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Archive pour janvier 2008

31 janvier 2008… merci les filles !

Jeudi 31 janvier 2008

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Personnages de Province. 2/Amanda, vendeuse chez Rmesse

Lundi 28 janvier 2008

Un grand machin sorti de son pavillon de grande banlieue et qui prend des airs de princesse. Depuis qu’elle est vendeuse chez Rmesse elle pense avoir gravi tous les échelons de la société et être arrivée au top, même si elle sait qu’un destin encore meilleur l’attend peut-être un jour rue du Faubourg Saint Honoré. Sa boutique est vide la plupart du temps et pourtant elle a l’air d’avoir un planning surchargé. Quand elle ne range pas toutes les cravates sur la même latitude, ou qu’elle n’enroule pas toutes les ceintures dans le même sens à 3,43 cm du bord, elle prend une calculatrice et fait n’importe quoi avec. Quand vous entrez, elle vous toise avec un sourire forcé barbouillé d’une couche de rouge à lèvre bordeaux, planque son « Point de vue et Images du monde » derrière le comptoir, et file au fond de sa boutique comme si le destin du Darfour y était. Si vous arrivez accompagnée d’un enfant dans sa boutique elle le regarde comme s’il s’agissait d’un alligator à la diète, avec deux elle palit, avec trois vous n’avez pas essayé mais c’est tentant. Quand vous lui tendez l’unique bijou Rmess que vous possédez, celui que l’on vous a offert pour les vingt-sept mois que la fabrication de trois petits garçons a nécessitée, elle vous regarde avec l’air mauvais. Vous lui expliquez que vous ne comprenez pas qu’un tel objet se dédore et soit déjà rayé, elle vous demande ce que vous faîtes avec. Vous lui répondez « tout » parce que vous la portez tous les jours, de la varape bien sûr et même le ménage. Au mot « ménage » elle écarquille les yeux et prend une mine offusquée. Elle voudrait que l’on pense que parce qu’elle est vendeuse chez Rmesse, elle dispose d’une armée de bonnes et que les problèmes de « ménage » ne la concerne plus. Elle répond qu’elle ne peut rien faire pour vous et fronce méchament les sourcils en voyant l’enfant déplacer les petits cubes noirs qui indiquent les prix, dans tous les sens. Au premier qui tombe par terre elle se précipite en criant « non ! NON ! NON ! », ce qui vous amuse énormément. Vous vous penchez vers elle , vous lui murmurez « et dis-donc Popeye, tu me passeras un coup de balai avant de partir parcequ’hier c’était vraiment dégueulasse ». et vous sortez sans avoir à ouvrir la porte, chez Rmess il y a un monsieur pour le faire. Et sans avoir résolu votre problème. La vendeuse a juste prit vos coordonnées téléphoniques sur un morceau de papier pour se débarasser de vous et de votre encombrante progéniture. Il va falloir revenir, avec le chien cette fois…

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Illustration d’Aurélie de La Pontais http://www.aureliedelapontais.com
contact@aureliedelapontais.com

Personnages de Province. 1/Amelia, la femme de…

Jeudi 24 janvier 2008

La femme du directeur général du groupe « Legros et Patalait »

Amelia est asez jolie, assez gentille, mais, il faut bien l’avouer, elle est très très chiante. Et tout le monde lui lèche les bottes. Même si sa compagnie n’a strictement aucun interêt : tout le monde la recherche. Parce que son mari occupe un gros, un énorme poste et que sa situation impressione considerablement tous les locaux. Quand ils parlent de lui, les maris sifflent d’admiration « il occupe un gros truc ! ». Quand on présente sa femme , on dit « Amelia Leguoulle. La femme de Jean-Pierre Leguoulle. » un peu comme Charlotte est la fille de Gainsbourg, Amelia est la femme de JP, directeur général de « Legros et Patalait ». Amelia distribue aux intimes des « bonjour ma belle » qui font rosir de plaisir, parceque connaître Amelia signifie que vous n’êtes pas non plus n’importe qui. On se force tous à la trouver « délirante » quand elle met un foulard autour du cou de son cocker, « entreprenante » quand elle propose une visite de la vieille ville suivi d’un brunch entre amies ou tout simplement « pleine de ressources » quand elle transforme un cageot de salade en bac à jardinage.

