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Archive pour octobre 2008

Mumu est furax

Mardi 14 octobre 2008

Furax.
Mumu est furax.

Elle était à deux doigts de la perfection. Tout était au top. Le mousse d’avocat dans les verrines était parfaite, fraîche et fondante, les assiettes étaient chaudes, Mumu a fait chic, comme au restaurant elle les a servies une par une. Il y avait une bonne ambiance de rentrée, les Couillaronce sont arrivés avec une bouteille de rouge et les Brochet avec une composition florale asiatique. Les enfants ont dit bonjour très aimablement avant de monter se coucher. Mumu s’est donné un mal de chien toute la soirée, la tête dans le four et dans les mini-quiches elle avait chaud et ça faisait couler son rimel bleu. Elle avait mis un petit haut qui lui découvrait les épaules et un pantacourt en flanelle grise laissant découvrir ses chevilles larges et des petits escarpins vernis noirs. Au moment de passer à table son mari a tiré les chaises par le dessous de la galette parce qu’il trouve ce geste élégant et parce que Mumu vient de les faire recouvrir, ça lui a coûté les yeux de la tête. Les verrines colorées ont fait de l’effet (le rose des crevettes était la couleur complémentaire du vert des avocats), tout le monde s’est régalé. Puis, pendant la blanquette, alors que l’on commençait à disgresser sur la population locale, Mumu a senti que c’était le moment. Comme Christophe Brochet évoquait les frasques de la petite Kermouette et du mariage qui avait fait tant de bruit, Mumu en a profité pour placer que ce qui l’avait le plus choquée, c’était le relation extra-conjugale de Renaud Fritard et Amelia Legoulle. Les morceaux de blanquette sont restés suspendus, Hélène Couillaronce a dit mais de quoi tu veux parler et Mumu a tout lâché. Qu’elle pourrait écrire un roman tellement elle en sait, mais que, bonne âme, elle ne veut pas en dire trop, elle déteste faire du mal aux gens et c’est bien pour cela qu’elle n’en a jamais parlé, je vous demande de rester discrets. Patricia Brochet a éclaté de rire et lui a répondu qu’elle avait beaucoup trop d’imagination et que cette histoire était grotesque. Ah ! Tu nous faisais une blague ! a crié Benoît Couillaronce, ce que tu peux être drôle ! Hélène Couillaronce a rétorqué qu’elle trouvait ça plutôt de mauvais goût comme plaisanterie et qu’avec des bêtises pareilles on faisait courir des rumeurs extrêmement blessantes. C’est idiot, Muriel, crois-moi, lui a-t-elle dit en remettant ses petites lunettes en acier en place, ce genre de farces on ne les emporte pas au paradis … Tu crois que je les ai pas vus à poil, hein ? a hurlé Mumu en pointant son couteau vers Hélène. Elle en culotte ! Et lui en slip dans l’imprimerie ! Qu’on m’pende si j’mens, ‘deDiou ! Les invités se sont tous regardés, interloqués. Muriel, je crois que tu perds ton sang-froid ! a dit gaiement son mari. Mais l’ambiance était brisée, plus personne n’a prononcé un mot à part un bref passage sur le réchauffement climatique et l’agonie des manchots, réalisé par Benoît Couillaronce, qui essayait de masquer les reniflements de Mumu sur le point de pleurer. Il a même commencé une imitation du manchot empereur, mais sa femme lui a demandé d’arrêter parce que c’était pénible. Quand il sont partis, Mumu a éclaté en sanglot, son mari était estomaqué, lui a demandé ce qui lui avait pris, je sais pas, je sais pas, répétait en boucle Mumu. Sur le trajet du retour Hélène Couillaronce s’est entretenu avec son mari de cette histoire avec Renaud Fritard, se jurant d’en toucher deux mots à une de ses amies qui est très très proche des Legoulle, puis elle a conclu en parlant de Mumu « chassez le naturel, il revient au galop, Mumu, dès qu’elle s’énerve reprend son accent du Limousin »… Patricia Brochet a trouvé la réaction de Muriel totalement déplacée, mais cette histoire lui a mis la puce à l’oreille, il faut qu’elle appelle une de ses amie demain, « quand à l’imitation des manchots de Benoît, je n’en peux plus, à chaque dîner il recommence… ».

