Archive pour juin 2009

L’arrivée en Espagne

Dimanche 21 juin 2009

La traversée des Pyrénées fut longue et laborieuse. Il faisait chaud, on sentait parfois la tension monter entre nos deux aventurières. Elles avaient commencé à se confier l’une à l’autre, Amelia s’était trouvée LA confidente de ses rêves, un tas de points en commun avaient animé leur conversation, elles avaient taillé des shorts à tout le monde. Amelia avait parlé de ses enfants ingrats et méchants avec elle, Alyette de ses filles dont le principal problème était la bêtise, une tard héritée des Kermouette, tu comprends, expliquait-elle, mes belle-sœurs ont toutes ce problème : ce sont des dindes finies. Mais quand Amelia avait dit « finalement qu’est-ce qu’on se ressemble », Alyette que la faim tiraillait et dont l’humeur se dégradait, avait répondu « euh… non… tu rêves de me ressembler, en bonne bourgeoise que tu es, mais en ce qui me concerne ce n’est absolument pas réciproque ». Elle l’avait mouchée et ça faisait bien cent bornes qu’elles n’échangeaient plus une parole. Amelia vexée, avait failli la virer de sa voiture mais elle était contente de ne plus conduire et au final ça l’arrangeait de ne pas arriver seule chez Raoul Grochin. Elle ne savait pas comment il vivait et ses vagues explications sur sa communauté naturiste l’angoissaient au fur et à mesure qu’elle s’en approchait.

Raoul savourait quelques champignons hallucinogènes, tandis que Suzanne discutait de l’énergie nucléaire avec Willy. La nuit était chaude et belle, Cloclo regardait le ciel et cherchait la grande Ours. Soudain un bruit de voiture vint perturber leur soirée. Raoul se leva, il avait l’allure d’un prêtre maya avec son bonnet péruvien et son poncho multicolore, offert par un prêtre inca qui jouait de la flûte de pan sur le marché de Madrid. Willy que seul un étui pénien en peau de chèvre couvrait, murmura « voilà les copines » et Suzanne continua de fumer son pétard, feignant de n’avoir rien vu. Alyette coupa le moteur, Amelia sortit de la voiture. Elles ne voyaient pas grand chose, il n’y avait quasiment pas de lumière. Raoul ayant absorbé trop de champignons vit deux sublimes créatures un peu suédoises s’avancer vers lui, il courut, tomba une première fois en se prenant les pieds dans son poncho, se releva en riant et se jeta dans les bras d’Alyette en hurlant « tu es encore plus belle que dans mes souvenirs ». Alyette dit « Oh oh ! Mon brave, je crois qu’il y a une erreur », et il entendit alors Amélia qui, d’une petite voix dit en levant le doigt « coucou Raoul me voilà ! ». Raoul siffla d’admiration et l’étreignit avec passion, Amelia fermait les yeux et savourait cette instant, elle pensa à la chanson Un été de porcelaine. Willy s’était approché d’Alyette et avec un large sourire lui avait tendu une main en se présentant. Alyette sursauta et poussa un « Han ! » d’effroi en découvrant l’allure de l’américain.

Raoul se détacha d’Amelia et invita tout le monde à s’assoir autour du feu, il cria en tapant des mains « et que l’on sorte le Jus de Bienvenu !! ». Deux jeunes gens qui faisaient de la balançoire, nus comme des vers, quittèrent alors leur amusement pour s’élançer vers une bicoque, d’où ils sortirent en courant quelques instants plus tard. Le jeune homme portait les bouteilles et la jeune femme le suivait en faisant des pas de danse, virevoltant sur elle-même. « Ces deux-là sont en formation dans la communauté, ils nous doivent respect et obéissance pendant huit cycles de lune ». Alyette observait ce manège, pétrifiée, en s’accrochant à sa chemise de nuit. Ils s’assirent tous, Cloclo dit que c’était sa tournée de chorizo. Willy s’approcha doucement d’Alyette et lui posa amicalement une main sur la cuisse. Cette dernière bondit en criant « Au viol ! », ils éclatèrent tous de rire. Willy changea de place, il expliqua à Cloclo que « non seulement elle est supère moche le copine mais qu’en plus elle était désagréable », Raoul rétorqua qu’elle avait sans doute son champs magnetico-érotico totalement déchargé et qu’après quelques gorgée de son jus elle irait mieux. Amélia était un peu gênée, elle ricanait bêtement, contente néammoins d’avoir un peu d’alcool à se coller dans le gosier. Ayant bu une grande rasade du précieux jus de Raoul elle commençait à mieux se sentir et se mit en soutien-gorge sous l’œil horrifiée d’Alyette.