Quand on parle d’elle il faut avoir l’air de bien la connaître pour se faire un peu mousser.  » « Amelia compte changer ses rideaux la semaine prochaine » lance-t-on sur le ton de l’anecdote. Ou encore mieux « Amélia n’a pas le moral elle doit se faire opérer la semaine prochaine ». Admiration des unes, curiosité des autres « Ah bon ? de quoi ? ». On fait taire l’assemblée « j’ai promis de ne rien dire « , ce qui veut dire « Amelia et moi on est très TRES proches ». Dans les dîners les Leguoulle sont les stars locales, Amelia parle pour deux et personne n’osera jamais lui dire de fermer sa gueule. Parcequ’Amelia est la femme du directeur général de « Legros et Patalait ». Vous la connaissez vous aussi ?

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Illustration d’Aurélie de la Pontais. www.aureliedelapontais.com


Chantal Goya répond à Carla Bruni de Chambery…

Jeudi 24 janvier 2008

Par notre amie et collaboratrice du blog : Tentense-à-la-montagne
Sur l’air de « Ce matin un lapin a tué un chasseur »

Dans la forêt près de Rennes
Un beau jour est arrivé
Un p’tit lapin de garenne
A la plume bien acérée.

Tu décris si bien les choses
Dans « une vie bien comme il faut »
La province, c’est morose ;
J’en ai souvent plein le dos.

Refrain :
Ce matin, un lapin a quitté Paris.
C’était un lapin qui
C’était un lapin qui
Ce matin, un lapin, a quitté Paris.

C’était un lapin qui avait de l’esprit.
Lapin, ton humour dérange
Les parangons de vertu.
Ne serais-tu pas un ange ?
Mais de qui te moques-tu ?

Si, choqués par ton cynisme,
Certains te tirent dans le dos,
Réponds leur avec malice
Tel Diogène dans son tonneau.

Refrain

P’tit lapin, persiste et signe,
Et foin des esprits étroits !
Ponds nous donc encore des lignes,
Qu’on rigole encore une fois.

Car si la myxomatose
Atteignait notre lapin,
On n’pourrait plus lire sa prose
ça nous caus’rait du chagrin.

Refrain

Qui sait ? Quand nous serons vieilles,
Enterrées loin de Paris,
Nous chanterons les merveilles
De nos provinces endormies.

Autour d’un whisky verveine
A Rennes ou à Chambéry,
On s’dira qu’on a d’la veine
De s’être connues à Paris.

Un hommage à Carla Bruni

Mardi 22 janvier 2008

On m’a dit que mon blog ne valait pas grand chose
On se demande pourquoi je n’vois pas tout en rose
On me dit que j’irrite les bonnes âmes et j’ose
Que je me moque des autres et que je suis morose
Pourtant quelqu’un m’a dit…

{Refrain:}
Que mon blog est pourri
C’est quelqu’un qui m’a dit que mon blog est pourri
Serait-ce possible alors ?
Pourtant quelqu’un m’a dit…

On me dit que le blog se moque bien de nous
Qu’il ne nous donne rien et qu’il se permet tout
Parait qu’le cynisme n’est pas bien constructeur,
On me demande de changer de ton et d’humeur

Mais qui est-ce qui m’a dit que toujours je daubais ?
Je ne me souviens plus c’était tard dans la nuit
J’entends encore la voix qui me dit « t’es grillée
fais vite tes excuses, tu dois te faire pardonner »
Tu vois quelqu’un m’a dit…

{Refrain:}
Que mon blog sent l’hareng
C’est quelqu’un qui m’a dit et je m’en bats les flancs
Serait-ce possible alors ?
Pourtant quelqu’un m’a dit…

mhmmmhhhmmhhhh en la mineur ya de l’ayatollah dans l’air mmmhhmmm bémol bémol et ferme ta gueule dans ton blog… mmmhhmmh…mmmmhhmmmmhhmmmm… fa do fa…

Tirez-vous les Rois Mage !

Vendredi 18 janvier 2008

Autant j’adore Noël, autant j’adore quand tout ce foin est terminé. Derrière moi le sapin, la traversée de Rennes avec le téléscope géant et le 31, j’en ai suffisament bavé (car j’en bave dans la vie au cas où certains n’auraient pas compris…). Pour le réveillon, redoutant une cuite de plus de Chéri (pour qui tous les moyens sont bons afin de s’en coller une), n’ayant aucune envie de revivre une nuit aussi pourrie que l’année dernière (des langoustines en tête à tête avec mon beauf et ma belle-sœur), ni aussi cruelle que celle de 2006 (Chéri – 1m88, 94kg – faisait le chien, il est monté dans le coffre, s’est mis à aboyer et je me suis demandé comment j’allais le faire sortir par -8° à quatre heures du matin), je me suis organisé une petite soirée at home en invitant trois couples de copains. De Rennes. Parce que je ne sais pas qui a dit que Rennes c’était pourri, mais moi à Rennes je m’éclate et j’ai un tas d’amis. Arrêtez de critiquer la Province, ça commence à m’énerver !

