L’arrivée en Espagne
La traversée des Pyrénées fut longue et laborieuse. Il faisait chaud, on sentait parfois la tension monter entre nos deux aventurières. Elles avaient commencé à se confier l'une à l'autre, Amelia s'était trouvée LA confidente de ses rêves, un tas de points en commun avaient animé leur conversation, elles avaient taillé des shorts à tout le monde. Amelia avait parlé de ses enfants ingrats et méchants avec elle, Alyette de ses filles dont le principal problème était la bêtise, une tard héritée des Kermouette, tu comprends, expliquait-elle, mes belle-sœurs ont toutes ce problème : ce sont des dindes finies. Mais quand Amelia avait dit “finalement qu'est-ce qu'on se ressemble”, Alyette que la faim tiraillait et dont l'humeur se dégradait, avait répondu “euh… non… tu rêves de me ressembler, en bonne bourgeoise que tu es, mais en ce qui me concerne ce n'est absolument pas réciproque”. Elle l'avait mouchée et ça faisait bien cent bornes qu'elles n'échangeaient plus une parole. Amelia vexée, avait failli la virer de sa voiture mais elle était contente de ne plus conduire et au final ça l'arrangeait de ne pas arriver seule chez Raoul Grochin. Elle ne savait pas comment il vivait et ses vagues explications sur sa communauté naturiste l'angoissaient au fur et à mesure qu'elle s'en approchait.
Raoul savourait quelques champignons hallucinogènes, tandis que Suzanne discutait de l'énergie nucléaire avec Willy. La nuit était chaude et belle, Cloclo regardait le ciel et cherchait la grande Ours. Soudain un bruit de voiture vint perturber leur soirée. Raoul se leva, il avait l'allure d'un prêtre maya avec son bonnet péruvien et son poncho multicolore, offert par un prêtre inca qui jouait de la flûte de pan sur le marché de Madrid. Willy que seul un étui pénien en peau de chèvre couvrait, murmura “voilà les copines” et Suzanne continua de fumer son pétard, feignant de n'avoir rien vu. Alyette coupa le moteur, Amelia sortit de la voiture. Elles ne voyaient pas grand chose, il n'y avait quasiment pas de lumière. Raoul ayant absorbé trop de champignons vit deux sublimes créatures un peu suédoises s'avancer vers lui, il courut, tomba une première fois en se prenant les pieds dans son poncho, se releva en riant et se jeta dans les bras d'Alyette en hurlant “tu es encore plus belle que dans mes souvenirs”. Alyette dit “Oh oh ! Mon brave, je crois qu'il y a une erreur”, et il entendit alors Amélia qui, d'une petite voix dit en levant le doigt “coucou Raoul me voilà !”. Raoul siffla d'admiration et l'étreignit avec passion, Amelia fermait les yeux et savourait cette instant, elle pensa à la chanson Un été de porcelaine. Willy s'était approché d'Alyette et avec un large sourire lui avait tendu une main en se présentant. Alyette sursauta et poussa un “Han !” d'effroi en découvrant l'allure de l'américain.
Raoul se détacha d'Amelia et invita tout le monde à s'assoir autour du feu, il cria en tapant des mains “et que l'on sorte le Jus de Bienvenu !!”. Deux jeunes gens qui faisaient de la balançoire, nus comme des vers, quittèrent alors leur amusement pour s'élançer vers une bicoque, d'où ils sortirent en courant quelques instants plus tard. Le jeune homme portait les bouteilles et la jeune femme le suivait en faisant des pas de danse, virevoltant sur elle-même. “Ces deux-là sont en formation dans la communauté, ils nous doivent respect et obéissance pendant huit cycles de lune”. Alyette observait ce manège, pétrifiée, en s'accrochant à sa chemise de nuit. Ils s'assirent tous, Cloclo dit que c'était sa tournée de chorizo. Willy s'approcha doucement d'Alyette et lui posa amicalement une main sur la cuisse. Cette dernière bondit en criant “Au viol !”, ils éclatèrent tous de rire. Willy changea de place, il expliqua à Cloclo que “non seulement elle est supère moche le copine mais qu'en plus elle était désagréable”, Raoul rétorqua qu'elle avait sans doute son champs magnetico-érotico totalement déchargé et qu'après quelques gorgée de son jus elle irait mieux. Amélia était un peu gênée, elle ricanait bêtement, contente néammoins d'avoir un peu d'alcool à se coller dans le gosier. Ayant bu une grande rasade du précieux jus de Raoul elle commençait à mieux se sentir et se mit en soutien-gorge sous l'œil horrifiée d'Alyette.
