mon fils embrasser une fille je suis sûre de mourir d’un arrêt cardiaque (au mieux) ou (au pire) de sombrer dans l’alcool dans une robe de chambre polaire et devant Qui veut épouser mon fils.

Deuxièmement, AUJOURD’HUI 13h40, je le raccompagne à l’école (pour l’explication c’est pas que ça m’amuse mais il a eu huit points de suture au pied en bricolant avec son père-no comment merci-) et là je vois le fils ainé d’une copine qui fume. Accessoirement j’en ai rien à cirer (ça pourra juste me faire sourire la prochaine fois qu’elle m’expliquera que ses enfants ne savent même pas ce que c’est qu’une clope) sauf qu’en me reconnaissant il a roulé des yeux, pincé les lèvres, retenu toute la fumée dans sa bouche et planqué sa cigarette derrière son Diesel. Genre : je suis vieille, je suis choquée et je suis une balance…

Toutes ces épreuves vont me couter une blinde en bottox.

What else ?

1 décembre 2010

Des fois avec ma Mémé on va chez Nespresso, avenue Victor Hugo, elle me paye mes capsules, elle a pitié de moi parce qu’en ce moment, faute de moyen,  je bois du café ordinaire.

On adore cette petite ballade qui nous fait traverser l’avenue Foch pour remonter doucement l’avenue Malakoff, on répète cent fois « Ouhhh… mais qu’est-ce qui fait froid !! », c’est un bon moment et on rigole bien toutes les deux. On regarde les joggeuses, des petites joueuses essoufflées au cul flasque, qui font surtout prendre l’air à leur I-pod et on bitche à mort toutes les deux. On passe en revue toute la famille et tout le monde en prend pour son grade, à chaque début de phrase on dit « ça reste entre nous hein ! », c’est super, on ne rate personne, on rit aux larmes. Ensuite, le moment que je préfère c’est quand on rentre chez Nespresso, parce que la séance commence et qu’on sent qu’ici, le ridicule n’a jamais tué personne. Quand on ouvre la porte il y a une employée payée exclusivement pour dire « vous pouvez avancer par ici s’il vous plait », elle me fait pitié, elle doit se faire chier comme personne, elle regarde en moyenne sa montre toutes les dix minutes. Systématiquement elle demande à ma Mémé « vous désirez vous assoir Madame ? » et systématiquement elle se prend un vent « Merci mais je suis encore capable de marcher ! », on se fait un clin d’œil complice. Dans la queue qui ne dure jamais moins de vingt-cinq minutes (ne me demandez pas pourquoi, c’est LE secret de Nespresso), il y a toujours une ou deux dames très chics avec sac Vuitton et lourds manteaux de fourrure, des blondes super belles avec des Cavaliers King Charles en laisse Hermes, des vieilles maculées de Terra Cota, la peau tirée, la lèvres gonflée et tartinée de gloss orangé, qui font genre « je suis super pressée, j’ai ma Mini garée en double file » et qui, de fait, bloquent une partie de l’avenue, et il y a Mémé qui sympathise avec toutes. Elle souffle, puis elle dit que c’est du luxe Nespresso, surtout en ce moment où tout le monde est obligé de faire attention. La dame au sac Vuitton se retourne et acquiesce tristement, elle répond que oui, en ce moment la vie est difficile. La dame tirée et ramonée hausse le sourcil en disant qu’elle est « assassinée de taxes en tout genre » et la bombe avec son manteau en laine retournée ne dit rien, elle pense surtout au nombre de capsules qu’il faudra prendre pour Mégève.

Quand c’est notre tour, on dirait qu’on avance pour recevoir une distinction. Les vendeurs en font des kilos, ils nous demandent si on connait le « Galuccio Santo Rosso de Guada Lumpa un arôme subtilement épicé et délicatement aromatisé d’une fragance légère dûe à sa culture sur les hauts plateaux de la Cordillera, vous verrez c’est délicieux », un vrai remake des Cités d’Or, je suis sûre qu’ils font un concours de celui qui dira le plus de conneries, ils sont hyper forts mais ils doivent être fatigués à la fin de la journée. Moi je les plains quand même, ils sont payés 6,95 euros net de l’heure et ils ont des primes minables. Mais bon, j’adore cette virée chez Nespresso, car ici on sent que le luxe flirte avec la misère, et j’aime ce contraste. Bref, mes capsules sont pleine d’histoires et c’est surtout pour ça que je les apprécie. Parce que George il est bien gentil mais il est plus tout jeune…

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