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Archive pour juillet 2008

Le mariage d’Armelle de Kermouette/2

Lundi 7 juillet 2008

En se levant ce matin, Alyette aperçoit quelque chose qui flotte au loin, près de l’Orangerie. Mais c’est qu’elle n’est pas très réveillée : cette nuit en cachette elle s’est levée pour aller voir la robe de mariée d’Armelle. En ouvrant le drap elle a failli avoir une attaque et n’a pu se rendormir qu’à l’aube. Elle attrape ses lunettes, mais ne distingue que des taches rouges. Elle s’habille pour aller voir : les Fritard sont à l’œuvre et ont commencé à conchier les lieux. Nadine salue Alyette qui lui tend le bout de ses doigts, Melody s’approche pour dire bonjour, Alyette esquisse un sourire grimaçant en hochant la tête demande « et vous êtes ? » Melody, répond la jeune femme en mâchant un chewing-gum, ah ! oui… murmure Alyette en détaillant des pieds à la tête son interlocutrice au look baba-cool. Puis Alyette de Kermouette tourne la tête et reste médusée par tant de laideur. Les ballons aux couleurs criardes rivalisent avec les banderolles en crépon. C’est beau hein ? demande Nadine très fière. C’est que je n’ai pas du tout l’habitude de ce genre de fantaisies, dit Alyette en plissant les yeux pour essayer de lire ce qu’il y a sur les ballons. Je vais aller faire quelques bouquets d’hortensias et je les apporte… euh… en revanche les ballons dans les orangers je vous demanderai de les enlever car ça va les abîmer… Melody a regardé sa mère excédée, elle n’aime pas qu’on vienne perturber ses méthodes de travail.

Alyette traverse le parc et rentre dans la cuisine où Gérard prend son petit-déjeuner. C’est la fête à neuneu là-bas, ils m’ont salopé l’Orangerie, lui balance sa femme, les Fritard ont envahi les lieux avec un tas de sa-lo-pe-ries (elle prononce tout bas le mot en articulant un maximum), dès qu’ils auront évacué les lieux tu me feras le plaisir d’aller crever les ballons en plastique, parce que les ploucs adorent le plastique et toutes les matières synthétiques, on leur dira que ce sont les chauve-souris. Gérard hoche la tête, répond qu’en même temps des chauve-souris en plein jour là-dedans ça se peut pas, Gérard ! ces gens là mettent les pieds pour la première fois de leur vie dans une orangerie, alors si tu crois qu’ils connaissent le mode de vie des chauve-souris de La Gérardière… ne va pas, s’il-te-plaît, prêter au Peuple des connaissances qu’il n’a pas…

Armelle part chez le coiffeur, Edwige enfile une veste et une jupe en soie sauvage bleue, Anne-Marie une robe chasuble en vichy rouge, Alyette remet l’ensemble bleu ciel qu’elle portait pour les fiançailles d’Anne-Marie, Gérard part crever les ballons avec son rateau.
Nadine a du mal à passer la tête dans son ensemble en mousseline sans que cela ne touche son chignon, Melody ajuste sa saharienne tandis que ses deux filles braillent c’est quand qu’on mange ? Les filles calmez-vous et allez voir Tonton pour me dire si il est prêt. Jérémie règle les détails de sa coiffure à grand coup de gel, dans deux heures je serai comme chez moi au château, dans dix ans mes petits-enfants viendront jouer à La Jérémirdière ! Armelle sort de chez le coiffeur, Alyette l’attend et manque de crever en voyant les anglaises qui dégoulinent de chaque côté du chignon. Tu ne vas peut-être pas aller comme ça à la chapelle ? Non, non, je suis désolée mais les tournicotis brillants là, c’est ridicule. Elle dépose sa fille devant le perron pour qu’elle monte s’habiller. Les Fritard arrivent avec les enfants et Jérémie à La Gérardière. Servane-Colombe qui les voit sortir de la voiture par la fenêtre de sa chambre demande pourquoi elle a pas eu le droit de s’habiller en chanteuse comme les autres petites filles. Anne-Marie jette alors un regard, fait han ! en découvrant les petites métisses en mini-jupe à volants jaunes et tongs à fleurs, coiffées d’un diadème en plastique et occupées à faire un concours de bulles avec leur malabar. Guyonne frappe à sa porte, entre comme un boulet, dit à Anne-Marie tu as vu dehors !!! Ils sont dé-gui-sés…

