Je suis bio et je fais de la Sophro.

9 novembre 2007

Après avoir dit non, non à tout. Non au chapelet du lundi matin à dix heures chez Jeanne-Marie, non au chantier de l’éducation animée par Anne-Solange, non pour garder les mouflets d’Anne-Solange qui anime les chantiers de l’éducation, non à la méthode Billing’s, non au dîner chez les Latartopierre, non à la galette des rois chez les Latartopierre, non à la vente Brikbrokbrelok et Brikabraktucrak, j’ai dit OUI.

Je me suis sentie tout à fait libre, tout à fait Jannis Joplin, j’ai dit : « Chéri paye ton combi Volswagen », j’allaite mon fils de 22 mois, je bois du thé vert et je vais suivre des cours de sophrologie. OUI à la Sophrologie.
Assise en tailleur j’écoute l’animatrice. « Fermez les yeux » Je regarde si tout le monde ferme les yeux, ils ont tous les yeux fermés, c’est très très sérieux. « Vous vous concentrez sur votre Moi, vous ne pensez plus à rien… » (je ne peux pas m’empêcher de penser à ma voisine qui respire fort et qui pue des sandales) « …vous sentez votre tête, votre nuque, vous descendez, vous sentez votre dos et votre ventre, vous sentez vos organes génitaux… ». J’ai rigolé… Mais pourquoi j’ai rigolé ? Je sens que j’ai cassé l’ambiance, l’animatrice a ouvert les yeux et me fixe méchament. Je ferme vite les miens et je reprends ma respiration. « …vos organes génitaux, votre anus »… non, là c’est trop, le mot anus me fait mourir de rire… Je me mords les joues, je pose mes mains sur mon visage et je regarde à travers mes doigts si quelqu’un rigole : per-son-ne. « …vos cuisses, vos jambes et vos pieds ». Silence complet. J’ai envie de hurler : Sortez vos cahiers de géographie !! interro surprise !! ». Ça me gratte partout. L’animatrice met une petite musique. Je suis la seule à me tortiller. ScruichSCCROUICH : c’est mon voisin qui se gratte la tête : un paquet de poils de cul longs comme des lianes, je m’écarte légèrement, j’ai peur qu’il me refile ses péloches. Je me fais un tout petit peu chier. L’animatrice éteint la musique. « À présent vous êtes seule avec Vous. Et vous profitez pleinement de ce moment ».
PRuiinnch. Ah ! Y en a une qui a craqué une tôle !! Si !! J’ai très bien entendu. Ça c’est le jus de pomme bio : ça fait péter ! Tout lemonde ignore l’incident. Je suis secouée d’un fou-rire et je ne maîtrise plus rien. Surtout que je suis vraiment la seule à rire. L’animatrice s’est levée, doucement, à pas feutrés elle avance vers moi et me glisse à l’oreille « pour la paix du groupe, veuillez sortir, vous reviendrez lorsque vous serez calmée ».
Même quand j’écris ce passage ça me fait encore rire. Depuis la maternelle j’ai le même problème : je suis incapable de me concentrer…

