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Archive pour décembre 2008

Drames en série – 4/ Le pichet améridien de Mumu est pété

Vendredi 12 décembre 2008

Jérémie n’en peut plus de bonheur… Nadine lui a acheté des chaussons en forme de pattes de tigre et c’est les pieds posés sur la table basse, une bière à la main, dans un nouveau sweet en polaire blanc, qu’il regarde l’élection de Miss France 2008. Il est au chaud, Renaud pour Noël s’est offert l’écran plasma KRP-601 de chez Pionner, un vrai bijou. Nadine lui prépare un plateau-télé mexicain à base de purée d’avocat, elle est ravie que son fils soit revenu, ce mariage c’était une connerie, on va prendre un mec et tu vas avoir la garde partagé de Guirec et point barre. Et je veux plus entendre parler de ces cons de Kertruc.
– « Maman viens voir y a Miss Côte d’Azur qui s’est chié dessus !! » Nadine accoure en faisant des « Oh… nan ! Dans sa belle robe ?!! » . Jérémie la rassure, je veux dire au sens figuré : regarde elle est dé-goû-tée cette conne ! Nadine s’assoit à côté de son fiston, Miss Pays-de-Loire elle me ressemble quand j’étais jeune… Jérém’ trouve que Miss Réunion est bonne, Nadine lui rétorque que là, elles doivent toutes avoir une haleine de caniche rapport au fait qu’elles ont l’estomac vide et noué. Tu sais quoi, Maman ? J’organiserai bien un concours de Miss dans le coin, ça pourrait être chouette non ? Nadine sourit : il est plein d’idées Jérèm’ …

Mumu est assez occupée ces derniers temps : elle a décidé de réaliser elle-même tous ses cadeaux de Noël. Après tout elle a beaucoup de talent et ce serait dommage d’aller claquer de la tune dans les magasins alors qu’elle sait tout faire. Après des années de cours d’encadrement, de réfection de fauteuils, d’aquarelle et de peinture sur porcelaine, des années où elle en a collé plein la vue à tout le monde tellement elle était douée, ce serait quand même con que personne n’en profite, ça lui a coûté assez cher comme ça. C’est le service à café sur le thème améridien qui va lui demander le plus de temps, mais bon, c’est pour sa sœur qui adore le style maya. Elle y est depuis deux semaines et ça n’avance pas beaucoup, même si le résultat est spectaculaire de beauté a dit son mari. Et tu n’as pas vu le pichet !! a dit en clignant de l’œil Mumu. Elle a sorti un pichet avec des petites figurines de Pacha Mama peintes sur un fond turquoise très original, Thierry a sifflé : schuiuuiut et ben notre maman, qu’est-ce qu’elle est douée ! En septembre elle a réalisé des petits bijoux en pâte Fimo pour ses nièces, et pour ses parents ce sera une belle aquarelle de leur maison dans le Limousin, encadrée par ses soins. La prof n’a pas arrêté de dire que Kandinsky pouvait se rhabiller à côté des œuvres, essentiellement abstraites, de Mumu. Depuis elle prend des airs modestes quand elle dit qu’elle peint, mais dans le fond elle sait qu’elle a un réel talent de ce côté là. Oups ! a fait Thierry, Muriel je suis désolé il m’a échappé des mains… Muriel a regardé par terre, Pacha Mama gisait en mille morceaux sur le tapis, des heures et des heures foutues en l’air… Thierry a dit « Honnêtement je le trouvais un tout ptit peu trop flashy… » Mumu a fondu en larmes…

Ouais je sais… Tout ça c’est dur mais je tiens à faire partager des épisodes un peu trash à mes lecteurs, car la vie c’est ça aussi :
« ça tient parfois à un pichet maya »©lapinmalin 

Drames en série – 3/ Anne-Marie a foiré Billings

Mercredi 10 décembre 2008

– Hello Anne-Marie ! C’est Prune !
– Oh ! Prune ! Comment ça va ? Et les p’tits loups ?
– Écoute ça va, je te remercie. On a tous eu une rhino carabinée, du coup Bertille est sous antibiotique, mais à part ça… Petits enfants, petits soucis ! hein !
– Tu as eu mon message au sujet du Temps Fort des Mamans ?
– Oui, mais écoute je t’appelais à ce propos : je suis très embêtée car Solène organise ce même jour un café géant chez elle, et le tout-Brest y sera, tu ne trouverais pas une autre date ?
Anne-Marie est furieuse, toute son organisation fout le camp. Elle se démène depuis un mois pour trouver un emploi du temps qui correspond à tout le monde, le père Pallanville devait même intervenir sur les coups de onze heures pour bénir toutes les mamans (c’était une surprise qu’elle leur préparait) et voilà que Solène Touffu, la femme de l’Amiral, colle une sale ambiance avec un café, auquel, comble du comble, elle n’a pas été invitée… Pourquoi ? Elle trouve ça carrément audacieux de l’oublier, elle qui est sur tous les terrains : Appel, paroisse, KT, bourse aux vêtements du quartier, tournante de livres et même prière des mères… Elle relève la tête, elle a mal au cœur. Ça fait un petit mois qu’elle a des nausées… Elle participe pourtant régulièrement à des séminaires sur les méthodes naturelles, animés par des amies zélées de sa tante Guyonne… non… c’est impossible… Elle tripote le col relevé de sa chemise bleu ciel, dubitative, quand une petite voix demande « Maman, vous nous autorisez à regarder une cassette sur Sainte Catherine Labouré ? »

