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Archive pour décembre 2010

Noël arrive… chapître 1

Lundi 13 décembre 2010

Les 5 commandements pour de bonnes fêtes dans votre belle-famille :

  • Tu ne critiqueras pas la bouffe, sujet sensible au cœur du débat. Oui, cette bûche choco-mangue est à vomir, mais souviens-toi du dicton russe « tant va la bûche à l’eau qu’elle se brise ». Donc ne dis rien mais prends le droit de ne pas finir.
  • Tu éviteras toute comparaison avec ta propre famille. Pas de « C’est marrant de s’offrir des nougats… nous vraiment c’est un truc qu’on évite de faire : on a peur que ça fasse maison de retraite ! »
  • Tu ne toucheras pas à la déco du sapin, même s’il est en plastique. Ils ont leurs pratiques et la déco c’est perso. Donc tu la boucleras aussi devant la crèche en coquillage ramenée de la Guadeloupe par Pauline en 92. Ils y tiennent.
  • Tu n’aborderas surtout pas de sujets un peu chauds, genre politique ou religion, si tu veux parler de la peine de mort avec ton beauf, tu profiteras d’un moment calme l’été prochain. Tu remettras à demain ce genre de choses, en attendant il y a la purée de marrons qui crame et ça, c’est pas drôle.
  • Tu ne leur parleras pas de toutes les tares dont tes enfants ont hérité et qui viennent de LEUR côté : oui, ils sont tous myopes, allergiques aux crustacés et fans de karaoké, mais en ce soir de Noël tu leur pardonneras.

    Demain on rentrera dans le vif du sujet. Soyez prêts… (be ready)

Je crois que j’ai grandi…

Mardi 7 décembre 2010

Ou plutôt que je viens de me prendre un aller-retour dans ma gueule. J’ai pris deux rides dans le front en une journée, je ferais mieux d’arrêter de faire les sorties du collège, c’est ultra mauvais pour mon teint et ma peau.

Premièrement hier j’ai bien vu qu’il y a une petite blonde qui parle à mon fils et qui ne le laisse pas insensible. Comme je sais tout, je sais qu’elle aurait dit à la mère d’Océane qui est copine avec la mère de Samira qui elle-même bosse dans une boutique que je fréquente, qu’elle trouvait mon fils « trop beau ». Elle pensait me faire plaisir : elle m’a plongée dans une panique totale. Ça fait deux fois que je la surprend en train de lui parler, remettant ses cheveux en arrière tout en émettant un petit rire cristallin, et ça fait deux fois que mon fils lui sourit un peu gêné mais content. Ça me ravage… si un jour je vois mon fils embrasser une fille je suis sûre de mourir d’un arrêt cardiaque (au mieux) ou (au pire) de sombrer dans l’alcool dans une robe de chambre polaire et devant Qui veut épouser mon fils.

Deuxièmement, AUJOURD’HUI 13h40, je le raccompagne à l’école (pour l’explication c’est pas que ça m’amuse mais il a eu huit points de suture au pied en bricolant avec son père-no comment merci-) et là je vois le fils ainé d’une copine qui fume. Accessoirement j’en ai rien à cirer (ça pourra juste me faire sourire la prochaine fois qu’elle m’expliquera que ses enfants ne savent même pas ce que c’est qu’une clope) sauf qu’en me reconnaissant il a roulé des yeux, pincé les lèvres, retenu toute la fumée dans sa bouche et planqué sa cigarette derrière son Diesel. Genre : je suis vieille, je suis choquée et je suis une balance…

Toutes ces épreuves vont me couter une blinde en bottox.

What else ?

Mercredi 1 décembre 2010

Des fois avec ma Mémé on va chez Nespresso, avenue Victor Hugo, elle me paye mes capsules, elle a pitié de moi parce qu’en ce moment, faute de moyen,  je bois du café ordinaire.

On adore cette petite ballade qui nous fait traverser l’avenue Foch pour remonter doucement l’avenue Malakoff, on répète cent fois « Ouhhh… mais qu’est-ce qui fait froid !! », c’est un bon moment et on rigole bien toutes les deux. On regarde les joggeuses, des petites joueuses essoufflées au cul flasque, qui font surtout prendre l’air à leur I-pod et on bitche à mort toutes les deux. On passe en revue toute la famille et tout le monde en prend pour son grade, à chaque début de phrase on dit « ça reste entre nous hein ! », c’est super, on ne rate personne, on rit aux larmes. Ensuite, le moment que je préfère c’est quand on rentre chez Nespresso, parce que la séance commence et qu’on sent qu’ici, le ridicule n’a jamais tué personne. Quand on ouvre la porte il y a une employée payée exclusivement pour dire « vous pouvez avancer par ici s’il vous plait », elle me fait pitié, elle doit se faire chier comme personne, elle regarde en moyenne sa montre toutes les dix minutes. Systématiquement elle demande à ma Mémé « vous désirez vous assoir Madame ? » et systématiquement elle se prend un vent « Merci mais je suis encore capable de marcher ! », on se fait un clin d’œil complice. Dans la queue qui ne dure jamais moins de vingt-cinq minutes (ne me demandez pas pourquoi, c’est LE secret de Nespresso), il y a toujours une ou deux dames très chics avec sac Vuitton et lourds manteaux de fourrure, des blondes super belles avec des Cavaliers King Charles en laisse Hermes, des vieilles maculées de Terra Cota, la peau tirée, la lèvres gonflée et tartinée de gloss orangé, qui font genre « je suis super pressée, j’ai ma Mini garée en double file » et qui, de fait, bloquent une partie de l’avenue, et il y a Mémé qui sympathise avec toutes. Elle souffle, puis elle dit que c’est du luxe Nespresso, surtout en ce moment où tout le monde est obligé de faire attention. La dame au sac Vuitton se retourne et acquiesce tristement, elle répond que oui, en ce moment la vie est difficile. La dame tirée et ramonée hausse le sourcil en disant qu’elle est « assassinée de taxes en tout genre » et la bombe avec son manteau en laine retournée ne dit rien, elle pense surtout au nombre de capsules qu’il faudra prendre pour Mégève.

Quand c’est notre tour, on dirait qu’on avance pour recevoir une distinction. Les vendeurs en font des kilos, ils nous demandent si on connait le « Galuccio Santo Rosso de Guada Lumpa un arôme subtilement épicé et délicatement aromatisé d’une fragance légère dûe à sa culture sur les hauts plateaux de la Cordillera, vous verrez c’est délicieux », un vrai remake des Cités d’Or, je suis sûre qu’ils font un concours de celui qui dira le plus de conneries, ils sont hyper forts mais ils doivent être fatigués à la fin de la journée. Moi je les plains quand même, ils sont payés 6,95 euros net de l’heure et ils ont des primes minables. Mais bon, j’adore cette virée chez Nespresso, car ici on sent que le luxe flirte avec la misère, et j’aime ce contraste. Bref, mes capsules sont pleine d’histoires et c’est surtout pour ça que je les apprécie. Parce que George il est bien gentil mais il est plus tout jeune…