LE COURS DE PEINTURE SUR PORCELAINE

8 novembre 2007

– TTttttttt tt tt tttt, soupire Mumu en secouant sa frange jaune, il faut que tu fasses quelque chose cette année. Pourquoi tu ne viendrais pas à mon cours de peinture sur porcelaine avec Marie-Jo ? C’est génial je t’assure, et pour toi qui sais dessiner, tu vas t’é-cla-ter. Et puis, on pique de ces fous-rire entre filles…
Je bafouille un truc qui ressemble à un oui et me voilà inscrite mardi en 8 à dix heures au cours de Marie-Jo.
J’arrive dans un petit pavillon en zone commerciale. Je sonne et pénètre dans l’univers du Maître. Sur un guéridon en face de moi un tas d’horreurs, visiblement peintes et exposées par Marie-Jo elle-même… Déjà que j’aime pas les chinoiseries mais là ça dépasse l’entendement.
« On se fait la bise ?  » dit Marie-Jo en me claquant le beignet. Je m’installe. Nous sommes six jeunes femmes. « Bienvenue parmi nous ! ». Elles m’accueillent avec des grands sourires avant de sortir, non sans un petit hochement de tête de satisfaction, leurs œuvres. Je suis horrifiée. Mumu me montre le service sur lequel elle « bosse » depuis des mois. Une vingtaine de pièces dans une ambiance arabe inspirée de la collection 2005 Villeroy et Boch et du catalogue « Partir au soleil » d’une agence de voyage. « Je t’en bouche un coin, hein ?  » me lance-t-elle avec un clin d’œil.
Je sors mon maigre matos et une tasse que j’ai achetée hier. « Houla la la !! Les tasses c’est pour plus tard ! C’est trop difficile ; aujourd’hui on va aborder le feuillage sur un carreau tout simple » s’exclame Marie-Jo. Et voilà comment je me suis retrouvée à faire des petites feuilles vertes sur un carreau de chiotte blanc tout en essayant de participer à la conversation centrale. « … et quand il m’ont posé la péridurale… je n’avais qu’un côté endormi… t’imagines ? J’avais carrément l’œil droit qui se fermait…! » « ben moi ils n’ont pas eu le temps… alors… l’épisio à vif… » Effet garanti : grimace générale, sifflement admiratif et solidaire. »Attention… ! Tes feuilles penchent à gauche… » me murmure Marie-Jo.
– Dis, Marie-Jo tu nous montres ce que tu fais en ce moment ? lui demande soudain une élève. Marie-Jo respire fort et dit « bon, d’accord c’est bien parce que vous êtes mon groupe préféré ! ». Mumu me donne un coup de coude, ravie.
Marie-Jo a sorti un plat octogonal avec comme simple décor de la volaille chétive et déplumée, des galinacés génétiquement modifiés par son coup de pinceau et une mise en couleur digne de ce nom.
Le groupe retient sa respiration et ma voisine soupire « pfff, c’est tout simplement ma-gni-fique… ». Marie-Jo dit « mais , chut ! c’est un secret hein ! c’est une surprise que je réserve à mes petits-enfants pour Paques ! ».
Mumu a offert son service à sa mère, il paraît qu’elle n’en revenait pas. Moi, je ne suis jamais revenue au petit cours de Marie-Jo.