Annie rentre tout juste de Djerba. Un séjour court mais qui l’a remise sur pied, il faut dire qu’elle a trouvé l’amour ! Enfin, un petit flirt avec un des serveurs de l’hôtel, 28 ans, un corps de rêve et… tout ce qui va avec ! Avec son nouveau 85C personne ne lui résiste, Youssif lui a même parlé de mariage ! Ouh ! La ! Mon pauvre Youssif ! Tu me vois en djellaba blanche à mon âge, hein ? (elle lui a fait croire qu’elle n’avait pas encore cinquante ans !! Et il l’a crue !!) Youssif a ri, elle a pensé à la chanson de Dalida… elle a mis de l’or dans ses cheveux, un peu de couscous dans son pieu… elle a les larmes aux yeux quand l’avion atterri. Mais elle lui a promit qu’elle reviendrait et de son côté il a juré qu’il l’attendrait, elle secoue la petite lampe magique qu’il lui a offerte en gage de fidélité… décidément elle les fait TOUS tomber. Dimanche prochain thé dansant à Torfouille-le-Chateau, elle compte leur faire une petit démo de danse orientale qui va les retourner. Belinda pourra même se rhabiller !!

Vous me demandez des nouvelles de Mumu ? Mumu est très, très occupée. Mumu a des projets…

Pourquoi Mumu est-elle occupée ? Vous le saurez dans notre prochain épisode, je vous révèlerai aussi le menu de Jérémie Fritard… Si ! Si !… Soyez sages en attendant !

 

 

 

Drames en série – La vengeance de La Rose des Vents

Mardi 9 décembre 2008

C’est Renée Bouchowsky, qui, un balai de cabinet à la main se dirige vers Belinda en rigolant. Il lui manque une dent sur deux et elle fout la trouille à tout le service car ses réactions sont toujours très innatendues. Elle n’est jamais à court d’imagination, et elle adore se cacher, c’est sa farce préférée. Belinda recule, attention Madame Strouchky, euh, attention c’est dégoutant ce que vous faîtes ! La veille dame a des hoquets de rire, elle fait semblant de mettre le balai dans la figure de Belinda, qui devient rouge. Non ! Non ! Je ne trouve pas ça drôle ça suffit ! Belinda esquive les coups, se prend quelques gouttes sur le front, murmure putain je vais vomir si elle continue, et parvient à s’échapper. Elle se dirige vers le bureau d’accueil, Katy et Rosy, qui sont de garde ce jour-là n’ont même pas un regard pour Belinda qui s’avance vers elles poursuivit par Madame Bouchowsky qui pleure de rire. Katy fait comme si elle ne voyait rien et continue tranquillement sa conversation « … et après, sur ta brochette, tu alternes écrevisses- poireaux, attention hein les poireaux tu les passes à l’eau bouillante avant et coquilles Saint J….
– J’ai un problème avec quelqu’un ! S’il vous plaît !! Oh !! Les feignasses !! Je vous parle !!! hurle Belinda.
Katy arrête sa phrase, se racle la gorge, tapote avec son bic sur son agenda, hausse les sourcils en soupirant et fixe sa collègue en battant des paupières. Nan mais je rêve là ! Qui c’est qui nous traite de feignasses ? Rosy prend sa respiration, regarde ses ongles puis Belinda, recule un peu sur sa chaise roulante :
– Écoutez Mademoiselle Chiron, ça fait des dizaines de fois qu’on vous explique qu’un jour ou l’autre vous aurez des ennuis avec les pensionnaires. Malheureusement vous refusez de nous écouter et ça vous amuse de les exciter tous les mardis. Soit, c’est votre choix. Maintenant, pour la dernière fois – Rosy pose ses coudes sur son bureau et croise les mains – nous vous demandons de cesser de semer le bazar car vous nous donnez le double de boulot, tout le service est en surmenage hebdomadaire quand vous arrivez. Quant à votre vocabulaire, il va falloir le modifier , parce que les feignasses elles en ont plus que marre de subir le boudin du mardi en tutu à franges qui…
Rosy n’a pas le temps de finir sa phrase Raoul Grumon lui assène un grand coup de canne dans le nez. Elle pousse un hurlement, Katy, paniquée, a décroché son téléphone elle a juste le temps de dire « on a un problème au rez-de-ch… » quand Renée Bouchowsky lui enfonce dans le gosier une vieille couche. Les yeux révulsés Katy tente de se débattre tandis que Monsieur Grumon la ligote au dossier de sa chaise avec la corde à sauter de la salle de gymnastique. Rosy le nez en sang essaye de s’échapper mais Madame Bouchowsky, ancienne médaille d’or d’athlétisme aux JO de Varsovie en 1934, lui lance un presse-papier en plomb qui l’atteint à la tête et l’assomme. L’alarme retentit alors et les pensionnaires restent immobiles, tétanisés par le spectacle…

