Archive pour mai 2008

LE POINT

Mercredi 21 mai 2008

À la demande de beaucoup d’entre vous je fais ici un petit point, apparemment nécessaire, pour que les habitués du blog puissent mémoriser les personnages et pour que ceux qui arrivent, n’aient pas tout à relire.

Dans une petite ville de Province vivent quelques familles que tout le monde connaît. Les Fritard, par exemple, Nadine et Renaud. Renaud a monté son imprimerie, il marche assez bien, suffisamment en tout cas pour que sa femme, Nadine, puisse prendre des cours de fitness et se faire les ongles de pied devant Amour, Gloire et Paté, série qu’elle suit depuis toujours, surtout depuis que Renaud a investi dans un écran plat géant, Nadine collectionne les dauphins en cristal et les tenues de cocooning. Ils ont deux enfants, Jérémie, jeune homme passionné par la généalogie et l’heraldique, et Mélody (avec un « y »), qui vit en banlieue parisienne. Il y a aussi les Cropet, le dentiste et Eliane, sa femme. Ils ont un enfant qui a l’âge de Jérémie, Florient. Et puis les Burgnion, lui est avocat. Et les Riboulchon aussi, Mumu et son notaire de mari. Mumu n’a qu’une idée en tête dans la vie : faire chic. À n’importe quel prix. De loin elle peut faire illusion quand la petite est en smoke, mais de près quand elle secoue le poignet les doigts écartés en murmurant les yeux mis-clos « ben bon-jour… » on sent le naturel caché sous sa médaille qui revient au galop.

Et puis surtout il y a les Leguoulle. Jean-Pierre Leguoulle dirige une énorme entreprise de produits lactés ce qui lui a permis de grimper dans l’échelle sociale et de faire croire, à tort, à sa femme Amelia, qu’ils y sont arrivés. Ils possèdent une très belle maison, une très belle voiture et deux très beaux enfants, Lorenzo et Sarah, accessoirisés jusqu’au bout des pieds, car chez les Leguoulle comme chez les Cropet l’accessoire est roi.

À quelques kilomètres de notre ville, vivent dans une magnifique propriété, les Kermouette. Vieille famille fauchée, qui tient à ses principes comme à la prunelle de ses yeux, Gérard et Alyette ont eu trois enfants, il faut dire qu’Alyette s’est mariée sur le tard, sinon ils auraient rêvé d’une immense famille. Chez les Kermouette on préfère le chapelet à l’Ipod, la spiritualité règne en maître. Leur fille ainée est dans le moule (moule social, moule Tupeurouère et moule marinière), mariée à un sous-marinier (Yvanrick de Rotrenfion), elle vit à Brest et attend son quatrième enfant, ça me fait penser qu’il faut qu’elle accouche. Anne-Marie est un modèle d’organisation, du genre qui met son roti de porc au four avant d’aller à la messe et la reine des mondanités, elle note tous ses cafés et ses ventes privés dans un agenda qui la suit partout, dans la petite pochette de son sac à dos de ville. La cadette c’est Armelle, Armelle la rebelle. Depuis qu’elle est née elle s’évertue à contourner les règles qu’on lui impose, ses yeux crient braguette depuis qu’elle a quinze ans et son mauvais goût inné l’a poussé dans les bras de Jérémie Fritard dont elle attend le niston. La dernière s’appelle Edwige, c’est la copie de sa mère et de sa tante Guyonne (qui est bonne-sœur), elle joue de la flutte traversière et connaît la seconde voix de toutes les chansons cathos. Dans l’univers d’Alyette on trouvera quelque fois Marguerite-Marie et Simone, ses copines de la paroisse et Tante Pipou, la cousine de Gérard, qui bouffe à tous les rateliers.

Autour de ce petit monde on saura qu’il y a Aline, commerçante entre la vie et la mort, dont l’ex, Francis Pruchin, s’est barré pour se réaliser dans la country. Ne vous inquiétez pas Mesdames Franky revient toujours quand on s’y attend le moins, mais de grâce, n’oubliez pas Francis Pruchin, l’homme qui tire plus vite que son nombre (il a mal compris la réplique).