MON STAGE COMMANDO À L’INTERMARCHÉ

7 novembre 2007

Hier, après neuf jours de vacances, le frigo fut vide. Un desert alimentaire digne d’une anorexique. Une tragédie shakespearienne : va falloir faire le plein de bouffe avec les trois monstres !!!!!
Je brieffe à fond les enfants dans la voiture et première erreur : je promets un petit cadeau pour les enfants sages. J’ai dit « PETIT » !
À peine ai-je franchi les portes automatiques du magasin que le dernier se tortille sur le siège du caddie et que les deux ainés entament une course-poursuite. « C’est toujours comme ça, Madame ?  » me murmure à l’oreille le spectre de Super Nanny. Je sais que l’heure qui va passer va être dure. Très dure. À chaque rayon la même rengaine « on peut prendre des Choco-Crispies-Max ? Du Fanta ? Du Coca ? Des billes ? Des Dragibus ? Des Malabars « . NAN. « t’avais prooooo-mis ! » NAN. On prend des carottes, des courgettes et des œufs. Le cadeau c’est après. Ils disparaissent. Réaparaissent les dras chargés de brosses à dent (une bonne dizaine). Le dernier est en équilibre sur la barre avant du caddie et pousse des hurlements de singe. Les ainés disparaissent. Je hurle « Je veux vous voir ! ». Comme une folle j’attrape tout ce que je peux et je remplis mon caddie à toute allure. Ils réaparaissent avec une boîte de vingt-quatre liégois et trois bombes de crême chantilly. Le dernier tombe dans le caddie sur la douzaine d’œufs. Je lui colle une banane dans la main et le réassoit. Il fait 40° ou quoi dans ce magasin ? Je suis en nage.
J’arrive au rayon charcuterie. J’entends « s’il te plaît ! Tu arrêtes ? » Je me retourne l’ainé donne des coups de pied dans les citrouilles que le chargé de rayon essaye de protéger. Spider Man tente de s’échapper du caddie et dans son ultime saut il écrase sa banane dans mes cheveux. Je passe au rayon Viande. Les ainés ont disparu. Je me rue dans les rayons, ils sont en train de faire des provisions devant la promo des gâteaux apéro. « Bon. C’est FINI pour le petit cadeau ! ».
J’ai terminé mais le plus dur est à venir : le passage à la caisse. Quand j’y arrive j’ai mal au cœur, j’ai chaud et je suis sur le point de pleurer. La caissière me regarde d’un drôle d’air, je crois que je lui fais pitié. Le refrain, toujours le même refrain, comme dans un cauchemar « Maman, on peut prendre des Menthos ? Des Kinder ? Des chewing-gums ? ». Quel est le con qui a eu la sombre idée de coller des bonbons à toutes les caisses ? D’une main je maintiens le dernier dans le siège du caddie, de l’autre je lance au hasard les articles sur le tapis de caisse. Je me déplace trois vertèbres, j’ai des mèches pleines de banane collées à la joue, mon taille basse m’arrive à mi-fesse et je renifle. Ils m’ont foutu « L’encyclopédie des dinosaures » au fond du caddie, je dis « euh finalement je ne le prends pas ! » La caissière fronce les sourcils « Ah ! oui mais c’est embêtant parcequ’il est abîmé ». Elle me montre la tranche mordue de long en large par mes enfants. Je rougis. Je m’incline.
Je suis prête pour un stage commando. Et au moins les commandos ils traînent pas leur mouflets pendant leurs stages, alors bémol et comptez pas sur moi pour vous plaindre lors de votre prochain passage à l’antenne. Au moment de partir les ainés s’agrippent de chaque côté du caddie pour faire « comme le camion poubelle » . Le dernier piétine le sac de tomates. Je boîte, j’ai envie de vomir, j’ai des courbatures. Je viens de faire le plein, quoi.

On a dîné il y a 25 ans !

29 octobre 2007

C’était l’année dernière, au mois de novembre. J’avais décroché notre premier dîner chez des inconnus. Plutôt sympas, parcequ’on ne les connaissait ni d’Eve ni d’Adam, mais d’une copine de la cousine de la marraine de mon mari.

Ding ! Dong ! Entrez ! Entrez ! crie une voix jeune et sympathique (il s’agit d’un « jeune couple dynamique » comme dit ma belle-mère). Dès qu’on entre mon sang change de couleur : on a remonté le temps !! Nous ne sommes plus en 2006 mais en 1982… Ohhhhhhhhhh ! Tendance donc, pour les nanas, le look sapin de Noël : grosses boucles d’oreilles assorties aux collier assorti aux bracelets, chignons, col roulé épais et diformes, jupe aux genoux OU aux chevilles, petits escarpins coquinoux (3cm de talons, la fête du slip !). Pour les hommes, je vous laisse deviner… Ressortez vos photos collector et vous verrez… On nous présente, je tire de toute mes forces sur ma blouse rétro, j’essaye de cacher mes demi-cuisses moulées dans un leggins : mais qu’est-ce qu’il m’a prit de m’habiller comme ça ? (ben ouais, t’étais à poil, on aurait dit une knaki, m’a dit ensuite mon mari pour me décomplexer). Ah ! Ah ! Je reconnais tout de même le passage des moules Flexitrucs lors de l’apéro et cette fois je devance les autres en hurlant « DIS-DONC, MARIE-BRUNE-HILDE, TU-NOUS-GÂTES !!!!! » (hé ! hé ! je marque 20 points !). Et en avant la musique ! C’est reparti avec leur thèmes de prédilection : le cathéchisme et les prières exaucées, la méthode globale et les gros mots à l’école. Au moment du dîner, la maîtresse de maison lance le prénom de son mari sur un ton interrogateur « Hervé, s’il te-plaît ? », et Vévé nous entonne un petit bénédicité le plus naturellement du monde. J’étouffe, mon mari fait genre il connaît les paroles en disant les deux dernières syllabes « gneur » et « pain ». Coup de théâtre à ma droite ! Ma voisine s’est incliné brusquement en murmurant « en ce cinquième dimanche de l’avent« . Elle a gagné un sourire général et généreux, même si elle a raté de près le coin de la table. Et elle enchaîne avec le question suivante « et pour Noël vous faîtes quoi vous, comme petit rituel ? ». J’imagine que ce n’est pas le moment de parler de Toy’s us ou de mes fils qui découpent les journaux de cadeaux en criant « c’est pas cher, hein Maman, c’est pas cher ? ». En fait j’ai pas trop suivi le débat des bonnes actions, parce que je me concentrais sur l’atrocité de l’entrée : du dégueuli de concombre. Servi par coupelles individuelles, un cauchemard.