Les Fritard attendent avec impatience la mariée et quand Armelle apparaît Nadine secoue son poignée en disant mais qu’est-ce qu’elle est belle ! Jérémie, les larmes aux yeux s’approche et l’embrasse sur le bouche en lui tenant les mains, bon tiens-toi un peu Armelle lui dit sèchement Gérard. Anne-Marie, Guyonne et Edwige regardent Armelle avec des yeux ronds, Guyonne dit c’est pas tant la robe mais cette coiffure… Armelle sourit dans sa robe blanche à lacets rouge devant, qui ne ressemble finalement pas à grand chose. Anne-Marie les bras croisés, pince les lèvres et veille à ce que sa fille ne joue pas avec les gamines aux oreilles perçées.

Les cousins des Fritard attendent les mariés devant la mairie en faisant tuuutuut!! tuuut!! Un par-terre de ploucs endimanchés tapent des mains en criant Jérém’ ! Jérém’ ! Jérém’ ! et Gérard et Alyette en silence, fendent l’assemblée dignement, suivis de Guyonne qui répète « quand même… » et de Tante Pipou qui tient son sac serré contre elle. À la mairie Armelle et Jérémie se disent oui, s’embrassent fougueusement en sortant, le bisou ! le bisou ! le bisou ! hurlent la famille des Fritard. La bénédiction religieuse se passe bien, les chants de Guyonne ne connaissent aucun succès, et elle chante seule accompagnée d’Edwige, qui, émue par le mariage de sa sœur, fout plein de morve dans la flûte traversière et collectionne les fausses notes. Les cousins, oncles et tantes de Jérémie se sont extasiés devant le château, ont dit à Jérémie, fier comme Artaban, putain mon vieux tu te fais pas iech ! Au cocktail, qui est copieux, Alyette tord la bouche en voyant les Leguoulle arriver et murmure  » tiens ! après les ploucs, les pique-assiettes ! On m’aura tout fait. « 

Amelia est très gênée en disant bonjour à Renaud. Mumu rôde, à l’affût, un sourire au coin des lèvres, tout en se goinfrant de verrines, Tante Pipou demande à Anne-Marie si les Fritard sont de gauche ou à droite ? Et puis soudain, Nadine demande qu’on se taise. « Armelle, commence-t-elle, je suis heureuse de t’avoir pour belle-fille car c’est pas tous les jours qu’on a un fils qui se marie avec une princesse comme toi, je vous souhaite d’être heureux et vous remercie pour le merveilleux petit-fils que vous nous avez déjà donné, c’est magique d’être mamie, elle retient un sanglot, dit je m’excuse je suis émue, alors longue vie à vous et que la fête commence ! Musique ! ». C’est à ce moment que les Franky’s Sisters sont arrivées au pas chassé la main au ceinturon. Tout s’est bien passé, même Gérard qui n’avait pas molli sur le champagne, a tapé des mains en cadence. Armelle a crié « Yi ha ! », les cousins Fritard ont sifflé avec leurs doigts et Amelia a vu que Renaud regardait les cuisses des danseuses. Elle a essayé de lui montrer qu’elle était là avec des petits signes discrets de la main, mais chaque fois dans son champ de vison, Muriel Riboulchon lui rappelait qu’elle serait désormais toujours entre eux deux. Belinda a donné tout ce qu’elle avait, pour prouver à tout le monde qu’elle en était capable. C’est quelques minutes avant la fin que le drame s’est produit : quelques secondes d’inattention ont suffi pour qu’elle se prenne les pieds dans son lasso. Elle s’est vite relevée et les autres ont continué comme si de rien n’était, mais elle a su, Belinda, elle a lu dans le regard de Franky que Nashville, pour elle, c’était terminé.