Devine !? a demandé Jackie en minaudant devant un énorme plat de langoustines, Allez quoi ! Devine !! Jean-Pierre a joué le jeu, a cherché un moment avant de répondre Euh ? Tu t’es acheté un nouvel ensemble noir en dentelle ? Nan, a fait Jackie en repoussant quelques mèches. Ben je sais pas moi, tu me réserves une surprise avec des menottes ? a-t-il murmuré alléché. Mais Jackie a secoué la tête et s’est mordu le bout de la langue en prenant des airs de petite fille prise en flagrant délit de bêtise. JP a posé ses mains sur les hanches, a soufflé, pris une gorgée de vin blanc, s’est épongé le front et d’un ton enjoué a supplié « Arrête de me faire marcher coquine !! Tu vois bien que tu me rends fou !! ». Alors Jackie s’est caressé le ventre et a dit rayonnante « je vais être Maman ! ». JP s’est dégrisé d’un coup, s’est arrêté de respirer et a soufflé « ben merde… ». Voyant sa mine déconfite Jackie a fondu en larme, a sangloté, a dit qu’elle pensait qu’il serait content maintenant qu’ils étaient enfin seuls tous les deux sans l’autre alcolo qui leur gâchait l’existence, et elle est partie se coucher dans sa chambre d’hotel avec des petits hoquets de chagrin. Jean-Pierre Leguoulle est furax, et dire qu’il vient de la nommer Directrice Marketing du groupe… la garce… en plus ça va lui coûter bonbon toute cette histoire… il faut qu’il retrouve Amélia et que les choses rentrent dans l’ordre au plus vite.

La sortie du mois de juin.

Jeudi 18 juin 2009

« Le 28 juin les CP rouge iront au zoo, prévoir un pique-nique, un vêtement de pluie, un couvre-chef et des chaussures de marche »

Avec ses grands yeux bourrés d’amour Trésor vous a suppliée d’accompagner la sortie au zoo « Allez Maman je t’en supplie !  » et la maîtresse vous a regardée en face et a dit sur le ton d’un diagnostique pédopsychiatrique « Je crois que ça lui ferait VRAIMENT plaisir » ce qui sous-entend « il a besoin de vous sa mère, et je m’y connais je suis instit’ depuis des décennies ». Alors dans un grand moment de faiblesse et parce que, pauvre de vous, vous n’avez pas eu la présence d’esprit de répondre du tac-au-tac « Ah ! Le 28 c’est impossible j’ai une compétition » vous avez dit d’accord, vous pouvez compter sur moi. Jeudi 28 juin c’est la grande sortie au zoo, vous avez cédé au chantage affectif de la maîtresse qui vous prend pour une gourde et vous allez en chier avec les CP.

Le matin on a préparé le pique-nique, l’odeur du cornichons à l’aube vous a foutu la gerbe, vous avez rempli le sac à dos de Trésor à rabord de peur qu’il ait faim, son père a dit « hé ! mais vous partez pour quinze jours ou quoi ?? ». Vous avez répondu avec aigreur « Tu crois que ça m’amuse d’aller au zoo peut-être ? Au lieu de critiquer tu pouvais aussi prendre un RTT pour y aller hain !!?? ». Et puis pour détendre l’atmosphère vous avez regardé Trésor en ajoutant « Yes ! On va s’éclater aujourd’hui !! ».

Trésor est content que vous soyez là, il vous tient la main et il sourit fièrement quand une petite fille lui dit « OUahhh! elle est bèèèèèèlle ta mère ». Dans le car on se dit qu’il faut adopter une mine réjouie, qu’on en a pour la journée et que c’est pas le moment de flancher. Gaiement et courageusement on prend des airs de cheftaine enchantée et on pense à toutes les garces qui se sont défilées pour accompagner, avec des excuses bidons et des airs de faux-cul « OH… pfffff… le 28 ? c’est impossible, j’ai une réunion à 8h00… ça m’aurait fait tellement plaisir ». Le car fait péter tous les moufflets, l’odeur est irrespirable, vous vous bouchez le nez. Angelina s’approche pour vous dire que sa voisine a envie de vomir, vous manquez défaillir et, prenant votre lâcheté à deux mains, vous lui chuchotez « va vite le dire à ta maîtresse ! ». Après tout merde, y a pas marqué sac-à-vomi sur votre front. Votre Trésor est très en forme, content que vous soyez là il entonne « Chauffeur si t’es champion, appui-E,appui-E, Chauffeur si t’es champion appuie sur’l'champignon« . Les enfants reprennent tous en cœur, à la troisième fois vous vous levez excédée et vous leur demandez sèchement de se taire. Ils vous aiment déjà moins.