Le couple A vient avec les huîtres, le couple B avec le foi gras et trois enfants, le couple C avec des coquilles Saint Jacques, du rizzoto et un enfant. Je me charge du champagne, du fromage et du dessert. Pour commencer Chéri ouvre les huîtres dans la buanderie avec Monsieur A. Ils piétinent dans l’eau de mer, salissent trois plateaux avant d’en choisir un quatrième en plastique, laissent une douzaine d’huîtres moisir derrière le sèche-linge et leurs verres vides au pied de l’évier, comme ça on est sûr de les retrouver. Pendant ce temps sept enfants sautent sur mon lit en écrasant des mini-bounty sur mes oreillers. Quand on passe à table, aucun enfant ne dort (c’est pas grave : j’adore les enfants et j’aime voir la magie du 31 briller dans leurs yeux !), ils regardent ET. Le dîner se déroule correctement, je pense à mes potes célibataires qui s’éclatent dans une grosse teuf dont le thème est « à poil ou à plume », les enfants attaquent en hurlant une bataille de smarties (adorable !), tandis que les plus petits crient de terreur à la découverte d’ET dans le champ de maïs. En cuisine, c’est la valse des assiettes et des confidences. Les uns me demandent si « les huîtres des Machin auraient pas prit un coup de chaud ? », tandis que les autres m’interrogent sur « ce que j’ai pensé du foi gras des Trucmuche ? » en tordant la bouche, suivis des derniers venant discrètement me dire que « le rizzoto a un drôle de goût, non ? ». Je réponds « heu… non, j’ai pas remarqué, je… on couche les enfants ? non … Ah… ok. Qui reveut de la bûche à la poire, chococrabe, amande, citron et poivre ? ».

Au diable la bûche, la dinde et tout le bazar. Au bûcher les guirlandes, Melchior et Balthazar et ceux qui crèchent sur ma commode imitation style Louis XVI. Cassez-vous tous de chez moi, avec vos cadeaux, vos fèves et vos chameaux, et à l’année prochaine. Je ne veux plus voir un berger. La mousse, les bulles et les boules c’est dans onze mois. Dans six mois on sera le 18 juillet 2008 et je suis sûre qu’il y a plein de beaufs qui ont déjà réservé la salle des fêtes pour le 08/08/008.

By ! By les huîtres !
(qui a trouvé pourquoi je dis “ by ! by ! les huîtres ” ?, le gagnant se verra offrir une photocopie du carnet de santé du premier mois de mon fils)

Le 12 janvier, j’ai marché sur la lune.

Lundi 14 janvier 2008

Y a pas un trou du cul qui m’aiderait… Seule avec mes trois moufflets (Chéri est sur place depuis deux jours), une valise, un sac à dos, une poussette et mon sac à paillettes, je m’engage chargée comme une mule dans les escalators de la Gare de Rennes, puis dans le train. Ils me regardent tous comme des veaux, je les déteste. C’est avec rage que je m’engouffre dans le train et que je commence à brieffer les enfants : “Dans le métro, vous ne dîtes pas « Ohhh ! c’est beau Paris ! » quand on passera au-dessus de la Seine, on ferait comme si on habitait encore Paris, d’accord ?”. Ils ont compris, ils ne feront pas de gaffes, rien ne me trahira, ils n’ont pas une once de boue sur les semelles, je quitte une ville balayée par des rafales de vent, de pluie et de bouse.

J’ai hésité à embrasser le sol comme Benoît XVI en Israël, une bise me caresse la joue, la Gare Montparnasse semble sourire, j’avance en profitant de chaque pas, il y a plein de pigeons, j’aime les pigeons. Arrivée près des escalators tout le monde m’aide. Les gens sont gentils, civilisés, ils me portent ma poussette, mes valises, ils sont beaux. Les enfants sont enchantés, le métro aérien leur fait l’effet de Space Mountain. Je retrouve ma tendre mother, la Tour Montparnasse est splendide. Il y a une patinoire installée devant la Gare et quelques zélés s’y entrainent. Ça me change des grands dadais du Parc, équipés jusqu’au cou, patinant comme des nazs, et qui crient les joues rouges « t’as vu Nolwenn comme Papa il est fort ! plie les genoux !! ».