Excédée.
Alyette est excédée.

La soirée d’Edwige promettait d’être splendide, elle avait même posé des bougies dans des pots de yaourts en verre sur le rebord des fenêtres de La Gérardière. Edwige était ravissante dans son bustier en velours caramel, sa mère avait planqué ses boutons dans le dos à coups de fond de teint, on ne voyait presque rien. On était allé chercher les cousins du Calvados au train, quand elle les a vus Alyette a dissimulé sa joie : trois beaux garçons qui lui ont fait le baise-main, elle réservait l’ainé pour sa fille. Tout a commencé à se gâter quand les nièces d’Orléans ont fait leur apparition en jupe courte et bottes, elles avaient un air qui ne plaisait guère à Alyette, ces deux-là n’ont pas interêt à se faire remarquer parce que je te les remettrai à leur place rapidement, avait-elle glissé à l’oreille de Gérard en tartinant les derniers carrés de pain de mie avec des rillettes de sardines. Au premier rock Edwige semblait voler au milieu de la piste, comme elle est belle ! pensait Alyette qui espionnait tout par l’embrasure de la porte. Au bout de deux heures quand elle est revenue voir ce qu’il se passait, elle a constaté qu’Edwige était assise seule avec une amie sur une chaise, ce qui ne lui a pas plu, et qu’il manquait du monde à l’appel : les nièces d’Orléans et les deux cousins ainés du Calvados. Certes il restait le dernier mais il avait une tête de demeuré qu’Alyette n’aimait pas. Elle est sortie avec sa lampe torche en faisant mine d’appeler son chien, quand elle a aperçu quelques malins au loin, près du banc en pierre, nullement gênés, une bouteille à la main, en train de se gondoler. Ah ! Les gredins ! a murmuré Alyette en se précipitant vers eux. Elle a vu alors que deux d’entre eux s’embrassait sur la bouche, et elle a eu un choc en reconnaissant l’ainé des garçons. Si je vous dérange, n’hésitez pas à me le dire ! a-t-elle aboyé en se plantant devant eux. Il y a des endroits pour faire ce que vous faîtes, jeune homme. Quand à vous, Mademoiselle, je vous prierai de vous rhabiller et de rentrer vous coucher. Vos parents seront informés d’une telle attitude, et vous deux rendez-moi cette bouteille. Tu crois qu’ils auraient baissé les yeux ??? demandait-elle à Gérard le lendemain en lui racontant l’anecdote, tu parles ! Ça pouffait de rire en plus de ça ! Ah ces deux gamines je ne suis pas prête de les recevoir encore !
Edwige a passé une bonne soirée quant à elle, elle s’est éclatée sur la chanson « Vive le roi ! » dont elle connaît par cœur les paroles.

Heureuse.
Belinda est heureuse.

Elle a annoncé hier à Franky qu’elle quittait la troupe : elle a trouvé du boulot, c’est un projet un peu fou. Mais ça, je vous le raconterai la prochaine fois : attention sensations garanties ! Nous retrouverons Annie, de retour de Djerba, ça va être dingue ! Tout va péter, c’est le crach boursier ! (je voulais faire une petite rime sur un thème d’actualité).

 

Et au fait je sais, je sais, j’ai du retard, pardon. C’est gentil de vous préoccuper de mon sort car c’est vrai, je suis fa-ti-guée : je suis sur le point d’accoucher du quatrième. Mais cette fois il sera carré et en papier, je lui cherche un titre et je vous tiens au courant. Bye bye les huîtres !