Archive pour août 2011

dis quand tu dan-ances… à quoi tu pen-enses ?

Mardi 30 août 2011

C’est Icare, issu de la Nouvelle Star en 2008,  qui pose cette judicieuse question dans son clip, clip un peu cheap au niveau du décor et un peu modeste au niveau des effets de colorisation RVB sur les T-Shirts Queshuo, mais clip néanmoins astucieux puisque le chanteur prend un bain de nichons tressautants tout en poussant l’allitération en sssssssss jusqu’au bout, alors qu’il possède un léger zozotement : je kiffe. Mais il faut lui répondre… alors voilà à quoi je pen-ense…

…je pense aux longues plages de silence qui m’attendent après-demain, je pense que je vais pouvoir marcher seule dans la rue sans personne qui m’écrase les doigts de pied à coup de pelle ou qui hurle je veux une glaaaaaaace, une glaaaace Maaaaman, OUAHHH BBBOUAAAHhhhAAOU une glAAAAce !!! je pense à ce petit café qui m’attend, seul, qui ne me parlera pas, qui ne me dira pas au saut du lit « dis-donc tes enfants… ils mangent RIEN, ils se tiennent comme des cochons, ils ont écrasés les fleurs en jouant du ballon, ils aiment la choucroute ou pas ? faudrait leur couper les cheveux, leur faire réviser leurs maths, les emmener se baigner, leur dire non, leur dire oui, leur dire non une bonne fois pour doute, leur dire que oui c’est oui et non c’est non, ben pourquoi tu leur as dit non alors que je leur avais dit oui ? », je pense à mes ongles, qui seront, l’espace de quelques heures propres et sans nutella, à ce Elle que je pourrai lire sans recevoir une bourrasque de sable dans la gueule, à ce granola que je vais pouvoir croquer sans le partager en cinq jusqu’à ce qu’il s’émiette dans mon maillot, je trépigne d’impatience à l’idée de mâter seule les infos et j’ai le mot « cantine » qui résonne en moi et me plonge dans l’émerveillement…

…voilà Icare, je pense à mes tympans et au Rose Insolent n°489 de chez Chanel.

Comme quoi la vie vaut d’être vécue.

Déménagement

Jeudi 4 août 2011

Ça y est ! On a déménagé ! Et même si j’ai laissé la crème de la copine dans le 35, je vous avouerais que c’est avec un réel soulagement que j’ai quitté la Bretagne. Sur la rocade (le périph’ en Province) j’avais des ailes, j’ai cru que mon CMax s’envolait et qu’avec le chien et le cochon d’Inde dans le coffre, au milieu des balais brosse et des maillots de bain, on allait péter le mur du son.
On a eu du mal à trouver une habitation à Tours. On a visité des trucs grotesques et j’ai vu le moment où j’hésitais entre un petit pavillon de banlieu en papier mâché ou un vieil appartement qui sentait le chat, habité par deux femmes aux mœurs cheloux, ma sœur vous dira que je m’arrête à des détails débiles… Au final tout s’est bien terminé, dans le tufau et en plein centre.

Bref on a réussi à changer de vie et on est drôlement content. Chéri, qui ne supportait plus sa vie de commercial, a ouvert un resto, c’était son rêve. Et comme mon beauf ne supportait plus sa vie de banquier, ils se sont associés. Ensuite il a fallu trouver une ville et nous mettre tous d’accord. Moi j’ai dit que la Bretagne c’était fini merci, la flotte et le purin ça va bien, ma sœur a dit qu’elle n’irait jamais dans le Nord rapport à Fourniret, Chéri a dit que l’Est il le sentait moyen-moyen depuis Verdun et mon beauf a dit que le Sud ça ne le branchait pas, la mafia, les plages bondées tout ça.  C’est sûr qu’on est assez basique dans la famille. Ma sœur voulait un endroit pour mettre son cheval et moi je voulais me rapprocher de Paris à tout prix. Ce que femme veut, Dieu le veut : on a posé une option à Tours et nos mecs se sont lancés dans le sushi. Je dois vous dire qu’on s’éclate dans le maki, dans un décor ultra kawaï. Notre voiture est couverte d’écailles roses fluo et possède un aileron sur le toit, la semaine dernière je faisais ma maline dedans jusqu’à ce que je me prenne l’artère principale de Tours en sens interdit, j’avais l’air drôlement con.
Tous ces projets ont donné lieu à deux phrases types que j’ai entendues à peu près huit cents fois. À savoir « Bon ben… y a plus qu’à vous souhaiter plein de sushis…sans soucis, hin ! », mais comme le client est roi on se force à exploser de rire à chaque fois en disant « Ah ! Ah ! Très très bon !!! », et l’autre « Tours, c’est sympa, y a les châteaux de la Loire à visiter », comme si le pique-nique à Azay-le-Rideau constituait une vie en soi. Avec ma sœur, comme on est bien élevées on répond « oui, je crois que Chenonceau c’est fabuleux » mais en vrai depuis qu’on est arrivées on passe notre life chez Ikéa.

Le week-end dernier nous avons emménagé. Ça s’est bien passé. J’ai cru que j’allais péter un cable quand les enfants on ouvert au milieu des 130 cartons la boîte de Warhamers (mille figurines de trois centimètres à peindre dans le calme et de façon très ordonnée) et j’ai eu envie de divorcer quand à minuit, déballant le 120ème carton, Chéri chantonnait  » Allez viens boire un p’tit coup à la maison, y a Gillou avec son p’tit accordéon… », faut dire qu’il l’avait entonnée dès le matin.

Voilà les gars, je me casse en vacances, espérant dégainer ma super crème solaire achetée en mai quand on me promettait, je cite « un été caniculaire, pire qu’en 76 » espérant ainsi me gâcher les deux semaines de soleil que j’attendais, pauvre de moi, depuis six ans dans l’Ile et Vilaine. Je vous en roule une, parce que je suis de bonne humeur. Bonnes vacances à tous et n’oubliez pas… dans quatre mois c’est Noël !