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Archive pour novembre 2010

Je les hais…

Mardi 16 novembre 2010

Tous…

Avec leur sales gueules de travers et leurs faux airs de cons © ( Attention je précise que j’emprunte cette expression à Jessica, de Pekin Express).

Dès que je vois une image d’eux, je la déchire. Une figurine qui traine ? Je l’extermine. Les posters je les brûle, les peluches je les éventre. Tout cela dans un silence de mort afin de n’éveiller aucun soupçon. Leur chef c’est une grosse pourriture jaune qui pousse des hurlements et qui a toujours les bras écartés, j’ai envie de l’atomiser. Salamèche je l’ai coupé en deux avec mes ciseaux de cuisine, Ouisticram et Torterra sont partis au chiottes, et Ceriflor ne sera jamais Tritosor parce que je l’ai balançé aux ordures. Oui, entre eux et moi c’est une bataille cruelle et semée d’embûches. Ah ! ils tremblent lorsque je les attrape, Pikatchu se chie dessus et Terakion a les ch’tons, c’est normal je les traque.

Je maîtrise bien les codes de cette société. Je l’ai examinée de près, car pour bien combattre son ennemi, il faut le connaître. Je sais la façon dont ils évoluent, leurs règles et leurs plans d’attaque. Maintenant la guerre est déclarée. Car ils ont pris possession de ma maison et qu’ils sont en train de me bousiller le décor. Leur support papier est bleu, justement je déteste le bleu. Je les ai tous enfermés dans une grosse boîte et j’ai prévenu que tous ceux qui en sortiraient seraient broyés. Je suis Pokemophobe et j’assume…

Les pétroleuses N°1

Dimanche 14 novembre 2010

Je dis pas ça parce que j’ai écrit dedans mais ce magazine… quel petit bijou !! Donc, voilà si tu veux oublier qu’on est en novembre, tu peux aller au kiosque et demander Les Pétroleuses. J’ai pu raconter comment on attrapait de l’herpes, comment j’avais supporté une jeune fille au pair ultra sexy et totalement névrosée et des tas de trucs glamour, comme je sais les faire.

Bye bye !image006.jpg

Le Purgatoire

Mercredi 10 novembre 2010

Si le Purgatoire existe alors il ressemble à une soirée avec les devoirs du soir. Plein de devoirs du soir, dans toutes les matières avec trois enfants que rien n’atteint et qui basculent dans un monde parallèle à partir du moment où on leur pose cette question qui vous brûle l’œsophage « t’as beaucoup de devoirs pour demain ? ». Une question posée après avoir fait inspiration-expiration trois fois dans le couloir, une question qu’on pose avec un sourire hyper forcé et très décontracté, une question à laquelle ils répondront forcément « presque rien… » pour vous faire une fausse joie, bande de fourbes…

Le Purgatoire serait cette soirée sans fin où on verrait resurgir de vieux démons qui s’appelleraient Massif Central et Bassin Aquitain. Une soirée où on répèterait plus de mille fois « Hello what’s your name ? », « My name is Sam and you , what’s your name ? ». Une soirée où on pèterait les cables « Racine carrée de 49 c’est 9 ? Tu me prends pour une conne ? HEIN ??? ». Une soirée où on se dit qu’on s’en sortira jamais, que les poêmes sont de plus en plus cons, que Baudelaire est mis au placard pour des gros naz qui s’essayent à quelques vers pourris– elle est où ta gomme maintenant ?– une soirée où on s’aperçoit qu’aucun ici ne fera JAMAIS polytechnique parce qu’ils sont TOUS en difficulté, parce qu’ils sont tous aussi NULS que leurs parents. Car force est de constater que la paresse c’est génétique. Une soirée où on pourrait buter tous ceux qui téléphonent « helloooooo !!! on est toutes en train de boire un pot chez Sissi et on pensait à toi !!! et prrffff… tu sais pas quoi… prrrffff… on était en train de se demander comment il s’appelait le mec là…le petit avec qui tu sortais en Term… mais siiiiiiiii … Bichette elle dit qu’il avait une cravate le livre de la Jungle… hi ! hi ! hi ! excuse-nous on est un peu pétées !! tu fais la gueule ? on te dérange ? ». Une soirée où même si tu veux en finir avec la vie tu n’as que de l’Advil en suspension buvable dans ton placard -ramasse ton effaceur et arrête de machouiller le bouchon- une soirée où tu découvres un petit mot coincé entre le classeur de techno et la raquette de bagmington « Il serait temps que nos nous rencontrions afin de parler des résultats de votre fils », une soirée où tu préfèrerais faire deux heures de rameur plutôt que te cogner une demi-page d’éducation civique.

Le Purgatoire ça doit un peu ressembler à ça.

Si.

On a détesté les scouts

Lundi 1 novembre 2010

On a détesté les scouts, je sais : ça fait pas très chic d’écrire ça, ça fait un peu genre « je scie la branche sur laquelle je suis assise ». C’est comme de dire qu’on aime pas la Bretagne. C’est finalement assez tabou, vu que c’est une région merveilleuse, humide, grise et glacée. Ben pour les scouts c’est pareil.

