Archive pour mars 2009

C’est la cata…

Mardi 31 mars 2009

C’est la caca, c’est la cata, c’est la… catastrophe !!!

Je ne peux pas bien vous dire ce qu’il se passe, mais il y a une « couille dans le potage » comme aurait dit Voltaire lorsqu’il moulinait ses haricots verts.
Beaucoup me laissent des messages pour me demander où on peut trouver mon livre. Sachez qu’il y en a encore sur Decitre.fr ou Laprocure.com. Je sais que la situation est lourdingue et je suis la première à enrager, à mon échelle je ne peux rien faire, à part harceler mon éditeur de mails et de coups de fil, c’est ultra chiant. La réimpression étant rentrée hier en stock, tout devrait fonctionner, c’est ce qu’a dit le monsieur… Pour ne rien arranger on a changé d’heure et je suis décalquée, mon métabolisme est largué, j’en viendrais même à vous vendre des moules Flexipax à 53 euros ou à organiser des groupes de reflexion du genre « qu’est-ce que signifie être une femme aujourd’hui », c’est dire mon état de fatigue…

 

 » Là où il y a une volonté, il y a un chemin » Soun Tzou (un copain de Fac de Droit)

 

Marche ou crève à la Mi-Carême

Dimanche 22 mars 2009

Assise par terre, je scrute l’horizon.
L’air est sec, le ciel est bleu, il ne pleut pas : c’est rare ici, ça relève même du miracle. Y a de la magie dans l’atmosphère, le soleil se reflète dans la soie de mon kimono. Les voitures ne sont pas nombreuses, les passants non plus. J’appelle mon fils « Petit, petit ! Reste assis près de moi », il est fatigué et se frotte les yeux. Je ne désespère pas. Je prends l’objet trouvé dans le coffre, je le secoue, il fait Clik ! Clik ! son fonctionnement ne n’a pas l’air simple, je tente de trouver à quoi il sert, il est lourd. J’appuie partout, je tire de toutes mes forces, j’ai peur de me coincer les doigts, je le cogne sur le bitume, je murmure Sézame ouvre-toi, il ne se passe rien. Je me concentre, je me dis tout bas ma grande, t’as écrit un livre, rappelle-toi ! C’est un autre défi qui t’attend, te laisse pas démonter… Il faut que je trouve une solution ou nous dormirons sur le trottoir ce soir. Un homme passe, il hâte le pas en m’apercevant et nous contourne, le lâche ! Je rassure mon fils « Ne pleure pas petit, we can do it ». L’enfant est traumatisé, il faut dire qu’avec Batman et Maya l’Abeille il vient d’aller défiler à la maison de retraite. Ça ne s’est pas super bien passé. Ils ont d’abord tous sursauté quand la dame en blanc a hurlé dans la salle à manger « CE SONT LES ENFANTS QUI VIENNENT VOUS DIRE BONJOUR !! ». Squelettor leur a souri dans sa chaise roulante en poussant des cris rauques, Maître Yoda s’est mis à baver, les enfants sont tous repartis en hurlant, Spider Man a fait pipi dans son slip, Pocahontas a fondu en larme et réclamé sa maman, ils détestent ad vitam le carnaval.
Soudain en tournant une petite barre en acier je m’aperçois que l’objet s’ouvre doucement : Eurêka ! J’ai trouvé ! Je me mets à quatre pattes, je fixe mon adversaire pour l’intimider, j’observe, je tire le rond en plastique sale… Tout est là, devant moi, un refrain s’impose, Carla Bruni fredonne : « Quatre boulons, une clé en fer c’est le prénom de ma galère… »
Je découvre qu’il y a un drôle d’objet dont le trou correspond parfaitement à la forme de l’écrou, chacun cherche son trou, je viens de trouver la formule magique. J’enlève mon kimono, j’ai chaud, ça commence à sentir le rouleau de printemps. Mes mains sont noires, j’ai le cœur léger, l’enfant s’est arrêté de pleurer. Un monsieur se dirige vers moi, mais quand il aperçoit la situation dans laquelle je suis, il traverse la rue au galop. Hors de ma vue Ducon, je n’ai besoin de personne. Je m’érafle la peau des phalanges sur le bitume en tournant la manivelle, mais je crois détenir la clé de l’énigme. Je donne des coups de talons sur la petite matraque noire, les boulons sautent, mon cœur bondit. Je m’essuie le front avec le revers de mon poignet pour faire comme dans les films, je donne un petit coup de poing dans la voiture en  criant « Foking côôôr ! » (mon accent est redoutable). J’empoigne, je soulève, je change, je transporte, j’ai soif. Ma parole ! Je suis Super Jaimy et je parviens même à entendre des sons imperceptibles d’ordinaire !! Les oiseaux se taisent soudain, l’enfant crie « Hourra ! », un passant s’avance, vérifie d’abord que le travail est terminé et demande s’il peut m’aider, je lui réponds qu’il y a des situations où la présence des hommes est absolument inutile, voire encombrante, il prend pour tous les autres. Il répond que je peux crever, je lui rétorque que c’est déjà fait, qu’il peut disposer.