Ma soirée est extra. Loin de la crême fouettée aux herbes sauvages, du petit coulis de fruits rouges sur un lit de mangues du Danemark, loin des problèmes de précocité, des débats sur la nécessité de doubler les rideaux et des bienfaits du Légo, je revis. Loin le pot-pourri de sourires bienveillants et de phrases niaises inspirées de Oui-Oui, loin les « Marie-Marthe, tu dis bonjour à la dame ou tu seras privée de Pom’pote’ ? », loin les trumeaux. Ma vieille bande de potes me fait l’effet d’une bonbonne d’oxygène, et leurs batailles de crottes de nez me laissent croire que le temps n’a pas d’impact sur nous. Mon copain Johannes me ramène, je traverse Paris by night, c’est splendide. Les trottoirs sont vivants, la Place de la Concore est divine, pas un père-noël accroché aux balcons, pas de ronds-point à la con, je suis légère. Je m’endors tard dans le ronron des voitures et me réveille tôt car chaque minute compte. L’asphalte m’appartient, je me fais l’effet d’une tétraplégique qui aurait retrouvé l’usage de ses membres, ouh ! ouh ! ouououh ! en apesanteur ! Appelez-moi Neil. Neil Armstrong. Je viens de faire un bond de cinquante ans en avant « one giant leap for a woman ».

Inutile de vous raconter le spleen qui m’a saisit quand il a fallu rentrer à Rennes. « Ben, pourquoi tu pleures, Maman ? » me demande le second. Je ne pleure pas, c’est l’herbe qui verdoit et le soleil qui rougeoit. J’ai sorti ma pâte à modeler Muji, achetée en solde, Super Picsou et Zoé Avril dans mon ipod. Chéri dit en baillant « Houffoufff, vivement la maison ! », je le fusille du regard.
Depuis vingt-quatre heures je cherche un moyen de devenir très riche pour acheter un appartement Rive gauche. Toutes les idées sont les bienvenues.

2008 : l’année de la… fuite.

Mercredi 9 janvier 2008

« Meilleurs vœux !! » m’a lancé Mumu sur le parking de l’école. Elle est ravie, aujourd’hui c’est SON jour : le fait de pouvoir présenter ses vœux lui donne l’occasion de coller le cul de tout le monde. Déjà le dernier jour d’école en 2007, elle baissait la vitre de sa voiture et criait « À l’année prochaine !! », enchantée par sa finesse d’esprit. Il me tarde de lui enfoncer dans les narines ma douzaine de chouquettes et de souhaiter qu’elle ne me parle plus de l’année.

Non, il ne faudra pas compter sur moi cette année pour les bonnes résolutions, car 2008 c’est l’année de la fuite. Pas de la frite, de la FUITE. Pas plus tard qu’hier j’ai réalisé que je me métamorphosais. C’est latant mais force est de constater que je tends à devenir une parfaite petite rennaise. Je me suis surprise à penser tout haut qu’il était inutile d’aller faire les soldes à Paris puisqu’à Rennes, « il y a tout ce qu’il faut »… Un ange m’a sussuré à l’oreille « c’est bien, tu t’assagies, tu grandis, bientôt toi aussi tu plaindras tes copains qui vivent dans 80m2 avec trois gosses, toi aussi tu trouveras que les gens à Paris ont un rythme de folie… » tandis qu’un diable enfonçais son trident dans le lobe de mon oreille en grinçant « Du nerf, ma veille ! Putain ! À ce rythme là, dans deux mois tu nous endors avec des discours sur les ravages de la méthode globale ?!! C’est quoi cette attitude ? Tu veux pas enfiler une polaire et organiser une aprèm’ couture avec les copines pendant qu’on y est ? ». C’est vrai, je me laisse aller. En plus j’ai remarqué pendant les vacances que je vieillissais de plus en plus vite. Je progresse vers la page de droite dans les carnets mondains du Figaro, je dis des phrases comme « vous laissez les grandes personnes tranquilles » et je trouve que les chanteurs de mon époque comme Florent Pagny ou Vanessa Paradis ont « pris un sacré coup de vieux ». Ça me rappelle maman qui disait « comme il a veillit ! » en regardant Hervé Vilard.

Il est temps pour moi de me ressaisir. Pour commencer je pars vendredi soir à Paris : je rentre chez moi. Je vais respirer du pot d’échappement, courir dans les couloirs du métro et danser devant les flûtes de Pan des péruviens. Je vais redevenir la vraie pétasse que j’ai su être, bousculer les obèses dans les escalators et écrabouiller les pieds des mémés avec mes talons. Hein ! Hein ! Hein ! Je laisse ici mon déguisement de parfaite petite ménagère qui fait sa purée maison et s’acharne à faire briller sa cuvette de chiotte en chantant Mary Poppins.Voilà ma résolution pour 2008 : c’est pas l’année du Mérite. Et 2009 sera l’année de la teuf.