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Archive pour octobre 2010

Vide-grenier

Jeudi 28 octobre 2010

Ça va faire un an que j’ai découvert ce truc, je deviens une petite provinciale accomplie dans toute sa splendeur !

Depuis un an avec mon fils ainé on fait les vide-greniers. C’est à dire qu’on lourde sur le trottoir toutes les merdes accumulées dans nos armoires, nos tiroirs et nos placards, les vieux cadeaux de mariage constituant le stock principal d’objets à vendre. Je m’en veux un peu parfois, mais mes remords sont de courte durée, notemment lorsque j’ai la joie de voir mes étagères se vider.

Ça n’a l’air de rien mais organiser un vide-grenier c’est du boulot. D’abord parce que votre ennemi numéro 1 c’est votre mari. C’est pour cette raison qu’on remplit la voiture vers 5 heures du matin, afin :
• qu’il ne voit pas le vase en crystal de Tante Germaine qui sera vendu au bas mot 5 euros
• que ce vase est coincé entre une vieille glacière (qu’il jugera « toujours utile ») et ses palmes géantes (qui peuvent « toujours servir »)
• qu’il ne puisse pas s’opposer à la vente de sa collection de pull jacquards
• qu’il ne découvre surtout pas qu’on a décidé de vendre la malle à piknik offert par sa marraine et qui ne nous a jamais servie
• d’éviter des phrases comme  » QUOI ???t  Tu vends notre service à asperges ???!!! »
• qu’il n’ait pas une attaque en découvrant, que, prise dans la folie du rangement, on va mettre discrètement au fond de la grande poubelle verte un sac entier de vieux cables en tout genre dont il « pourrait avoir besoin un jour ».

Après avoir chargé la voiture, on réveille l’ainé discrètement et on se casse. On a tout prévu : un fond de caisse, du café et une table pour tout exposer. C’est entre 8 heures et 10 heures du matin que tout va se jouer. Que notre paire de cuissardes partira pour 6 euros après dix minutes de négociation, que tous les jouets en plastique jaune et rouge partiront vers d’autres familles pour 3 euros pièce et que Oh ! Surprise ! Le plateau bleu ignoble en plastique fera la joie d’une Mami pour 5 euros (elle avoue qu’elle adore le bleu).

La matinée s’écoule paisiblement, au début on a la goutte au nez et on renifle comme les gens sur les marchés, et puis la météo décide du reste : soit vous êtes sous la  pluie et c’est rapidement l’enfer, soit vous êtes sous le soleil et au bout de quelques heures, c’est aussi l’enfer. Heureusement dès qu’on commence à en avoir marre on met en scène son adorable petit garçon, qui va, avec une tête d’ange, faire partir toutes les dernières merdes achetées chez Emmaus, en racontant plein d’histoires « Ah! ce petit four! mon arrière-grand-mère faisait cuire ses tartelettes à l’abricot dedans !! » ou encore « ça Madame, c’est ma vielle paire de rollers, je la vends car je souhaite m’en acheter une nouvelle, mais cette dernière vous portera bonheur : j’ai gagné plusieurs concours avec !! » et surtout « je vois Monsieur que vous regardez cette malle à piknik !! Je peux vous dire qu’on a fait tous les châteaux de la Loire ma mère et moi avec cette malle ! Elle est tellement pratique… c’est votre femme qui sera contente ! ».

Il peut arriver une chose horrible dans votre journée : que votre mari (qui s’embête seul à la maison) débarque avec les plus petits et qu’il découvre avec horreur que sa vieille paire de Knikers trône à côté du tricycle, tandis que votre dernier s’accroche en hurlant au puzzle de 4000 pièces représentant les Alpes sous la neige, offert par le CE de la boîte, qui pourrait éventuellement vous servir si vous étiez condamnée à quinze ans de prison ferme.

À la fin de la journée on partage le fric avec mon fils (ce qui est plutôt généreux de ma part vu qu’il vend les cartes Pokémon, les Tom et Nana et les posters de Cheval Magazine financés par moi-même). On se sent un peu gitans avec nos poches remplies de pièces de deux euros, on sent hyper riches avec nos biftons. Ce sont de loin nos meilleures journées…