Au zoo c’était super, on se souviendra de la pause popo qui a duré trois quarts d’heure après le pique-nique, vous avez fait comme si vous n’entendiez pas quand Angelina a crié « ça y ééééééééé »(pas question de torcher qui que ce soit) et on était contents de retrouver Galaad, oublié par le groupe dans les chiottes turcs. En début d’après midi vous ne les supportez déjà plus, vous pourriez même shooter dedans, ils font des glissades sur le gravier devant les cabinets, la maîtresse soupire, elle les trouve « fatigués et très énervés », faux-cul vous les défendez en expliquant « qu’ils sont tellement contents d’être là…! ». Le pire du groupe c’est le vôtre, il imite les singes en poussant des hurlements, il court partout, vous avez un peu honte quand la maîtresse le reprend devant vous pour lui demander de se calmer. Elle doit penser que c’est sans doute comme ça chez vous : que vous ne contrôlez rien… Angelina s’est prise d’affection pour vous, elle vous colle et raconte sa vie, elle est franchement pénible.

Au retour on a plus de voix. Mais on a gagné en autorité : lorsque vous vous approchez du fond du car pour leur demander de la boucler il vous regarde tous en faisant la tronche, ils vous détestent, ils disent tout bas à Trésor « elle est super méchante ta mère, et en plus elle est moche ».La petite voix d’Angelina résonne dans votre boîte cranienne, vous lui suggérez d’aller voir ailleurs si vous y êtes, elle vous regarde médusée par tant de méchanceté. À l’arrivée vous retrouvez votre sourire de circonstance de maman-accompagnatrice-qui-s’est-éclatée-avec-les-p’tits loups, quand on vous demande comment c’était vous répondez « extraordinaire », vous avez l’air d’une vieille petite fille avec vos joues rouges et vos cheveux en bataille, vous sentez un peu la pom’pote rance et le paté chaud et, déjà, vous préparez des vraies excuses pour l’année prochaine. Car cette année, le pigeon du zoo c’était vous !!

Pour ceux (genre traders ou autres) ou celles qui souhaiteraient une petite dédicace sur leur Province-Attitude, contactez-moi car j’organise un D-Day (Dédicace-Day) à Rennes. Allez à plouch !

 

Je veux des noms !

Mercredi 10 juin 2009

Image de prévisualisation YouTubeDes noms. Je veux des noms. QUI les connaît ?

Matez-moi un peu ce ramassis de beaux gosses imbus de leur personne mais au sex-apple démesurément grand. Ils ont tout perdu les pôôôôvres, finie la blanche dans les narines, les grosses poitrines et le lèche-vitrine. On pourrait presque les plaindre…

Parce qu’on est mercredi et qu’on a besoin de rêver, je vous demande de voter pour celui que vous préférez (hi ! hi !hi ! on s’encanaille sur ce blog hein ?!!). Perso pour moi c’est celui qui chante « dans nos poches tombaient des milliards » et qui fait « wouoooôô hôô hôôôoo ».

Je vous laisse, c’est pas tout ça mais y a Alyette qui va débarquer chez les naturistes et ça devient chaud.

Open your heart…

Roule ma poule. Le départ.