 

Conseil du jour : trop de verrines tue la verrine.

Le mariage d’Armelle de Kermouette/1

Lundi 7 juillet 2008

Répétition générale
Hier soir Nadine a chargé sa voiture, afin qu’elle puisse être tôt à la Gérardière pour y installer toute la déco. Melody, sa fille, qui vient de la région parisienne, sera là pour l’aider. Car Melody aime la déco. Valerie Damidot est son mentor; elle est pleine d’idées et on l’appelle souvent dans sa famille lorsqu’il s’agit de décorer une salle des fêtes. Elle a fait imprimer quelques ballons en forme de cœur avec le nom des mariés, prévu des guirlandes de papier pour l’intérieur de la salle et différents nœuds de tulle blanc pour la voiture des mariés et celles des autres. Le costard italien de Jérémie est prêt, la tenue de noce de Guirec aussi. Quant à Armelle tout le monde attend de la voir.

Franky a fait répéter une toute dernière fois la chorégraphie aux filles. Belinda s’est un peu améliorée au niveau du rythme mais sa faiblesse reste encore et toujours son poids qui, souvent, en fin de parcours, la pénalise de quelques secondes de retard. Franky lui rabâche pourtant « mollo sur les chocos, Bell’ « , ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre. Hier matin il a pété un cable quand il l’a vue avaler un paquet entier de gaufres au chocolat. Pendant que toutes les autres faisaient quelques étirements à la pause et buvaient des litres d’eau, il a retrouvé Belinda dans les vestiaires en train de se goinfrer. Il a hurlé « putain mais c’est pas vrai ! Je te demande de faire des efforts pondérales et toi tu te baffres dès que j’ai le dos tourné ! Méfie-toi Belinda, je te le dis une dernière fois, je ne veux que des winners dans ma troupe. » Et il est sorti en claquant la porte et en sifflant « grosse vache… » Belinda s’est mise à pleurer, avec ses doigts tout gras elle s’est frotté les yeux, Stella et Jess (Sandrine et Nadège) sont venues la consoler, lui dire que c’était un connard ce mec et qu’à partir du moment où elles se feraient repérer à Nashville elles le planteraient direct. En attendant Belinda, fais du mieux que tu peux et couche-toi tôt ce soir parce que demain c’est le soir S. C’est quoi le soir S ? a demandé Belinda. Ben… y a le jour J et le soir S, c’est comme ça. Yi ha Belinda !

Anne-Marie est arrivée à La Gérardière, avec ses quatre enfants. Gérard est parti à la gare chercher Guyonne qui animera la cérémonie religieuse, comment ferait-on sans notre Guyonne, répète-t-on inlassablement à La Gérardière. Alyette a appelé Nadine pour savoir si tout était prêt et si elle pouvait faire quelque chose, vous serez combien au fait a-t-elle demandé ? Quand Nadine a répondu trente-six Alyette a failli s’étouffer, comment ça trente-six… on avait pourtant dit « en petit comité », non ? C’est-à dire que nos familles respectives sont venues de loin et nous avons ajouté quelques amis, a dit Nadine, sans scrupule, puisque c’est elle qui se charge de tout. Alyette a raccroché, toute blanche, Anne-Marie s’est précipité vers elle en demandant « ça ne va pas Maman ? Vous voulez vous allonger ? ». Non, non, mais… je sens que le pire est à venir. Nadine de son côté a haussé les épaules : elle est gonflée celle-là… ça ne donne pas un sou et ça se permet des réflexions…