Après le dessert on a pretexté les fiançailles d’une cousine le lendemain, pour partir tôt, ce qui était vraiment débile puisque tout se sait et tout se voit ici. Mais mon mari sentait que je devenais assez désagréable. J’avais envie de revenir en 2006, j’ai bien le droit, non ?

2/ Faut-il dire à votre amie Crcicri qu’elle a de la moustache ?

24 octobre 2007

Ça va pas, non ? pour qui vous prenez-vous ? La réponse est NON, bien évidemment. Espèce de sotte.
Cricri a grandi avec sa moustache comme vous avec vos dix doigts. Quelqu’un vous a t-il demandé de vous couper un doigt un jour ? Hein ?

Cricri ne la voit pas vraiment. Un jour en troisième un mec de sa classe lui a dit « Christine Robic tu piques !! », elle l’a trouvé débile, sa mère lui a dit « Ma chérie tu es bien plus belle que toutes ces filles surfaites ! et puis n’oublie pas que tu as un peu de sang italien ! ». Et quelques années plus tard elle a trouvé l’âme sœur. Un mec qui l’aime comme elle est, avec ses baisers qui le chatouillent et ses sourires qui se hérissent. Déjà petite, son papa trouvait ça trop mignon quand elle buvait du lait : y avait du blanc qui restait collé au duvet. Soyons franches : cela va-t-il changer quelque chose à sa vie ? Non. Sauf qu’elle va vous trouver méchante. Bête et méchante. Désolante. Vous allez perdre une amie et c’est tout.

Dicton du jour : la vie ne vaut pas un poil, mais pas un poil ne vaut l’avis.
Mais qu’est-ce qu’on se poile !

1/ Faut-il dire à votre amie, Cricri, qu’elle a de la moustache ?

24 octobre 2007

La réponse est OUI, sans hésitation.

Pas facile à dire me direz-vous. Enfantin vous répondrai-je, déjà fait plus d’une fois. La recette est simple : on aborde le thème de la pilosité. Phrases passe-partout « demain j’ai RDV chez l’eshéticienne, t’y vas souvent toi ? ». Après tout, entre touffes, on peut parler poil non ? La conversation doit glisser des jambes jusqu’aux sourcils. Très facile « le plus douloureux c’est la moustache, ça fait un de ces mal !! » Et là, entrée en matière. Cricri se tourne et vous dit « ben ! t’as pas de moustache toi ?! ». Réponse immédiate « on a toutes un peu de moustache, Cric ». C’est sans malice que votre amie vous demandera alors, à voix basse, en fronçant les sourcils « tu trouves que j’en ai, moi ? ». Là, faut jouer fin. Petite moue hésitante, regard un peu scruteur, haussement de sourcil « ben, un peu, non ? ».
Phase 1 : décomposition totale de Cricri, dans un premier temps elle vous hait. Elle se demande pour qui vous vous prenez avec vos bourrelets au ventre et votre cul large comme pas deux.
Phase 2 : dans un second temps elle se remet en question.
Phase 3 : dans un troisième temps elle passera à l’attaque, se débarassera de son duvet, vous pardonnera et vous aimera comme une sœur (même si la sienne n’a pas eu les couilles de lui dire).
Vous avez rendu service à tout le monde. À Cricri bien sûr, qui n’a plus l’air de Zorro mais de Zora. À ses enfants aussi qui n’entendent plus leur camarades leur crier à la récré « ta mère c’est Magnum ! », à son mari, enfin, qui n’a plus l’impression de se taper un copain.

