• Accueil
  • > casting de la nouvelle star 2008

Archive de la catégorie ‘casting de la nouvelle star 2008’

COMMENT JE ME SUIS FAITE DÉGAGER DE LA NOUVELLE STAR EN 8 SECONDES

Dimanche 2 décembre 2007

1• J’y étais. I did it !

Et je suis très déçue. Assez déçue de ne rien pouvoir vous raconter, car en cinq heures là-bas, il ne s’est malheureusement rien passé de terrible !

Mon aventure a commencé la veille. Nous sommes partis à Nantes dans la soirée, j’ai dit aux enfants « c’est un projet familial », ceux à quoi mes trois fils m’ont répondu « un pour tous, tous pour une ». Après une nuit idéale sur le canapé des cousins, réveillée à une heure par l’ainé, à deux heures par les ronflements du mari, à trois heures par le cadet, de quatre à cinq par le dernier, je me suis levée à 6h45, habillée et pommadée (un échantillon crème embellissante et destressante offert par Marionnaud). Mon cœur bat à 130 quand mon mari me dépose devant la file d’attente à 7h32 : il y a déjà une queue de trois cent mètres. Il fait froid. Très vite, je copine avec trois filles derrière moi, une va chanter, les deux autres l’accompagnent. Devant moi une brestoise, venue avec sa mère et sa sœur, levées à trois heures dans la nuit, elle repasse le casting pour la quatrième fois. À ma gauche une morlaisienne, dans un imper argentée et la frange gominée. Plus loin un groupe qui fait beaucoup de bruit (c’est à babord qu’on gueueueueule, qu’on gueueueueule !), la tata, le tonton, la marraine, le frère, le beau-père et la star : Jessica, dont la coiffure et le maquillage laissent penser que y a du proffessionnalisme dans l’air… Déjà une heure de queue et trois mètres de parcourus, quand les caméras approchent. Elles filment cette file d’attente qui n’est que fictive puisque chaque candidat est accompagné d’une ou plusieurs personnes. Pour l’animation deux ou trois poufiasses, avec des airs de vraies garces, font diversion en interrogeant les candidats d’une voix rauque « kes tu chantes toi ? » « t’as prévu aut’chose ? » « faut vous préparer les filles, parce que là-bas ils sont très, très durs… » annoncent-elles sévèrement en mâchant leur chewing-gum, lèvres glossées, mèches colorées et style « j’ai du métier à la télé ». Elles dissimulent en fait des petits micros et évaluent, sans qu’on sans aperçoive notre niveau. C’est quand la brestoise s’est mise à chanter que j’ai su que c’était mort pour moi : une voix magnifique, qui me fait réaliser que je ne lui arrive pas à la cheville. D’autres voix s’élèvent, belles et profondes, faisant taire la file d’attente et comprendre aux autres qu’elles n’ont pas le niveau nécessaire. Et puis une rumeur : aujourd’hui ce ne sont que des auditions, les meilleurs reviendront demain avec le VRAI jury. Aujourd’hui ce ne sont que des « professionnels » qui nous écoutent. Au bout de trois heures je ne sens plus mes doigts de pied, mais j’aperçois l’entrée. Finalement c’est assez reposant sans mouflets dans les pattes, pas de « j’ai faim, j’ai soif, pipi… », pas de hurlements, pas de « il m’a crevé l’œil… Maman ! il veut me couper les doigts avec son baton ! AIIIIIIIYE, salaud, connard, tu vas me le payer !!! ». Non. Je suis un peu vacances. Le jour se lève sur Nantes, il fait 8 degré, il ne pleut pas, je papote, je téléphone, et je n’espère plus grand-chose, le stress est tombé.