Tout va bien pour Anne-Marie ce mardi là. Elle rédige une petite note à l’intention de quelques amies car elle s’est lancé dans l’organisation d’un « Temps Fort de l’Avent pour les Mamans ». Mais soudain, la sonnerie du téléphone retentit…

Demain vous saurez qui appelle Anne-Marie et pourquoi… Âmes sensibles s’abstenir…

Drames en série

Mardi 9 décembre 2008

Gérard est d’attaque ce matin. Il s’est levé tôt pour tailler les haies et planter quelques graines : À la sainte Catherine toutes graines prend racine. Comme il avale sa rasade de café dans un bol en arcopale blanc, Alyette, le corps moulé dans une vieille robe de chambre lustrée d’un bleu sale et passé se racle la gorge avant de lui demander s’il compte aller chercher l’autre fainéant qui roupille dans les communs. Ah ! Que oui ! Et j’ai du boulot pour lui, va falloir qu’il laisse sur son matelas le baobab qu’il a dans la main, répond Gégé en tartinant ses biscottes. Allez ! J’y vais ! Gérard enfile sa barbour, ses bottes et pose une casquette sur sa tête. Alyette renifle et murmure au boulot la pègre… puis elle plonge sa main dans la boîte en fer, prend trois sucres, en remet un : c’est la crise et le moindre centime compte à présent. Gérard monte d’un pas bourru l’escalier et cogne à la porte, Jérémie lui ouvre et le regarde en se frottant les yeux. Jeune homme, j’ai besoin de main d’œuvre ce matin ! lui lance joyeusement Gérard en lui tendant une bêche. Jérem’ a regardé l’instrument, a sourit et a dit et puis quoi encore ? Du nerf mon gaillard ! a crié Gérard, ici on aime pas les paresseux. Et moi j’aime pas les vieux !! a hurlé Jérémie. Vous me faîtes tous chier, je peux plus vous supporter, tiens puis ta bêche tu sais où tu peux te la carrer ? Hein ? Jérémie brandit l’outil vers Gérard qui se met en position de boxe anglaise. Que se passe-t-il ? a demandé d’une petite voix enrouée Armelle. Il se passe que je me casse ! Jérémie a attrapé son jean, poussé Gérard et s’est enfuit. Armelle a hurlé Nooooooon ! Revient ! Mais la voiture a démarré et Jérémie s’en est allé. Gérard a gueulé  » Revient salopard ! », mais il était trop tard…

Amelia se verse une troisième rasade de gin, y a plus que ça dans sa planque secrete, juste derrière la poubelle de tri sélectif. Elle a vidé toute sa réserve cette semaine. Elle se passe une main maladroite sur le front, se met debout, titube, lève un doigt vers le plafond et dit « aide-toi et le Ciel… le Ciel… « elle se rassoit et cherche la fin de la phrase. Elle boit une gorgée, pense que tout le monde l’a laissée tomber, même son grand amour ne répond plus : Renaud Fritard s’est barré, elle avale un sanglot, finit d’un trait son verre, regarde dans le vide et, trainant sur chaque mot annone « et le Ciel t’aimera hein ? C’est ça ?… ».
 » Ma chérie ! Voyons ! Tu te laisses encore aller à la mélancolie et je n’aime pas ça ! » lui a lancé gaiement son mari en la voyant pleurer un coude posé sur le coin de la table.  » Tu es fatiguée, tu as largement mérité un petit somme, si ! si ! allez viens avec moi… » Il a porté sa femme sur son lit, Amelia s’est écroulée et il a envoyé un petit texto en mettant du gel dans sa mèche teinte : « elle est bourrée. prépare-toi j’arrive ! »

Et trois ! Et quatre et je tourne !! Bravo !! Bravo Raoul !! Belinda applaudit suivie de tous les petits vieux, elle est fière d’eux. Par contre aujourd’hui l’odeur est assez chargée, elle a besoin d’air… Elle fait quelques pas dans le jardin d’hiver, quelques mouvements de relaxation, expire longuement, refait sa queue de cheval, quand un petit bruit derrière elle la fait sursauter…

Attention ! Je m’engage à partir d’aujourd’hui à écrire un peu tous les jours… Vous saurez dès demain qui se cache derrière le ficcus de « La Rose des Vents », où Jérémie s’est replié, avec qui Monsieur Legoulle trompe sa femme et surtout comment Anne-Marie de Kermouette s’est planté dans la méthode Bilings, malgré toutes les recommandations de Guyonne… chaud devant !