À poil ou à plume dîtes NON aux poils !

UN PETIT CAFÉ olé ! olé !

23 octobre 2007

J’aurai dû m’en douter… Toutes mes premières fois furent des catastrophes : la première fois que je suis montée sur un bateau j’ai trouvé un mort en mer, la première fois que j’ai accouché j’ai fini au bloc sous anesthésie générale. Le premier mec que j’ai embrassé à la boom de Natacha Paillot, j’avais une cacahouete coincée dans la gorge. La première fois qu’on m’a demandée en mariage c’était sur le trottoir, mon mari était îvre-mort et la police l’a arrêté parce qu’il faisait pipi dans la rue.

Quant à mon premier petit café dans ma ville de Province, ce fut un grand moment. Ma tasse était assortie aux rideaux dont le liseré framboise rappelait la couleur du canapé, et je pouvais voir mes plombages briller dans ma petite cuillère en argent. Il y avait un plateau de petits moelleux au chocolat faits maison dans un moule Flexitruc, une dame a dit « dis-donc c’est magnifique, tu nous gâtes ! » et la maîtresse de maison a répondu « c’est rien à faire, je t’assure ! ». Et il y avait des dames assises, dans des tenues incroyables, portant des jupe-culottes, des cols ronds et des pantacourts en vichy. Avec mes bottes en cuir et mon sautoir j’avais l’air d’une pute. La conversation a débuté sur l’incroyable queue… de la vente Papa Pique et Maman Coud : deux heures pour acheter des barettes en forme de crabes à prix bradé ! Puis elle s’est centrée sur la médiocrité des programmes télévisés, une seule certitude : la télé, finalement, c’est Satan. De fil en aiguille les dames ont tout naturellement abordé toutes les histoires les plus sordides de la ville : elles ont passé en revue tous ceux qui avaient des maladies incurables, on a compté les mort-nés, les enfants écrasés, les enfants de divorcés, et toutes secouaient la tête en disant à mi-voix « pfffff, c’est pas possible ». En définitif, toute cette misère leur faisait penser que leur vie de merde n’était pas si merdique et qu’elles avaient même de la chance. J’ai attaqué le fondant au citron puis les tartelettes à la confiture de fraise. J’ai sorti une clope (nan, je rigole !!). Plus le temps passait et plus j’avais le cafard. Un de ces cafards… un truc qui me collait partout. Et puis, comme j’étais nouvelle, les dames m’ont demandé « ce que je comptais faire cette année ». J’ai écarquillé les yeux avant de subir une attaque préméditée : elles m’ont proposé tout un panel d’activités, des aprèm’ de bricolage (chez Marie-Bru on apprend à faire des pêles-mêles !!), des équipes de réflexion de couple (il faut prendre du temps pour s’écouter à notre époque…) ou même pire : des chantiers éducatifs (après tout, être Maman c’est un métier comme un autre !!!). J’ai gentiment tout décliné, j’avais envie de leur péter les dents. Quand je suis rentrée chez moi, j’ai retrouvé mon chien. J’étais vachement contente, on a parlé de littérature étrangère, on a partagé un caranougat, on a un peu surfé sur Face Book et on a maté un programme sur Arte. C’est bon de retrouver un vrai pote.

