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UNE VOCATION DE SERPILLÈRE

Hier, mercredi 5 décembre. Temps ignoble, ciel saturé de nuages noirs. À midi le dernier de mes fils m’a balancé le montant d’une chaise dans l’œil droit : j’ai failli tomber de douleur, j’ai pleuré accroupie dans ma cuisine, j’ai un œil au beurre noir. À dix-huit heures, il faisait nuit mais la pluie avait enfin cessé, nous avons décidé d’une petite virée à la boulangerie avec les enfants, j’ai perdu l’ainé en vélo. Une demi-heure : la pire de ma vie. Une fourgonnette de flics m’a aidée à le retrouver, j’ai imaginé le pire, j’ai cru ne jamais le revoir. Quand j’ai composé le 17 ils sont arrivés dans la minute, quand j’ai composé le numéro de mon mari il a mit une petite heure avant d’arriver, il avait eu le temps d’acheter du pain frais et de passer au pressing avant de conclure qu’il « n’était pas du tout inquiet »… Je suis rentrée chez moi, trempée, vidée, avec mon mascara qui avait coulé sur mon œil violacé, j’aurai pu faire une pub pour « tu t’es vue quand t’as bu ? ». En me regardant dans la glace j’ai vu le sosie d’une serpillère. La dernière fois que j’ai eu cette impression c’était à la clinique, à la naissance du troisième. Tôt le second jour, l’anasthésite frappe à ma porte et rentre. Frais, la mèche gominé, parfumé, assez mignon, il me sourit et demande « Alors ? Comment ça va aujourd’hui ? ». Cela fait ving-quatre heures que je n’ai pas prit de douche, que je n’ai rien avalé, je suis perfusée à droite et à gauche, sondée et mon ventre a été reprisé de part et d’autre. Je végète dans une chemise de nuit jaune pâle que Maman m’a achetée pour « me donner bonne mine », le cheveu collé au front et la cuisse molle, je le regarde les yeux vitreux, j’ai envie de lui dire « je suis beaucoup mieux que ça d’habitude » ce qui serait ridicule et vraiment déplacé. J’ai vaguement sourit, je ne ressemblais à rien d’autre qu’une serpillère qu’on aurait poussée du pied dans un coin et qui dégoûterait un peu tout le monde.

Dans cette barraque, qui essuie les miettes, les pipis, les pleurs, les clémentines écrasées sur le parquet ? C’est moi. Qui essuie les bêtises des enfants et les remarques qui s’en suivent, les tempêtes et les échecs en mathématiques, les plâtres et la vaisselle, le verre d’Orangina et le bol de chocolat ? Qui est-ce qu’on essore, qui est-ce qu’on piétine ? C’est moi. La serpillère, ultra absorbante. C’est une vocation.

14 Réponses à “UNE VOCATION DE SERPILLÈRE”

  1. Reve des toiles dit :

    Génial, tu fais presque pitié. On aurait presque envie de pleurer, peut être tout simplement par qu’on prend juste conscience que finalement cette vocation que l’on cherche depuis si longtemps, tu nous permets enfin de mettre un nom dessus (un peu cruel) mais si juste. Allez courage !

  2. ClemOrange dit :

    La vache, complètement au fond du gouffre la serpillère !! Rassures-nous, c’est juste un passage, ou t’es VRAIMENT désespérée ?

  3. Sylvie dit :

    Pleure pas ma biche, et courage !! Moi j’en ai 3 qui ont la gastro, cela fait trois jours que je ramasse du vomi et que je fais tourner des machines toutes les heures, dès que l’un va mieux c’est l’autre qui s’ y met… sans parler du petit dernier qui réclame une tétée toutes les heures et demie … J’ai un teint moisi et je suis VRAIMENT habillée comme une serpillère !
    Grosses bises !!

  4. lapinmalin dit :

    J’avoue que le coup des flics hier ça m’a un peu assomée. Mais je fais un peu pitié avant d’êre ultra méchante. Mon prochain post passera mieux ;-)

  5. nath35 dit :

    tu parles d’une vraie serpillère????ou alors des trois poils ondulés de ton balet espagnol acheté chez GIFI?????? ;-) ))
    gros bisous et puis je vais t’appeler…..
    nath

  6. orelyly dit :

    Mais Lapin tu sais que tout les mercredis soir on est toutes des serpillères!

  7. As dit :

    Lapin malin, je ne sais pas de quoi tu te plains : RAPPELLE TOI quand numéro 2 a décidé d’être propre et qu’il a joué au cleps partout dans le salon >;-) avec des tas de m… près de la Tour à CD, si si tu vois, c’était-ti pas pire ? cétait-ti pas un vrai premier rôle de serpillière ??? mon dieu rien que d’y penser je vais défaillir…

  8. annelu dit :

    « le cheveu collé au front et la cuisse molle »——> J’ADORE!!!!

  9. Nath46 dit :

    Tu as dû carrément flipper avec ton fiston introuvable !!! l’horreur…
    Quant à la serpillère, ça fait ça parfois… mais ça passe ! courage !!! il en faut, ouais ! il en faut parfois !

  10. Tchouckinette dit :

    vive les enfants … vive les familles nombreuses … et vive les pères qui restent zen … je lui ficherais une baffe tiens !

  11. Mad dit :

    Mais non mais non, regarde bien attentivement la serpillère… elle quoi qu’il arrive, même après être lavée 5 fois de suite et avoir été posée dans un coin pour se reposer (quand elle peut), elle ressemble toujours à une serpillère : pas toi!

  12. grand-père dit :

    parfois tu me donnes l’impression de t’écouter un peu trop :-) ) .tes trois adorables bambins te fabriquent des souvenirs..crois-moi, dans vingt ans tu en parleras avec un sourire ému…

  13. geneviève dit :

    je m’amuse toujours autant en lisant vitre blog et aujourd’hui encore ça met du baume au coeur car ici le temps est pire que pouri. Amicalement

  14. donqui dit :

    bienvenue au club ! y ‘ des jours, on serait bien ailleurs …

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