Armelle est allée chercher sa robe seule chez ArtemissMonde. Elle a choisi un modèle champêtre, avec boléro. Puis elle est allée la déposer chez ses parents afin que Jérémie ne puisse rien voir. Alyette a demandé si elle pouvait jeter un coup d’œil, ça me ferait plaisir ma chérie, mais sa fille lui a dit que ce serait la surprise ab-so-lue. Tu voudras que je te coiffe peut-être ? Non, merci, Maman mais je me ferai faire un chignon chez le coiffeur. Ouh la ! s’est exclamée Alyette, pas trop bariolé j’espère, parce que je ne voudrais pas que tu ressembles à une fille de concierge ! Tu me comprends ! Et ton fils ? Ton fils tu vas l’habiller comment ? Tu sais que j’ai encore quelques barboteuses ayant appartenues aux fils d’Anne-Marie et que j’ai cousues moi-même ! Oh non, merci, mais j’ai prévu un ensemble jaune pour lui. Le cortège sera jaune de toutes les façons. Le cortège ! a hurlé Alyette. Mais ! Tu aurais pu me prévenir, nous aurions mis Servane-Colombe et Vianney dedans ! Armelle a tordu la bouche en disant que c’était embêtant mais que Melody s’était occupée de tout, vu que ses filles seront demoiselles d’honneur. Melo quoi ? demande Alyette. « Me-lo-dy, la sœur de Jérémie, elle a deux petites : Luna et Maëva ». Oh… Luna et quoi ? C’est affreux… c’est amusant cette volonté qu’ont les gens d’appeler leurs enfants comme des caniches… « Maman par pitié ! » lance Armelle exaspérée. Mais sa mère renchérit : le problème, c’est qu’avec le jaune il faut jouer fin, tu sais, et c’est que le jaune ça ne donne pas bonne mine aux enfants… Alyette est furieuse que ses propres petits-enfants ne fassent pas partie du cortège, ils auraient relevé le niveau.  » Mais les filles de Melody sont métisses Maman ! Alors le jaune leur va très très bien ! Et pas de gaffe, pas de réflexion : ils sont divorcés, donc leur papa ne sera pas là « . Alyette est restée muette de stupeur. Dans un souffle elle dit juste : si tu pouvais éviter de dire leur « papa », on dit leur « père », juste ça…

Haine absolue. Passion tragique.

Jeudi 3 juillet 2008

Quand Alyette, fraîchement revenue de Brest, a ouvert l’enveloppe blanche elle a fait un « oh ! » de surprise, en fronçant les sourcils. Mais enfin… mais qui… Gérard ! Viens voir ! Gérard !? Qu’est-ce qui fabrique l’imbécile ! Gérard est arrivé, le dos vouté, il faut dire qu’il bosse pas mal dans le jardin en ce moment. Il a lu c’est toi la salope ferme-la, d’un ton neutre, Alyette a dit non mais tu te rends compte ! Gérard a haussé les épaules, a dit c’est du n’importe quoi avant de repartir bouturer ses hortensias. Alyette a cherché qui pouvait bien lui envoyer cela, mais ça ne lui fait pas peur. Ah ! Ça non. Des comiques elle en connaît et elle en a mâté plus d’un. Elle déchire le billet et s’apprête à téléphoner à Nadine Fritard.

Nadine jubile. J-4, son médecin lui a recommandé quelques pillules pour l’aider à dormir car elle est très, très excitée. IL faut dire que tout est chronométré et millimétré pour la noce. Mariage à la mairie à 16 heures, cérémonie religieuse à 16 heures trente, lancer de colombes, coktail-dinatoire de dix-huit heures à vingt-et-une heure, les invités en auront pour leur argent. C’est Bichon, le traiteur de Perchouin-les-Croches, qui s’occupe de tout. Champagne à volonté, verrines en tout genre, zakouskis divers, entremets délicats, tout y sera. Au moment de la pièce montée elle enverra les « Franky’s sister » sous les applaudissements des cousins de Savoie. Elle imagine Jérémie, un peu à la Rick Divers, embrassant la mariée. Les mômes à Melody (sa fille ainée) dans des petits costards faits sur-mesure, la fête battra son plein, ce sera magnifique. Armelle a choisit sa robe seule, il paraît que c’est surprise-surprise et très originale… Nadine part gaiement à son cours de fitness, dernière ligne droite avant d’enfiler sa tenue de sirène.

