Archive pour avril 2011

Poils blancs, la mort au tournant…

Dimanche 3 avril 2011

J’ai le regret de vous annoncer
que j’ai quelques cheveux blancs
depuis environ deux mois.

Enfin vous, ça va pas changer votre life. Moi si. Car je vais devoir les teindre pour me mentir à moi-même et donc, nécessairement, aller chez le coiffeur car je suis incapable de faire ça toute seule. Aller dans un salon de coiffure relève pour moi du défi : je déteste qu’on s’occupe de mon système capillaire.

Et si on commence à parler de poils, je préfère encore aller chez le gynecologue. Le gyneco a bac + 10 et on peut lui poser toutes les questions les plus saugrenues, il aura toujours une réponse. Le gyneco est rarement alarmiste et souvent rassurant. Le gyneco fait des efforts pour détendre l’atmosphère et lui au moins, il a de la conversation. Le gyneco en plus, et surtout, demeure un mystère. On se demande toujours comment il en est arrivé là, si il rêve de faire ce métier depuis qu’il est tout petit, si OUI ou NON il regarde la forme et la couleur de notre culotte, si OUI ou NON il se fiche qu’on soit épilée, à qui il est marié, si c’est quelqu’un de sérieux, si il rigole dans sa tête avec des jeux de mots foireux « elle… elle a un gros balais dans le cul hé hé hé » si, le WE il ressasse ses problèmes de bureau (la foune à Madame Judon, le fion d’Agathe Le Grisou, les hémorroïdes de Sandra Kulouchok) et si il peut en parler à ses copains pendant les barbecues « j’ai un souci au taf : une de mes patientes a tout le bazard qui dégringole…, tu sais pas quoi , j’ai une cliente qui porte des string en croco » etc…. À quoi il rêve la nuit et est-ce qu’il s’endort avec des images de foufounes qui défilent, à force d’en voir une toutes les demi-heure au moins. Même la salle d’attente est bourrée d’intrigues, il y a toujours un couillon pour accompagner bobonne faire son échographie, toujours une primipare qui se caresse le ventre l’air idiot et toujours des petits paquets de pub qui trainent et qu’il ne faut jamais lire, car ils traitent de problèmes dont on ignorait l’existence et qui foutent la pétoche.

Chez le coiffeur c’est différent. J’ai envie de tuer tout le monde à coup de rasoir électrique et surtout, quand la coiffeuse commence à me parler je suis à deux doigts de lui enfoncer son peigne dans le gosier. Elle ignore le monstre sanguinaire qui sommeille en moi et se réveille à l’instant où je m’assied et qu’elle commence à me poser des questions « alooooors, qu’est-ce qu’on fèèèèèèè ? ». Elle me tripote les cheveux, moi qui déteste ça, elle se permet de commenter la nature de ces derniers et surtout, surtout, même bien brieffée, elle va s’octroyer quelques libertés créatrices au nom de son bon goût de coiffeuse-visagiste, persuadée d’avoir du talent, si c’est la patronne t’es mort. Et puis, non contente de faire croire qu’elle a de l’or dans les mains, la coiffeuse adore les considérations médicales un peu flippantes : « et qu’est-ce qui va se passer si on ne fait rien ? la pointe se déssèche, entrainant la perte de vigueur du cuir et ainsi la chute de la capilosité para-keratinique, c’est pour cela que je vous recommande le spray vitaminé à 68 euros ». Elle va me proposer de la « lecture » (Voici-Paris-Match-Gala) pour tenter de détourner mon attention et puis, forcément, elle va se mettre à faire la conversation. Et forcément, elle va me faire pitié et je vais me sentir obliger de lui répondre. Va falloir se forcer à trouver des phrases cons « c’est sûr que les garçons et les filles… c’est pas pareils… », « c’est sûr que quand il fait beau, tout est facile », « c’est sûr que l’heure, ça tourne vite ». Ça peut me rendre facilement dingue et rapidement agressive. Je dé-tes-te aller AU coiffeur.

C’est sûr que, les cheveux blancs, c’est du souci…