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Archive pour février 2012

Du riz, des algues et du nutella

Samedi 4 février 2012

Depuis que mon mari tient un restaurant, je me suis prise d’une affection particulière pour les clientes d’une certaine envergure.

Parce que tout leur fait plaisir, parce qu’elles sont contentes d’être là, parce qu’elles sont dans leur élément et parce que tout cela fait d’elles des clientes agréables.
Car rien n’est plus pénible à voir qu’une maigre qui chipote, qui fait la tronche, qui demande du thé, de l’eau, du thé, de la soupe, et un café (et les toilettes of course, parce qu’elle aime éliminer, c’est un peu son but de la journée). La cliente qui a de l’embonpoint prend son temps, salive devant la carte, sourit quand on lui apporte les plats, fait des commentaires plaisants « ouh ouh ouh !!! je sens que je vais me régaler !! », bref elle est de bon poil et on aurait presque envie de lui chuchoter qu’ici les groses sont les reines, mais ça ne se fait pas. Pendant ce temps, la maigre boit du liquide chaud (la maigre est chiante elle a le museau tout le temps froid) et précise qu’elle ne veut pas de sauce sucrée, parce que si un jour elle pète dans son 36, on sent qu’elle reviendra tous nous achever à coup de balance electronique. Devant son assiette, la maigre s’interroge et tourne le problème calorique dans tous les sens, se demandant sur quels aliments il faut qu’elle mise et ceux dont il faut qu’elle se sépare à tout prix. Quelques tables plus loin, confortablement calée sur une banquette, la ronde en redemande, dit qu’elle a trouvé ça succulent, qu’elle vient de loin et qu’elle goûterait bien ce qu’on lui montre à la page 12 du menu. La maigre a déjà levé le doigt pour avoir un café et l’addition, elle a laissé son bol de riz parce que « ça faisait un petit peu trop », on s’excuse, et puis de rien de la part des somaliens, et de rien de ma part aussi qui ait, ce matin avec l’équipe, porté à bout de bras une tonne de riz en paquet de 20 kg, du trottoir jusqu’à la cuisine. Quand la maigre quitte les lieux avec un petit rototo algues/thévert, la ronde attaque les desserts avec grâce. Elle profite de ce moment de paix, pendant lequel personne ne lui chuchottera « Ttttttt, Jess… le moelleux chocolat caramel beurre salé c’est moyen moyen pour le deux pièces… ». Elle est contente, elle nous fait plaisir, on sent que ce serait une copine terrible de carambars.

Bref, j’aime mieux les grosses.