UN CADEAU BIEN MÉRITÉ -1

18 octobre 2007

Mon chien est un cadeau de mon mari. Mon mari l’a appelé Valmont (c’était l’année des V, j’ai échappé au pire…) et me l’a offert à la naissance de notre troisième fils.
Mon chien pisse partout. Jusqu’à vingt-quatre fois dans la rue. Mon chien vole la bouffe des enfants, leurs tartines, leur jambon et leurs gateaux. Quand il vole du beurre il le vomit ensuite dans l’escalier. La nuit mon chien aboit quand il y a un chat dans le jardin ou quand quelqu’un parle dans la rue. Mon chien peut gémir sans s’arrêter pendant trois semaines si la chienne d’à côté est dans un état interessant. Mon chien attaque mes chaussures en daim, traîne mes sacs à main dans la boue et planque les doudous des enfants.
Mon mari me l’a offert “pour ne pas que je me sente trop seule en Province…”. C’est le plus beau cadeau qu’il m’ait fait. Quand j’ai des invités mon chien leur renifle le trou du cul et saute en aboyant sur les petits enfants. Quand je leur ouvre la porte mon chien se tire pendant des heures, jusqu’à ce que mes voisins viennent se plaindre. Il faut dire que mon chien ne fait sa crotte que devant les portes des maisons. Mon chien pète en voiture et bave sur mes leggins. Il bouffe la tête des action-man, éventre les peluches et leur arrache les yeux.
Parfois je me dis que mon cadeau va peut-être se faire écraser et je pense à toutes les bonnes nuits que je passerai. Mais vite je chasse ces mauvaises pensées.
Message à toutes : ne cédez JAMAIS pour un chien.

LE GOÛTER D’ANNIVERSAIRE

10 octobre 2007

Drrrrrrrrrring !

L’ainé se précipite en renversant tout sur son passage (en l’occurence son petit frère et un cendrier qui déborde de billes et de centimes), le second pousse un hurlement, le troisième s’accroche à ma jambe, le chien aboie : on a sonné. C’est le début d’une longue aventure : deux heures et demies de cauchemar pour fêter l’anniversaire de l’ainé. Il y a huit ans, jour pour jour, j’étais ligotée sur une table, découpée en deux, recousue en trois, serrant dans mes bras un petit chef d’œuvre. Une franche partie de rigolade… Et bien chaque année à la même date, on peut dire que c’est ma fête.

Alors que je devrais être couverte de cadeaux, de baisers, hissée sur un trône de pétales de roses du Guatemala, acclamée par les miens, me voilà martyrisée par seize gamins. SEIZE !!!! a hurlé mon mari. Chéri, impossible de faire autrement. Entre les invitations à rendre, les vexations à éviter, deux filles pour faire diversion, celui qu’on invite parce qu’il offre « des cadeaux hyper chers », le fils de ma meilleure amie et accessoirement son frère qu’il a daigné inviter dans sa grande bonté… le compte est bon.

Ils sont malheureusement tous d’une ponctualité désarmante. À quatorze heures 06, ils sont tous là. « Ouhh ! Madame ils font l’amoûûûr ! » je me retourne d’un trait : mon fils se fait serrer par une gamine en survêtement Barbie. On peut dire qu’il l’a choisie entre mille, elle agite une queue de cheval dressée sur le crâne et me regarde en tordant la bouche dans tous les sens.