Dimanche 7 juin 2009

Elle a juste pris une fiole de gin. Une. La dernière pour la route. Un échantillon ramené par JP lors de son dernier séminaire à Punta Cana. Amelia sourit amèrement… Il a dû s’éclater avec son affreuse petite morue, cet imbécile a joué les Spider-Man accroché à la moustiquaire du lit à baldaquin de la chambre en bois exotique, tandis que sa truie se trémoussait vulgairement dans un déshabillé en soie, pensant que c’était l’avènement final que de s’envoyer le patron au bout du monde. Qu’elle se le garde ! Le monde appartient désormais à Amélia, Raoul Grochin l’attend en Espagne dans un camp hippie, où il vit en harmonie avec la nature, il l’a invitée à venir quand elle veut. C’est le moment de hisser les voiles pour Amélia, de quitter JP qui la trompe, ses enfants qui l’ignorent, son salon patiné et ses tableaux d’art contemporain. Sa vue se brouille parfois, elle étouffe un hoquet, ses paupières sont gonflées, son visage soufflé par l’alcool mais elle rit de bon cœur, Amélia, car elle est libre maintenant. Elle continue sur le périphérique afin de prendre la direction de Bordeaux, elle s’apprête à longer la côte ouest avant de passer la frontière. Soudain à la sortie de l’autoroute Amélia sursaute en passant devant un tas difforme qui tend son pouce sous un poncho en plastique, quelques mèches ruisselantes barrent le visage de l’auto-stoppeuse mais Amélia reconnaît Alyette. Alyette de Kermouette !! Elle freine brusquement, un poids lourd la klaxonne, elle s’arrête sur le bas-côté et sous des trombes d’eau, îvre morte elle hurle en faisant des gestes dont elle a perdu le contrôle, l’index pointé vers le ciel « Alors la comtesse ! Tu montes ou quoâ ?! ». Alyette est ravie de voir enfin une voiture s’arrêter, faut dire qu’immobile en chaussette depuis au moins deux heures, elle a super froid. Mais dans le fond elle s’en fout. Pas question de faire demi-tour. De toutes les façons ça fait trente ans qu’elle se pèle le cul dans le château des Kermouette, trente ans qu’elle trime, qu’elle bouffe de la merde pour espérer le tout-à-l’égout, trente ans qu’elle supporte un tas de cons, trente ans qu’elle se farci Gérard et ses histoires d’ancêtres généraux, alors aujourd’hui elle se casse. Droit devant, elle descend dans le Sud, elle fredonne le temps dure long-temps-AN, et la vie sûrement… plus d’un million d’années !! Elle se rue vers la voiture qui la hèle et c’est avec stupeur qu’elle croise le regard vitreux d’Amélia. Amélia Leguoulle ! Elle est méconnaissable, ses joues sont violacées et son nez est rouge, mais que lui est-il arrivé ? Alyette s’engouffre dans le petit coupé, Amelia s’assied, démarre, passe les vitesses et la paupière tombante l’avertit « Ma poule, je me fais la malle en Espagne tu sais, avec moi, c’est droit devant… » Alyette renifle, se passe une main sur le visage et dit « Moi aussi je me casse, alors roule… ».

Raoul Grochin bosse sur le marché de Madrid tous les matins. Il vend de la paëlla, il hurle « Paëlla !!! Que buena buena !! ». Il vit à une trentaine de kilomètres de Madrid, dans une petite communauté, ils sont une trentaine à se partager un hameau abandonné. Ce sont tous de vieux copains, ils ont connu l’île de Wight, mai 68, ils sont libres et ils rejettent la société de consommation. Artistes pour la plupart, ils vivent essentiellement grâce à la paëlla de Raoul qui rend malade à crever tous les touristes qui la goûtent. Faut dire que Raoul ne respecte aucune règle d’hygiène, son chorizo est roulé au talon par son camarade Cloclo qui tue le cochon en fumant de l’herbe, et il récupère ses crevettes chez un chinois qui lui fait des ristournes quand la menthe des rouleaux de printemps ne couvre plus l’odeur du kilo de mollusques avariés. Raoul pense que notre société doit réapprendre à manger des trucs sans conservateurs et que sa paëlla a le goût de l’aventure. Son seul péché mignon c’est une heure d’internet qu’il s’offre de temps à autre dans un cyber-café, et depuis quelques temps il a retrouvé Amélia, une copine d’enfance. Elle lui a promis de venir lui rendre visite un jour. Il a prévenu ses amis, il a dit un soir alors que Stan grattait Il a neigé sur Yesterday « Je vais peut-être avoir une copine qui va venir un ou deux jours ». Suzanne qui basculait son corps de droite à gauche a ouvert les yeux, remis sa peau de mouton en grognant que les nouvelles elle aimait pas beaucoup ça, Karina, la basque qui s’occupe des chèvres a froncé les sourcils et Willy, l’anglais, a dit avec son accent « Whouah !! C’est super !  J’espèrè qu’elle aime faire l’amour avec tout le monde ! ». Raoul a crié « Vive les verts ! » et Cloclo a hurlé « Vive l’atmosphère ! ». Alors ils ont tous ri de bon cœur parce qu’ils étaient heureux, que le feu de bois leur chauffait les poils du corps, parce qu’ils étaient libres, nus et ensemble.

« Fais gaffe ! » hurle de temps en temps Alyette quand Amélia frôle la rembarde de l’autoroute à plus de 180km/h. Amelia explose de rire, essaye de récupérer quelques gouttes en aspirant bruyamment dans la bouteille, ralentit, dit putain c’est bon de se casser et Alyette recommence à sourire, émergeant de ses longs mois de dépression, oppressée par le regard d’Edwige, cassée par les médicaments du Docteur Furon, assassinée par les conventions sociales. Elle sourit, elle trouve qu’Amelia pue l’alcool mais que ça la rend plus sympathique, elle s’endort tandis que le véhicule continue sa course folle. Dans quelques heures les Pyrénées et après… Après ? Elle s’en fout.

 

Allez je m’y remets. Je sais j’ai abusé. Mais promis demain c’est la fête avec Raoul. Je vous passe le bonsoir et je remercie la personne qui m’a laissé le dernier com dans le post précédent.