Devine !? a demandé Jackie en minaudant devant un énorme plat de langoustines, Allez quoi ! Devine !! Jean-Pierre a joué le jeu, a cherché un moment avant de répondre Euh ? Tu t'es acheté un nouvel ensemble noir en dentelle ? Nan, a fait Jackie en repoussant quelques mèches. Ben je sais pas moi, tu me réserves une surprise avec des menottes ? a-t-il murmuré alléché. Mais Jackie a secoué la tête et s'est mordu le bout de la langue en prenant des airs de petite fille prise en flagrant délit de bêtise. JP a posé ses mains sur les hanches, a soufflé, pris une gorgée de vin blanc, s'est épongé le front et d'un ton enjoué a supplié “Arrête de me faire marcher coquine !! Tu vois bien que tu me rends fou !!”. Alors Jackie s'est caressé le ventre et a dit rayonnante “je vais être Maman !”. JP s'est dégrisé d'un coup, s'est arrêté de respirer et a soufflé “ben merde…”. Voyant sa mine déconfite Jackie a fondu en larme, a sangloté, a dit qu'elle pensait qu'il serait content maintenant qu'ils étaient enfin seuls tous les deux sans l'autre alcolo qui leur gâchait l'existence, et elle est partie se coucher dans sa chambre d'hotel avec des petits hoquets de chagrin. Jean-Pierre Leguoulle est furax, et dire qu'il vient de la nommer Directrice Marketing du groupe… la garce… en plus ça va lui coûter bonbon toute cette histoire… il faut qu'il retrouve Amélia et que les choses rentrent dans l'ordre au plus vite.
21 juin, 2009 à 23:50
Yeah….ca sá rrange pas !!! En attendant la suite, bonne soirée, et merci pour ce moment de culture littéraire.
22 juin, 2009 à 13:42
pauvre JP, et un congé mat à payer en prime!!!
les boules!
22 juin, 2009 à 15:09
Hé, hé, hé…sur un blog c’est hyper drôle…dans la vraie vie ça pend au nez d’un pote et je pense que tout de suite on va moins rigoler..Enfin lui !
22 juin, 2009 à 19:32
Merci, merci, merci je revis
wahou … ça s’encanaille de plus en plus cette histoire : on croirait du vécu !!! remarque je dis ça mais j’dis rien hein … à poil l’alyette ? j’y crois pas trop ; elle est trop rigide même avec un pet’ et kkes champihallu elle lachera pas son playtex et son sloogi (au fait s’en est où les tshirts dont on parlait il y a un an ?)
22 juin, 2009 à 21:29
ah, j’aime cette reprise sur les chapeaux de roues… j’ai vu que ton livre était mis en avant à la fnac rennes (dans l’escalier). Super
23 juin, 2009 à 12:07
oulala, c’est chaud!!! bravo, nous tenir en haleine aussi longtemps, c’est un vrai challenge!
23 juin, 2009 à 22:19
et j’espère qu’elle va lui faire des triplettes ! ça lui apprendra à fauter à ce goujat !
24 juin, 2009 à 10:22
YES !!! Mais c’est chaud bouillant par ici . J’aime… Va y avoir du sport et des potins dans toutes la Bretagne ( contente de te lire lapin ça fait un bien fooouuuuu )
24 juin, 2009 à 20:26
Punaise il y a de la connotation comme j’aime ;))))
Par contre, Jp c’est bien fait pour lui, une nana qui s’appelle Jackie, c’est juste pas possible. Même en province. Encore plus en province. (Jackie met des pulls angora, j’espère ?)
24 juin, 2009 à 20:59
La suiiiiite svp !!!!! (et merci, aussi ;-D)