J’arrive chez Speedy, je dis « Bonjour tout le monde ! J’ai changé mon pneu toute seule… Ben quoi me regardez pas comme ça ! Honnêtement les gars, c’était ea-sy… ». Le garagiste sourit, dit que tous les boulons sont revissés à l’envers… hum… hum ! Tu serais pas un peu jaloux mon grand ?

Province-Attitude – 2

Mercredi 18 mars 2009

J’espionne… Je rôde autour des librairies… Je farfouille à la Fnac… Je prends l’air de rien chez Virgin… J’écorche volontairement mon nom pour voir si les vendeuses réagissent… Je pose systématiquement ma pile de livres sur les autres… Je taffe…
Pendant ce temps là tout le monde bosse : ma famille réorganise le rayon Humour chaque fois qu’elle passe quelque part, mes amis se mobilisent pour laisser des commentaires du genre « à mourir de rire  » « super drôle !!! » sur Face Book, mes grands-parents ont pour mission de passer dans toutes les librairies de la ligne Chateau-de-Vincennes/La Défense pour réclamer à cœurs et à cris le livre dont parle toute la presse actuellement et mes gentilles copines de blog se cassent le train pour prendre en photo mon bouquin et le présenter. Bref, du boulot à temps plein pour tout le monde. Pas de gréviste à ce niveau là. Lapin Malin vous dit Merci.

En désordre quelques mails reçus (qui ne doivent pas être divulgués pliz…) :
« Whaou ! Michelle adoorè le livre… C’est super pendant le crise financier, bientôt je viendra sur les plages du débarquement et on boira du bon vin français avec des baguettes !! See you et really Bravo » B. Obama

« Samba ! Lé livre nous za écliré la vida ! Sourtout qu’en ce moment sé pas la fiesta por nosostros al Brazil ! » José Cardoso

« quelle plume ! (dans l’Q) » NicoHulot

Hier je suis allée voir du côté de la librairie soi-disant « prestigieuse » de mon bled. À titre personnel je les ai toujours trouvés désagréables, ils détestent les vieux, les enfants et accessoirement… mon livre ! Lorsque je leur ai demandé s’ils avaient, par hasard, quelque part, un livre intitulé « Province-Attitude » ils ont soufflé fort « PFffffffffffff » (ils ont du souffle grâce au lait Ribot) « c’est la quatrième fois qu’on nous le demande depuis ce matin, on l’a plus… » et comme je prenais une mine ravie ils ont ajouté, furieux, « de toutes façons c’est que des bourgeoises qui l’achètent ». Tiens ? Ça me surprend…

Bientôt, chers amis, vous pourrez dire Adieu à certains des personnages de notre petit Dallas Breton (l’expression est de Quentin mais je l’aime bien) qui, je vous préviens, vont prendre cher prochainement (c’est Amelia qui conduit et elle a pas lésiné sur le Calva) . Je vous entends fredonner « Ammouuuuur, Poire et Pâté ! » vous avez la patate les gars !! Mais moi je vais me coucher parce que c’est mercredi soir et que je me fais pitié dans la glace. Il est temps que je vende beaucoup de livres pour me payer du botox.

 J’ajoute juste pour tous ceux et toutes celles qui n’ont pas de librairie à proximité de chez eux, qui habitent loin ou ailleurs, que le bouquin est en vente sur Internet. C’est ça le progrès aussi…

Il arrive ! Il arrive ! Le voilà !

Samedi 7 mars 2009

Non pas le Père Noël nous sommes en mars je vous le rappelle !
Pas Jésus non plus car il est dans le désert !
Non, MON LIVRE ! Celui que j’ai écrit !