Chéri répétait qu’il s’était éclaté pendant plus de dix ans chez eux, nos potes étaient routiers jusqu’à pas d’âge, nos copines encadraient les louveteaux l’été. Tout le monde a aimé le scoutisme. Sauf moi : petite, j’ai tenu une semaine. Une semaine pour me rendre compte qu’il fallait encore une fois, obéir, obéir et encore obéir. Et quand on avait le temps et qu’on avait bien obéi, on pouvait aussi rendre service, ce qui était l’éclate totale. Mais ne critiquons pas, je suis, une fois de plus, la seule à avoir détesté. Bref, je me suis mise sur une liste d’attente longue comme ta cuisse et on m’a un jour appelée pour m’annoncer qu’une place s’était libérée. On nous a dit qu’on avait du bol, qu’on était drôlement vernis, que Pfiou! ici c’est impossible d’avoir une place. Du coup, on était contents, on s’est équipés comme des cons, on a pris de la vaisselle en alu, des sacs de randonnées, une carte fidélité chez Décathlon, un béret, des insignes qu’on s’est fait chier à coudre en suivant parfaitement le schéma donné par la dame bénévole, on s’est cassé pour tout comprendre le vocabulaire « munissez vous d’un quart et n’oubliez pas votre Mowgli », au sein du groupe y avait pas grand monde pour nous aider du coup on a sollicité les vieux potes, bref on a suivi les consignes, chose qu’on refuse de faire habituellement. On a été plutôt dociles sur ce coup-là.

On était les nouveaux. Toutes les dames s’approchaient de moi avec des yeux ronds et me demandaient, du chamallow plein la bouche « ben !!! qu’ech tu fais là ? Ch’est diiiiingue ! T’as eu une place ?? Ch’est incrôôyable ! T’as un bol diinngue ! Ton fils va être avec Paul-Tancrède, c’est un sizennier hyperrrrr dynamique ! ». On ne comprenait rien mais on a essayé de jouer le jeu. On a dit « Bonjour Akela, oui bien sûr je ferai huit cakes pour le goûter de samedi », on a fait des cakes, on était à deux doigts de coller un auto-collant sur le pare-brise arrière, mais les enfants ont refusé, ils ont nous expliqué un soir qu’ils détestaient les scouts… Je sais c’est diiingue !!! On a dit « mais c’est impossible : tous les garçons s’éclatent aux scouts ! Regarde ton père !! Regarde l’Oncle René comme il a l’air intelligent lorsqu’il revêt son vieil uniforme pour lever les couleurs dans son jardin !! » Ils ont dit qu’ils trouvaient ça totalement débile d’appeler des garçons comme les animaux du Livre de la Jungle, nous on a répondu que c’était plutôt rigolo. On l’a joué discours pédagogique : « c’est quand même extra comme principe ! Quand tu écoutes Baden-Powell c’était quand même un chouette type ! ». On le pensait vraiment mais c’était peine perdue. Pourtant on s’est investi, on a préparé les promesses, on a participé « et ça ? hein ? c’est quoi comme branche ? Louis-Henri je te parle ! C’est un noizz… un noisetttt… noisetier ! Bravo, avec cela tu peux confectionner un… un… arrr… un arc ! », on a trouvé un sac de couchage avec matelas gonflable intégré qu’on s’est entrainé à déplier et redéplier toute une soirée. L’ainé continuait de geindre : « j’aime pas les scouts ! On fait que prier et obéir tout le temps ! » Une fois on a essayé de gruger le réglement pendant un week-end : on a caché des Mars au fond de son sac, mais les autres ont tout cafté, Akela a dit c’est INTERDIT et Chill (qui était mon préféré) a souri gentiment. On était fier quand il partait avec les autres, il était mignon avec son uniforme, on se disait qu’on préférait le savoir aux scouts plutôt qu’à l’anniversaire de Mikaël au bowling. Mais lui, notre fils, il était furieux, il faisait exprès de faire dépasser les pans de sa chemise pour nous contrarier.

Quand il est parti en camp c’était dramatique, il a dit qu’il irait jamais de sa vie faire popo dans un trou, on a menti et on a répondu »pourtant… c’est vachement sympa comme principe, je ne vois pas ce qui te gêne… », il a dit que son sizennier était un sale con et que sa tente prenait l’eau, que parce qu’il était le dernier arrivé les autres lui donnaient des ordres, on savait que c’était vrai mais on a attendu la fin du camp. La fin n’est jamais arrivée car le chef m’a appelée pour que je vienne le chercher. Ça c’était super mal passé : son sizennier lui avait promis de le tabasser sous la tente le dernier soir en guise de bienvenu. Ma belle-mère m’a avoué que son fils s’était fait viré des scouts pour avoir collé une claque à sa cheftaine (elle l’énervait avec sa guitare).

Ch’est dingue : on aura vraiment tout essayé ici…