Y a -t-il des questions ? Je vous écoute. Merci. Et bisou surtout.

La soirée rose d’Amelia Leguoulle – suite et fin

Dimanche 18 mai 2008

– Ma puce, merci ! C’était vraiment festif ! dit Nadine en embrassant Amelia sur les deux joues.
– Comment ! Vous partez déjà, mais la soirée commence ! hurle Amelia, les pommettes rouges. Renaud ! Renaud ! Un bisou ! Amelia se dirige vers lui, elle trébuche quand le talon de son escarpin droit se coince entre deux lattes de teck, elle murmure un « p’tain » avant de tomber dans les bras de Renaud Fritard qui, en la retenant, fait légèrement glisser le haut du fourreau. Amelia se rhabille en ricanant et laisse échapper un hocquet. Les yeux un peu vitreux elle bafouille qu’elle n’a pas molli sur les bulles. Mumu qui est arrivée à son secours lui conseille d’aller un peu s’allonger. L’index pointée Amelia bafouille qu’elle ne se couche jamais seule ma chérie, Mumu l’excuse auprès des Fritard qui filent à l’anglaise. Amelia fixe Mumu et lui balance tu sais que t’as vraiment l’air con avec tes cerises, tu sais où on voudrait te les coller ma belle ? Offusquée son amie tourne les talons avant de rejoindre ses amies pour les avertir qu’elle est assez inquiète au sujet d’Amelia qui se tient très mal, elle murmure « je crois qu’elle est pompète ». Ravies d’être au cœur de l’action, la femme du dentiste et celle du pharmacien court prévenir Jean-Pierre qu’il est temps d’écourter la soirée et de virer les derniers.
On réveille Gérard qui s’est assoupi le nez dans son PQ, il regarde sa montre en faisant « Oh ! Pétard ! ». Il salue Jean-Pierre Leguoulle, pince les fesses d’Amelia devant Marguerite-Marie qui fait « oh! » en posant un poing indigné sur ses lèvres et prend sa voiture. Alyette l’attend en lisant la vie de Sainte Marsouine-des-Alpes, mais elle a du mal à se concentrer. Quand Edwige vient lui dire bonsoir tout en s’exclamant Papa n’est toujours pas rentré ! Alyette lui répond que son père adore les gens ordinaires comme tu sais, et que d’ailleurs Armelle a hérité de ce goût-là. Toi tu es plutôt de mon côté, lui dit tendrement sa mère.

Jean-Pierre Leguoulle assoit sa femme sur un transat et remercie les derniers qui s’en vont. Eliane Cropet avec sa grande queue rose fait tomber la composition florale que les Fritard ont offert ce soir, Oh ! Mince ! s’exclame JP en ramassant avec précaution les cactus. Allez aurevoir ! lui lance les Riboulchon, et bisou, hein, JP ! crie Mumu en agitant la main. Oui, oui, à bientôt, dit Jean-Pierre Leguoulle en fermant sa porte. Il rejoint sa femme qui gémit dans son transat, il lui reproche gentiment d’être bourrée comme un canon ma princesse. Amelia sourit, c’est la plus heureuse : quand elle repense aux bras puissants de Renaud qui l’ont retenue, elle est parcourue de frissons…

Dans leur Mercedes les Fritard sont contents d’avoir passé une si bonne soirée. Nadine fait des « Bonjour la classe !! » en secouant le poignet. Renaud sourit, mais il est ailleurs : il est très troublé par le bout des seins qu’Amelia lui a laissé entrevoir. Mumu est un peu vexée et ne dit pas un mot. Quand son mari lui demande pourquoi on ne l’entend pas elle fond en larme et lui demande si elle a vraiment l’air con avec ses cerises. Mais enfin ma chérie pourquoi tu dis ça tu étais de loin la plus jolie ! s’exclame son mari jovialement. Marguerite-Marie s’offusque du dernier geste de Gérard de Kermouette en déposant Simone devant sa porte, elle dit qu’il s’égare et puis franchement son nœud papillon en papier toilette c’est pas limite-limite ? Gérard monte prudement l’escalier, quand la dernière marche craque il entend hurler « c’est pas trop tôt j’espère que tu n’as pas bu une goutte, tiens ben tu parles… ». Gérard fait des « Ohhhhh ! ohhhhhh ! ma lyette » qui lui répond tu sens la vinasse couche-toi je ne veux pas qu’Edwige te vois dans cet état-là. Elle souffle tant et plus : dans cinq jours une centaine de cousins Kermouette viennent déjeuner à La Gérardière. Tous les ans à la même époque ils se réunissent pour fêter l’anniversaire de l’adoubement de Tancrède Pignon de Kermouette, une tradition à laquelle cette famille tient beaucoup. Et qui va encore se cogner les trois kilos de taboulé à réaliser ? C’est elle, Alyette the Chef.