« De quoi parle-t-il ? » me demandent mes amis. Ce livre parle de beaucoup de choses mes chers amis. D’abord le vocabulaire y est riche, les pensées profondes et le fond dense. C’est un pavé de plus 800 pages, qui reflète le travail de plusieurs années de boulot dans les bibliothèques les plus complètes d’Occident mais aussi d’Orient, des années où de nombreux maîtres m’ont guidée : San-Kou-Kaï à San-Gapour, BHL à Paris mais aussi Brandon Walch à Berverlly Hills et puis Scovodora à Sofia. De nombreuses références philosophiques flirtent avec un paquet de réflexions sociales et spirituelles. Ouais… On me croyait seulement capable de parler de jogging, de purée-maison, uniquement capable de grandes tirades telles « caca de fête, caca qui fouette », j’ai voulu prouver que je parlais grec et latin au quotidien (et que je rêve en hébreu sous l’emprise de la choucroute), j’ai eu besoin de reconnaissance, besoin de me replonger dans le Banquet, de faire une petite synthèse très personnelle de la Pensée Universelle. Enfin un de mes souhaits, au travers de ces quelques pages, était de livrer mes secrets de beauté : une blonde d’1m80 avec des gros seins et des petits genoux a toujours beaucoup de choses à dévoiler aux autres (surtout aux petites brunes plates et communes qui voudraient se faire la malle à Hollywood).

JE DÉCONNE !

Mon livre n’a aucune référence philosophique et ne parle d’aucune crème anti croutes, ni d’aucun proutes anti mythes. Mon livre s’intitule « Province-Attitude ». Je vous livre tous les ingrédients pour devenir la reine du scrapfffth-bouking, la diva des cafés, la déesse de la kermesse, la star du cake au crabe bref je vous révèle les secrets de mon intégration en Province. Je vous dirais aussi comment mâter vos hamsters et la crise financière. Chaud devant !

« Province-Attitude » sort Jeudi prochain,
le 12 Mars chez Chiflet & Cie.

L’auteur c’est moi, Astrid Thomine-Desmazures

Et vous savez quoi aussi ? Ce livre c’est grâce à vous si il est là. Grâce à vous tous qui m’avez lue, encouragée ou détestée. Je vous dis MERCI.


Contre la sueur du joggeur

Mercredi 4 mars 2009

J’ai des chevaux de bataille dans la vie.

Contrairement à Læticia Halliday qui se bat contre la faim dans le monde (lu hier dans le dernier Gala, chez l’orthophoniste), moi je lutte contre le sport et plus particulièrement contre le jogging. J’habite près d’un stade et ça grouille de joggeurs par ici. J’ai la haine du joggeur. Il n’y en a qu’un que j’aime : c’est le fils d’une amie qui prépare une école militaire. Il a les cuisses et le regard de Gladiator quand il court ; si tous les joggeurs pouvaient lui ressembler je serais collée à la fenêtre de ma cuisine.

(voix suppliante) – Anne ma sœuranne ne vois-tu rien venir ?

(voix meurtrie) – Je ne vois que des crânes chauves et ruisselants, qui pense défier les lois du temps et qui frôlent la mort à chaque foulée. Ça se voit dans leur yeux hagards et au travers de leur mine livide. C’est horrible, ils vont tous mourir !

(voix suppliante) – Et maintenant ? Anne ma sœuranne ne vois-tu rien venir ?

(voix heureuse et embêtée) – Si ! Si ! Youpi ! Je vois Gladiator et tous ses copains qui préparent le concours, hélas ! Ils ont dix-sept ans de moins que toi !

Mais pourquoi les grandes personnes courent-elles ?
On leur a pourtant bien dit quand elles étaient petites « Arrête de courir tu vas tomber ! Arrête de courir ! Les voisins vont s’énerver ! ». On leur répète que c’est mauvais pour le cœur, pour les genoux, on les prévient que ça donne mauvaise haleine. Mais elles s’en foutent, elles : ça leur donne même bonne conscience pour terminer le cake au beurre et le tiramitsu à l’huile. Elles courent après Rien. Un ami qui vous veut du bien. J’en vois passer de toutes les couleurs. Des pépés violets de douleur moulés dans des fuseaux, des nanas blanches, avec de la moustache qui goutte, je vois des culs flasques qui tressautent et des culs serrés agonisant sous l’acrylique. Je me penche parfois et je crie « ce sera pas la peine de rajouter de la mayo dans ton hot-dog, hein ! ». Ça dégouline de sueur, ça me met de mauvaise humeur. Je me dis Ouh ! La ! Ça doit sentir la chaussette chaude et le poil humide là-dessous ! J’ai des hauts-le-cœur quand je les croise. Je me pousse sur le côté avec effroi quand ils arrivent dans ma direction et pourtant, à chaque fois qu’ils sont à ma hauteur ils expirent très fort deux fois de suite « Fff-Ffff ! », on voudrait qu’ils sortent un glaive, on voudrait du spectacle, du « Par le pouvoir du Crâne Ancestral ! Je détiens la Force toute puissante !! ». Mais non. Ils font « Pfff-Pfff » indéfiniment, ils font exprès pour m’empoisonner. Je retiens ma respirations parce que le gaz carbonique qu’ils rejettent me répugne.

