What else ?

Des fois avec ma Mémé on va chez Nespresso, avenue Victor Hugo, elle me paye mes capsules, elle a pitié de moi parce qu’en ce moment, faute de moyen,  je bois du café ordinaire.

On adore cette petite ballade qui nous fait traverser l’avenue Foch pour remonter doucement l’avenue Malakoff, on répète cent fois « Ouhhh… mais qu’est-ce qui fait froid !! », c’est un bon moment et on rigole bien toutes les deux. On regarde les joggeuses, des petites joueuses essoufflées au cul flasque, qui font surtout prendre l’air à leur I-pod et on bitche à mort toutes les deux. On passe en revue toute la famille et tout le monde en prend pour son grade, à chaque début de phrase on dit « ça reste entre nous hein ! », c’est super, on ne rate personne, on rit aux larmes. Ensuite, le moment que je préfère c’est quand on rentre chez Nespresso, parce que la séance commence et qu’on sent qu’ici, le ridicule n’a jamais tué personne. Quand on ouvre la porte il y a une employée payée exclusivement pour dire « vous pouvez avancer par ici s’il vous plait », elle me fait pitié, elle doit se faire chier comme personne, elle regarde en moyenne sa montre toutes les dix minutes. Systématiquement elle demande à ma Mémé « vous désirez vous assoir Madame ? » et systématiquement elle se prend un vent « Merci mais je suis encore capable de marcher ! », on se fait un clin d’œil complice. Dans la queue qui ne dure jamais moins de vingt-cinq minutes (ne me demandez pas pourquoi, c’est LE secret de Nespresso), il y a toujours une ou deux dames très chics avec sac Vuitton et lourds manteaux de fourrure, des blondes super belles avec des Cavaliers King Charles en laisse Hermes, des vieilles maculées de Terra Cota, la peau tirée, la lèvres gonflée et tartinée de gloss orangé, qui font genre « je suis super pressée, j’ai ma Mini garée en double file » et qui, de fait, bloquent une partie de l’avenue, et il y a Mémé qui sympathise avec toutes. Elle souffle, puis elle dit que c’est du luxe Nespresso, surtout en ce moment où tout le monde est obligé de faire attention. La dame au sac Vuitton se retourne et acquiesce tristement, elle répond que oui, en ce moment la vie est difficile. La dame tirée et ramonée hausse le sourcil en disant qu’elle est « assassinée de taxes en tout genre » et la bombe avec son manteau en laine retournée ne dit rien, elle pense surtout au nombre de capsules qu’il faudra prendre pour Mégève.

Quand c’est notre tour, on dirait qu’on avance pour recevoir une distinction. Les vendeurs en font des kilos, ils nous demandent si on connait le « Galuccio Santo Rosso de Guada Lumpa un arôme subtilement épicé et délicatement aromatisé d’une fragance légère dûe à sa culture sur les hauts plateaux de la Cordillera, vous verrez c’est délicieux », un vrai remake des Cités d’Or, je suis sûre qu’ils font un concours de celui qui dira le plus de conneries, ils sont hyper forts mais ils doivent être fatigués à la fin de la journée. Moi je les plains quand même, ils sont payés 6,95 euros net de l’heure et ils ont des primes minables. Mais bon, j’adore cette virée chez Nespresso, car ici on sent que le luxe flirte avec la misère, et j’aime ce contraste. Bref, mes capsules sont pleine d’histoires et c’est surtout pour ça que je les apprécie. Parce que George il est bien gentil mais il est plus tout jeune…

10 Réponses à “What else ?”

  1. Anne dit :

    Alors savoure-les, et à grandes doses !! ;-) )

    Le contraste, en effet on le sent BIEN à la caisse !!!!!!

  2. Julay dit :

    Connais pas… certainement parce que c’est un quartier que je fuis comme la peste ET parce que je ne bois pas du tout de café… !
    Ca c’est peut être la raison principale d’ailleurs… ^^

  3. virginie dit :

    Quand j’entre chez Nespresso (le mien c’est rue Bonaparte), j’ai l’impression de monter dans un avion… stewarts, hotesses, c’est un peu ridicule tout ça, je sais pas si c’est vraiment du luxe …
    C’est peut-être justement le contraste que tu décris qui met si mal à l’aise.

  4. Leocadie dit :

    N’empêche que c’est encore Georges que je préfère chez Nespresso…et la boutique de Nouméa parce qu’elle est comme tout ici: tout comme partout et rien comme ailleurs ….

  5. Leocadie dit :

    Quand tu penses qu’ici on est passé direct de Nescafé soluble à Nespresso sans passer par la case percolateur à domicile avec le café qu’on a du mal à doser , trop tassé il est trop fort , pas assez il est dégueu… on se dit qu’on doit bien un cierge à Georges!

  6. Stéphanie dit :

    Savoureux ce post mais ce café PARDON ?! Tout sauf écolo, branchouille et faussement luxueux. J’adore le café et ici c’est robot-café : tu choisis ton café en grain bio ou pas, équitable ou non, tu n’es pas limité par les choix de mr What else !! moulu uniquement à la tasse donc frais et dosé par la machine
    Le luxe ? boire un bon café excellent sans pourrir la planète, choisir d’en profiter pour qu’il n’est ni pesticide et qu’il profite aux petits producteurs…
    Oui je sais je m’emballe… mais je déteste cette mode de capsules en tout genre : les emballages !!!!

  7. Nath46 dit :

    Moi aussi, des capsules ou de Georges, mon choix est tout fait ! Et puis, son grand âge-au regard du mien- me fait rajeunir !!!
    Il est TROP BEAU Georgio !

  8. orelylyly dit :

    t’as raison, ils devraient mettre Robert Pattinson à la place du vieux beau qui doit souffrir de la prostate

  9. liliba dit :

    Moins de mamies hermèsées à la boutique de Lille, mais la même inamabilité… ça doit être ça, le chic !

  10. tasoeur dit :

    pas mal ma vieille! tout Mounette

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