La soirée rose d’Amelia Leguoulle

Jeudi 15 mai 2008

–  » Nan ! Me dis PAS que c’est toi qui l’a fait !!!  » s’exclame Mumu en ouvrant la porte et en découvrant le sautoir rose d’Amelia. Amelia sourit pour accepter le compliment, murmure je te montrerai c’est enfantin à réaliser, et embrasse Mumu en faisant attention à ne pas faire déborder son gloss. Mumu est la première : les tronches de cake ont toujours de l’avance dans ce genre d’événements. Mais Mumu ce soir se sent investie d’une mission : seconder Amelia dont elle est devenue l’amie depuis quelques temps. Mumu pose une main sur sa bouche et secoue l’autre, sa machoire inférieure bascule, on voit sa langue, elle n’en revient pas. Il faut dire qu’Amelia a déployé les gros moyens, elle a tout changé chez elle : elle a même fait retapisser son entrée. Plus tard dans la soirée elle dira à Nadine Fritard qui admire les gros médaillons framboises du papier peint :  » j’aime quand le rococo fleurte avec le baroque » ce qui laisse Nadine pantoise, elle retient la phrase car elle trouve que tout ce que dit Amelia est classe. Amelia se penche pour embrasser Renaud qui vient d’arriver en lui caressant familièrement l’épaule, dans un grand sourire elle demande « tu vas bien toi ? », Renaud répond ça va, un peu troublé. Amelia a choisi sa tenue entre mille : un fourreau rose fait sur-mesure, qui rappelle la robe de mariée d’Ivanna Trump, tenue équivoque qui lui moule le fessier et lui remonte les seins audacieusement.
Le buffet est extrêmement raffiné, les roses s’entrechoquent au travers de verrines travaillées. Tout est délicieux et quand on félicite Amelia elle répond : c’est que du bonheur ! Gérard a fabriqué un nœud papillon en papier toilette, une idée lumineuse d’Edwige qui dégoûte tout le monde et qui le fait rire aux larmes, un peu bourré il se bat avec sa barbe-à-papa qui lui colle au dentier, tout en savourant sa huitième coupe de champagne rosé. Une heure après tout le monde Natacha Cropet (le femme du dentiste) apparaît dans un déguisement de panthère rose, volant ainsi la vedette à Amelia qui la trouve d’un ridicule désarmant, elle glisse à l’oreille de Mumu « c’est drôle cette façon systématique qu’elle a de vouloir se faire remarquer, non ? ». Mumu acquiesse, les bras croisés faisant valser ses boucles d’oreilles en forme de cerises assorties à son collier, une création personnelle qui lui a demandée des heures et des heures de boulot. L’ambiance est assez détendue, les hommes d’un côté, parlent d’affaires tout en cirant les bottes de Jean-Pierre Leguoulle, tandis que les femmes de l’autre côté abordent différents sujets. Nadine Fritard frime un peu, elle dit qu’elle marie son fils prochainement et elle annonce à voix basse en faisant trembler son double menton « qu’elle va même être Mamie mais que c’est un secret Mesdames !« . À ces mots, Marguerite-Marie jette une œillade entendue à Simone qui se racle la gorge avant de demander à sa voisine, Eliane Burgnion (la femme de Maître Burgnion), si « elle était au courant, elle, pour la petite Kermouette ? ». Eliane racle sa verrine de fruits rouges et lui répond tout en fixant Gérard que tout le monde sait et que elle-même ça fait longtemps qu’elle disait que cette gamine filait un mauvais coton, rappelle-toi Maguie qu’en CP elle se peignait en cachette les ongles de pied…