Et dire qu’on m’a forcée à courir pendant des années… Des années à faire des tours de cour en short, boudinnée en coq sportif. Enfin, je ne vais pas commencer à penser à tout ce qu’on m’a forcée à faire pendant toutes ces années d’EPS, parce que ça m’énerve : l’odeur des tapis en plastique bleu avec plein de vieux cheveux accrochés à la mousse sur le côté est ancrée dans ma mémoire. On m’a forcée à lancer des poids, du grand n’importe quoi, on a essayé de me faire sauter sur une poutre, à réaliser des enchainements avec des séries de galipettes (fallait dire « roulades » sinon tu perdais des points). On s’est bien foutu de ma gueule… Y en a qui peuvent me remercier pour toutes les fausses dispenses de sport que j’ai pu créer en 10 ans de lycée (j’ai beaucoup redoublé) je connaissais par cœur toutes les signatures des parents, j’étais faussaire et fière de combattre une cause pareille. Et je ne suis maintenant pas disposée à courir pour le plaisir. J’ai un corps qui rejettent le sport et les épinards. Je hais le jogging et je m’adresse à tous ceux qui courent chaque jour sous mes fenêtres : si vous n’avez pas les cuisses de Gladiator, changez de trottoir vous me dégoûtez. Si vous continuez je vous lancerais des crottes de chien.

PS : je remets à demain mes efforts de gentillesse pendant le Carême.

Alyette se fait la malle, Amelia se barre en couille

Dimanche 1 mars 2009

– Mmmm… fait Alyette
– Un vendredi de Carême Maman !!  Non mais vous vous rendez compte ! Alors je lui ai répondu « Yvanrick les vendredis de Carême il ne se baffre pas ma chère »… évidement elle m’a regardée offusquée, mais je voulais un peu marquer les distances… vous auriez fait la même chose Maman, non ? Une raclette un vendredi saint et puis quoi encore !! Alors après j’ai tourné les talons et j’ai dit assez fort pour qu’elle puisse m’entendre « on a visiblement pas élevé les torchons ensemble… »
– Mmmmh… refait Alyette en soupirant. « Mais qu’est-ce que j’ai fait au monde pour avoir une fille aussi chiante… » pense-t-elle en fixant les rideaux de sa chambre qu’Edwige vient de tirer. Ses lunettes sont pleines de buée à cause de la soupe de poireaux que sa dernière fille vient de lui servir, Alyette trouve que ça pue. Elle l’a posée sur ses genoux, et elle ne bouge plus tandis qu’Anne-Marie lui raconte ses bresteries et qu’Edwige écoute la conversation en faisant des « Han !  » « Nan… » et en répétant les derniers mots de toutes les phrases de son ainée « un vendredi de Carême !! » « les torchons ensemble ! »
Et puis brusquement Alyette s’est levée.

Son bol de poireaux a volé, Anne-Marie a crié « Maman ! Maman ? Vous êtes toujours là ? », Alyette a attrapé une valise sous son lit, mis quelques effets dedans au hasard, enfilé ses chaussons et puis elle est partie. Elle a claqué la porte de sa chambre sous le nez d’Edwige, éclaboussée de poireux et immobile de stupeur. Alyette a attrapé les clés, dévalé le perron et mis le contact de sa voiture. Alyette s’est barrée. Edwige a poussé un petit cri, pris le combiné et d’une voix tremblante a annoncé à Anne-Marie « Maman vient de nous quitter ».

Amelia pleine de désespoir s’est inscrite sur Face Book. Elle trouve ça super entre deux lampées de porto. Elle a retrouvé sa meileure amie, Noémie Lamouille, et son premier amour Raoul Grochun. Un type extra qui lui disait « t’as de grochun tu chais ! », ça la faisait rire aux larmes. Bon le problème c’est qu’il sentait la frite car ses parents tenaient un petit bistrot dans Nemours. Et puis quand la mère d’Amelia l’a vu elle a failli avoir une attaque, du coup elle a envoyé sa fille en pension. Raoul a troqué son duvet contre une superbe moustache. Amelia passe son temps sur Face Book, elle fait tous les test, elle met des photos de ses enfants et des clichés d’elle il y a cinq ans, avec des légendes « Cap Bénat, août 2008″. Raoul lui a dit qu’elle n’avait pas changée. Ça lui a fait plaisir et elle lui a répondu que ce serait marrant qu’ils se revoient tous les deux, non ?Raoul a répondu « le problème c ke j’habite Madrid » ce à quoi Amelia a répondu « no problemo ! ». Amelia a besoin d’air et de paëlla.