2• Je pénètre dans l’arène

Au bout de quatre heures, je rentre dans le hall de l’immeuble. Je remarque que ceux qui chantaient très bien, ainsi que tous ceux qui possèdent un look singulier ont été mis à part, et passent dans une salle qui leur est réservée. Il faut encore attendre. Comme un troupeau de bétail on nous trimballe de couloirs en files d’attente, le personnel est odieux, des pseudo-videurs beuglent « laisser passer ! » « serrer contre le mur ! »; Ah ! ben on est loin de la super ambiance qu’on nous laisse imaginer à la télé, merci du canular bande de truffes ! Il faut signer des papiers, remplir des questionnaires. Je sèche : nom de vos compositeurs préférés… passions… Accroupie dans les chiottes je tente en vain d’appeller ma sœur pour avoir des idées, à « passions » je réponds « sports de glisse » alors que je déteste la montagne (mais ça fait fille qui aime les challenges), et « littérature barroque » (ça fait intello et j’ai une chance sur un million qu’on m’en demande plus sur le sujet). Et puis tout d’un coup on me dit « c’est à vous » et la porte s’ouvre sur un petit box, une lumière aveuglante dans la tronche. Deux mecs en face de moi. Un vrai sketche : droits comme des I, avec des airs puants, un avec le crâne rasé, l’autre (le stagiaire) les cheveux mi-longs, le corps étriqué dans une veste en velours, qui tapotte un bic sur ses genoux. « Vous allez chanter quoi ? » interroge le grand chauve. Je tremble un peu et réponds « New Soul » de Yaël Naim. Il fait « Mmmmhum ». J’entonne, c’est une catastrophe. La situation se renverse contre moi, ma prestation est nulle, les paroles s’envolent et j’ai envie de rire… Une envie de rire comme je n’en ai pas eu depuis longtemps, je m’étrangle à la fin de mes phrases, je glousse en terminant ma chanson. La fristouille stagiaire prend un air de demi-dieu de l’écran, hausse les sourcils, je sens qu’il a honte pour moi. Le chauve soupire, pose un coude sur la table, ça ne le fait même pas sourire, il me demande « c’est tout ? ». Là, histoire de passer à la télé, j’ai interprété un petit Jane Birkin, digne de ce nom. La fille en violet qui chante « la ballade de Johny Jane » en fermant les yeux, c’est moi ! Le boss en a vraiment marre, il se racle la gorge excédé et tranche la question avec un « BON. Le niveau n’est pas suffisant ». Le stagiaire fait une bouche en cul de poule et cligne des yeux derrière ses lunettes rectangulaires tout en adoptant une mine précieuse. Je suis ravie de ma prestation, ravie de l’avoir fait. Je prends mon gros sac fushia, mon manteau rose et je sors. J’entends des applaudissements : un rouquin sort d’une salle avec un passeport pour la suite.

Il me faut cinq heures de moins qu’à l’aller pour ressortir de l’immeuble. Je rigole encore de la tête des deux mecs qui m’ont trouvée tellement nulle et qui m’ont oubliée dans la seconde. Je manque de me faire écraser par un tramway et décide de recommencer l’année prochaine, parce que dans l’ensemble, j’ai adoré !

Cependant je sais maintenant que le jury, le vrai, n’auditionne qu’une trentaine de candidats par ville, et que sur les sept villes, une centaine de candidats seulement ira à Paris. Et j’ai appris aussi que les nazs qu’on nous montre, ceux qui chantent « Goldorak » ou « À la queue leu leu » ne sont rien d’autres que… des acteurs…!

Casting de la nouvelle star

Vendredi 23 novembre 2007

Voilà. C’est fait. Je me suis inscrite au Casting de La Nouvelle Star 2008. Comme ça j’aurai un truc à raconter sur mon blog.

« Parce que tu chantes ????? » m’a demandé Mumu ahurie. Ben je chante… comme je nage. Un peu d’apnée, deux-trois brasses, en tout cas je ne coule pas. « Pour la chanson c’est pareil » lui ai-je répondu. Depuis une semaine je répète. Je me suis installé un petit studio dans la buanderie. Je pose mon poste radio sur la planche à repasser, je prends mon portable dans la main droite en guise de micro, je porte un casque anti-bruit-spécial-tondeuse (dans les clips on voit souvent les stars avec un casque dans les studios d’enregistrement) et je chante. Mon mari est jaloux : quand je raconte mes projets musicaux dans les dîners je lui pique la vedette. Alors il fait tout son possible pour saborder mes interprétations. Dès que je chante, il m’interrompt, il dit « c’est naz  » « c’est faux » « tout le monde va se foutre de ta gueule ». Même si je lui hurle « tu DÉGAGES !!!! » , je dois reconnaître qu’il n’a pas tout à fait tort… Mon « Divinidylle » dérape dans les aigus, mon déhanché laisse à désirer, je serai la plus veille du casting (interdit de participer si on est né avant 1974). Et en face de moi j’aurai un mur. Un mur de grandes tiges blondes, qui répète du R’nB toute la journée dans la cage d’escalier de leur HLM en prenant des mines de petites timorées brisées par la vie.

Moi j’hésite dans ma conduite à tenir. Est-ce que je vais me la jouer jeune et cool ? C’est hyper risqué avec mon mari et mes trois mouflets qui hurleront dans la file d’attente. D’ailleurs je ne sais pas combien de temps je vais devoir poireauter, y a marqué « prévoir un pique-nique ». Ou alors je me la joue « bande de petites connes, moi j’ai connu le bloc opératoire pour pondre mes trois gosses, alors c’est pas ça qui va m’atteindre ». Je ne sais pas encore… Il faut que j’y réfléchisse. Mumu me conseille « d’être moi-même », quel cerveau !

En tout cas j’ai RDV le 1er décembre à 8h00 à Nantes. Le 2 je pourrai vous raconter comment le jury m’a interrompue avec un franc « merci beaucoup » qui voulait dire « dégage la grosse, va torcher tes gosses et finir ton repassage ». Enfin le 2 j’aurai autre chose à raconter que mon plein de bouffe !