Dans un murmure général d’émerveillement, deux serveurs apportent une énorme pièce montée rose, on crie « Bravo ! Bravo ! », Amelia rosit en remettant ses mèches en arrière, elle répète « c’est que du bonheur ! », elle passe de groupe en groupe demande à ses copines qu’elle appelle « ma chérie » ou « ma belle « , si elle ont ce qu’il leur faut, on lui répond que c’est parfait, du jamais-vu, qu’elle est géniale, et puis la musique démarre. Thierry Burgnion invite Amelia à danser sur la terrasse en teck, il est gaucher et n’a aucun rythme, Amelia passe un très mauvais moment mais elle garde son sourire sachant que tout le monde la regarde. À la fin de la chanson l’avocat renverse sa partenaire en arrière qui fait « whou ou h ! » elle sent qu’elle est la reine de la soirée elle lance même un bras gracieux vers le ciel, un vieux réflexe de danse classique qui épate les Fritard.

Pendant ce temps à la Gérardière, Armelle a préféré un moment de calme pour présenter son faire-part à sa mère. D’un ton désinvolte elle lui amène dans le jardin, pendant qu’Alyette termine quelques boutures d’hortensias. Elle annonce  » voilà Maman, Nadine vous fait dire que c’est prêt, c’est beau non ? ». Alyette regarde le papier glacé et nacré que sa fille tient dans les mains, elle fait une grimace, baisse la tête en regardant par dessus ses lunettes et demande c’est quoi cette cochonnerie. Armelle dit c’est pas de la cochonnerie, moi je trouve ça jolie. Sa mère prend le carton l’ouvre, enlève ses lunettes, demande si c’est une plaisanterie. En guise de réponse Armelle lui tend l’enveloppe en murmurant « ça c’est l’enveloppe, c’est raffiné mais je sais pas si ça va vous… ». Alyette lui arrache l’objet des mains, le déchire et dit à Armelle qu’elle ne souhaite pas en voir d’avantage, que pour sa part ça va bien les conneries, elle va se fabriquer toute seule ses faire-parts, parce que tu vois ma petite, le ruban de jarretière ça amuse peut-être beaucoup le peuple mais moi ça ne me fait pas rire une seconde, merci et tu peux disposer. Sur ces mots elle se précipite sur le téléphone pour tout raconter à Anne-Marie qui fait des « Oh la la la ! » à l’autre bout du fil avant de conclure qu’il va falloir devancer les Fritard pour le faire-part de naissance, sinon on va se cogner des Bienvenu au bout de chou de 51 centimètres, la maman qui se porte bien et le papa qui envoie des bisoux…

 

DRAME CHEZ LES KERMOUETTE – 13/ Mademoiselle

Dimanche 4 mai 2008

 

 

 

 