Mumu arpente désespérément les rues de la ville dans l’espoir de croiser Amélia ou Nadine, mais elle n’a vu personne. Le vent de panique qu’elle espérait semer ne s’est jamais levé, pas un potin à ce sujet, et pourtant elle était de tous les petits cafés, de tous les aprèm’ bricolage et de toutes les tournantes de livres cette semaine. Tous les soirs elle passe devant l’imprimerie mais il ne se passe rien, elle voit Renaud fermer la porte et s’en aller. Chaque soir, elle donne un coup de poing dans son volant en criant et merde ! Ce soir elle rentre chez elle, passe devant l’imprimerie et son cœur bondit, Amelia est planquée derrière un arbre et attend. Mumu se gare, attrape ses jumelles, ah ! les tourtereaux sont de retour ! Allez ! Allez venez que je vous attrape !

Amelia en fin d’après-midi a composé le numéro de Renaud Fritard. Elle lui a juste laissé un message « ce soir 20h j’arrive. A. » Alors au moment où Renaud tourne la clé, elle lui saute dessus en criant « coucou c’est moi ! », Renaud bondit, dit « tu m’as fait peur », Amelia répond ouvre la porte s’il te plaît en ricanant derrière un éventail. Renaud rouvre, Amelia le pousse à l’intérieur, d’un geste fait voler ses escarpins, ferme la porte d’un mouvement d’orteil, attrape Renaud par le col et l’embrasse fougueusement. Renaud dit ouh la la, Amelia fait une petite chorégraphie sexy qu’elle a apprise sur Internet, quand elle tourne sur elle-même on voit son string, Renaud a très chaud, il souffle et dit petite sorcière ! Amelia fait la tigresse avec des Rhououoiiu, Renaud la jette sur un tas de papier, Amelia lui arrache sa chemise, il prend la jupe de cette dernière et d’un geste la bazarde derrière des piles de paperasse, Amelia recule à quatre pattes en continuant de faire Rhououiiuiu, Renaud en caleçon entame des ronds-de-jambe un peu naz, surtout que sur ses chaussettes blanches on voit deux petites raquettes bleues et rouges qui se croisent, Amelia enlève son soutien-gorge, se met à genoux comme sur les couvertures des magasines, lève les bras et se dit je suis la grâce incarnée, Renaud n’en peux plus, il s’apprête à la rejoindre en sautant quand une voix brise son élan « Alors les p’tits malins ! On s’éclate ? ». Mumu, le coude posé contre la poignée de la porte sourit en jouant avec son trousseau de clés. « Ouais… je passais… à tout hasard… j’avais des faire-parts à commander pour une copine… ». Amelia, pivoine, rattrape son soutien-gorge, dit « ben ça alors… Mumu… » Mumu l’imite en grimaçant « ben ça alors Mumu », puis elle rentre dans une énorme colère en tapant du pied « et ben quoi ? Hein ? Mumu la conne ? Mumu qui ne voit rien ? Mumu le bouche-trou qu’on appelle juste pour coller les timbres quand on est à la bourre ?  » Elle a les larmes aux yeux. « Je croyais qu’on était des amies. Des heures. J’avais mis des heures a réalisé des bijoux dans le thème de ta soirée de merde. Et toi, toi, tu m’as jetée comme une merde… ». Amelia se relève, Renaud cherche son pantalon en se raclant la gorge. Mumu lance ses clés en l’air, les rattrape, fait claquer sa langue, en fait elle ne sait plus trop quoi dire. Elle conclut : « Je tiens à être des vôtres le 7. C’est moi qui ai les cartes maintenant ». Et elle s’en va en boitillant, car la nuit où elle a glissé devant la maison des Fritard, elle s’est fait une entorse. Elle laisse Amelia ramasser sa jupe en reniflant, Renaud remettre sa chemise. La partie fine est terminée.

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La pécheresse d’Aurélie de La Pontais
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