Après une heure au parc de diverses parties de relai, belotte, chat glacé et autres, nous rentrons. Nous allons goûter, deux règles en or : jamais de verres en plastique (97,8 % de renversement de liquide) et pas de ballons de baudruche (ça les excite). Je bourre les invités de gâteaux, je les force à reprendre de tout, et j’arrose l’ensemble de quelques litres d’Oasis. Mission réussie : le solide gonfle dans l’estomac et le volume sonore a diminué. Quelques bonbecks, il faut s’arrêter : je sens qu’ils sont barbouillés. « Madame c’est où les toilettes ? me demande une petite voix. J’indique le lieu-dit tout en précisant « qu’on fait bien bien attention à ne pas faire pipi à côté, c’est d’accord Marc-Alban ? ». Je suis très très gentille car il faut que mon fils soit réinvité partout. Ouverture des cadeaux : la chair de ma chair me désespère. « Quoi ! c’est un truc de fiiille !! » « la moto Playmo… je l’ai déjà… » « Un DVD de Babar ! et mais tu me prends pour un minus ou quoi ?? ». Je souris, j’embrasse les enfants, je suis exquise. Soudain le plus malin d’entre eux, Kevin, celui qui a les doigts dans son nez depuis une demi-heure et tripotte avec ses mains pleines de gras mes bibelots en argent, lance une idée satanique « M’dame, on peut jouer dans les chambres ? ». Mon poul s’accélère, s’ils montent je suis perdue. Mais j’ai un flash « Et pourquoi, avant que vos Mamans n’arrivent, on ne regarderait pas un petit DVD ? » . Leurs yeux brillent, mon idée est la meilleure. Je les colle dans le noir devant Superman 4, le tour est joué.

Drrrrrrrrring… Ah ! Elles arrivent ! La mère à Kimberley reprend sa gamine « Où k’il est ton sweet ma puce ? », je rends les trésors à leur génétrice, je propose à la mère de Marc-Alban de rentrer « non, merci, tu es gentille mais je me dépêche : Marie-Priscille a son atelier liturgique… ».

Je suis assommée. Je me surprends à penser à mes copines célibataires, qui, à l’heure qu’il est, se repoudre le nez avant de filer au resto… Ça me prend de temps en temps…

LA PISCINE DU BONHEUR

4 octobre 2007

Samedi matin j’ai décidé d’aller la piscine avec les enfants. Attention ! La piscine municipale pas celle des copains. Non, je tente cette expérience avec les deux ainés, histoire de canaliser un peu leur énergie et d’avoir un week-end digne de ce nom. Vendredi soir, nous nous équipons chez Décathlon, j’opte pour un maillot rouge ibis, il m’écrabouille les nichons et me donne l’air de Laure Manaudou qui aurait raté le plongeoir. Je n’ai pas le temps de me concentrer sur mon look, les chéris ont entamé une bataille de frites en mousse en sautant sur tous les canoës (c’est marqué en rouge NE PAS SAUTER SUR LES CANOËS) avant de me rackettée : j’atteins la caisse avec un masque de plongée, une lampe-torche, un tuba, et un ballon de basket.

Samedi matin, on arrive tôt à la piscine pour éviter les poils des autres. Ah ! Génial ! Je reconnais dans un moule-bite particulièrement intéressant le mari de Mumu, lui qui d’ordinaire soigne son look chez Paul Smith fait comme s’il ne me reconnaissait pas. Pourtant je secoue le bras dans tous les sens avec un grand sourire : il en est malade !
J’ordonne aux enfants « de fermer la bouche », le jus dans lequel nous baignons me répugne. J’imagine… non. Il ne faut surtout rien imaginer, on est là pour nager. Les enfants disparaissent en permanence, j’ai le tourni. Mais ce matin, pas question de me plaindre, j’ai décidé d’être une Super Maman. Je fais comme si je m’éclatais, je crie Youhouou ! dans le toboggan, avant de me fracturer le coccix à l’arrivée. Tout résonne et y a des gosses en couches. Beuuuurk. Ne pas y penser. Le cadet arrive en hurlant (l’eau augmente le volume sonore des enfants, vous avez remarqué ?), il me dit un peu gêné « qu’il veut aller aux toilettes « . Ah ! non ! c’est impossible ! il insiste comme un fou, je sens que je n’ai plus le choix. Je sors de l’eau et marche sur les côtés des pieds, je trouve les WC : le spectacle est insoutenable. Je lui donne un délai de trois secondes pour faire ce qu’il faut, après il sera orphelin.

L’heure a tourné. Il est temps de rentrer. En sortant le silence soudain. Délicieux, béni. Rien que pour cette minute de silence divin, ça vaut le coup d’aller à la pistoche.

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