La marraine d’Armelle est arrivée. Elle est venue passer le week-end car elle fait le pont, ce qui va lui permettre de parler un peu avec sa filleule, Alyette lui ayant demandé de « remettre les pendules à l’heure avec Armelle ». Elle appartient à une communauté catholique et travaille dans un collège de jeunes filles à Neuilly-sur-Seine. Même si elle brûle d’amour pour Jésus elle sème la terreur auprès des petites filles qui l’appellent Mademoiselle. Elle est sadique, Guyonne de Courrière, parfois elle descend au réfectoire, choisit sa victime et lui pose un doigt sec et froid sur son épaule. Elle ouvre sa bouche ornée de quelques poils raides et foncés, et dans un souffle fétide qui hérisse les petites tresses de la martyre elle murmure « tu passeras me voir tout à l’heure dans mon bureau… ». La petite fille la regarde pleine de terreur sans pouvoir finir son pudding rance, ce qui ravit Mademoiselle et lui fait penser qu’elle a du pouvoir. On dit qu’elle a beaucoup d’autorité avec un cœur immense, en vérité elle est aussi méchante qu’elle est moche, avec ses cheveux éternellement gras et sa mâchoire simiesque.
Mademoiselle descend du train, on aperçoit ses gros mollets velus
(Mademoiselle est gourmande) sous sa longue jupe bleu marine, embrasse sa sœur Alyette dans un grand sourire de dents jaunes et demande à Edwige de lui porter sa guitare (Mademoiselle aime chanter). Alyette lui dit que la situation n’est pas simple, Mademoiselle demande si Armelle était îvre lors de son « premier rapport » (Mademoiselle adore parler de ces choses-là). Alyette dit je ne sais pas, mais tu sais elle manque terriblement de repères en ce moment, tu verrais le futur gendre qu’elle m’a dégôté : aucune allure, des poils sur le menton, un porcinet en sweet-shirt et fier de lui avec ça. Quand aux parents… et bien… Alyette avale un sanglot, et bien heureusement que Maman n’est plus de ce monde pour voir ça… Mademoiselle passe sa langue sur ses gencives, prend l’air impliqué et dit tout bas « sale gamine, va… ». Puis montant dans la R5 d’Alyette elle fredonne Seigneur prend pitié, Seigneur, prends pitié… Edwige s’exclame « Ah ! Je le connais celui-là Tante Guyonne ! Do-Mi-Fa-Do-dieze-Ré ! ». Et Mademoiselle approuve en proposant « un petit duo ce soir avec ma guitare et ta flûte ! ». Alyette secoue ses mèches grises en souriant et soupire Ah ces deux là !

 

Armelle attend sa marraine en grignotant des bonbons et quand elle aperçoit la voiture de sa mère au bout de l’allée elle murmure « pitié pas cette conne de Guyonne… ». À peine a-t-elle posé un pied par terre que Mademoiselle se dirige vers la chambre d’Armelle, elle toque sèchement et entre en croisant les bras. Bonjour Tante Guyonne dit Armelle, bonjour Armelle dit Mademoiselle en l’embrassant sur le front. Puis elle la prend contre son cœur en fermant les yeux et Armelle respire par la bouche parce que sous le chemisier blanc ça sent l’oignon chaud. Mademoiselle espère avoir quelques détails croustillants mais Armelle reste évasive, ça la soule, elle voudrait voir Jérem’ hélas il est en cours toute la journée et le soir Alyette exige que sa fille soit là. Alors, cet enfant, ce « cadeau du Ciel » (Mademoiselle fait des guillemets avec ses doigts en l’air) quel prénom vas-tu lui donner ? Armelle dit je sais pas, enfin j’aime bien Leo et pour une fille ce sera plutôt Beverly… Comme c’est dommage de ne pas donner un prénom bien français ! Et puis Leo ce n’est pas vraiment un nom ça hein ! Armelle soupire, elle pense que dans deux mois tout ça c’est fini, et tout en fixant Guyonne elle rétorque « C’est vrai vous avez un tellement joli prénom, vous ! ».

Mademoiselle redescend et rentre dans la cuisine l’air préoccupé. Elle lève la tête, soupire, se tient la lèvre supérieure entre le pouce et l’index et s’adressant à Alyette : « je suis inquiète au sujet de ta fille… ». Alyette, les mains dans les œufs mimosas, répond je sais c’est une catastrophe. Guyonne s’approche et dit à voix basse le pire de tout c’est qu’elle se fout royalement dece que l’on pense… quand à sa foi… ? Envolée, disparue, fffittt… Alyette lui explique qu’il va falloir se b attre, se battre pour le prénom, se battre pour le baptême (tu vas voir qu’ils vont nous le coller en casquette blanche) et tout et tout. Ah ! Si seulement Padre Pio pouvait nous filer un petit coup de pouce, murmure Guyonne.

 

« Toute ressemblance entre les personnages de cette nouvelle et les personnages de la réalité relève d’une intention délibérée du lecteur. Moi, je suis blanc comme neige, encore qu’écrire dans le but de divertir implique un mode parodique qui conduit fatalement à caricaturer des visages et des esprits réellement existants. »
Manuel Vázquez Montalbán (
Assassinat à Prado del Rey)

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Illustration d’Aurélie de La Pontais

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