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Archive pour novembre 2007

Casting de la nouvelle star

Vendredi 23 novembre 2007

Voilà. C’est fait. Je me suis inscrite au Casting de La Nouvelle Star 2008. Comme ça j’aurai un truc à raconter sur mon blog.

« Parce que tu chantes ????? » m’a demandé Mumu ahurie. Ben je chante… comme je nage. Un peu d’apnée, deux-trois brasses, en tout cas je ne coule pas. « Pour la chanson c’est pareil » lui ai-je répondu. Depuis une semaine je répète. Je me suis installé un petit studio dans la buanderie. Je pose mon poste radio sur la planche à repasser, je prends mon portable dans la main droite en guise de micro, je porte un casque anti-bruit-spécial-tondeuse (dans les clips on voit souvent les stars avec un casque dans les studios d’enregistrement) et je chante. Mon mari est jaloux : quand je raconte mes projets musicaux dans les dîners je lui pique la vedette. Alors il fait tout son possible pour saborder mes interprétations. Dès que je chante, il m’interrompt, il dit « c’est naz  » « c’est faux » « tout le monde va se foutre de ta gueule ». Même si je lui hurle « tu DÉGAGES !!!! » , je dois reconnaître qu’il n’a pas tout à fait tort… Mon « Divinidylle » dérape dans les aigus, mon déhanché laisse à désirer, je serai la plus veille du casting (interdit de participer si on est né avant 1974). Et en face de moi j’aurai un mur. Un mur de grandes tiges blondes, qui répète du R’nB toute la journée dans la cage d’escalier de leur HLM en prenant des mines de petites timorées brisées par la vie.

Moi j’hésite dans ma conduite à tenir. Est-ce que je vais me la jouer jeune et cool ? C’est hyper risqué avec mon mari et mes trois mouflets qui hurleront dans la file d’attente. D’ailleurs je ne sais pas combien de temps je vais devoir poireauter, y a marqué « prévoir un pique-nique ». Ou alors je me la joue « bande de petites connes, moi j’ai connu le bloc opératoire pour pondre mes trois gosses, alors c’est pas ça qui va m’atteindre ». Je ne sais pas encore… Il faut que j’y réfléchisse. Mumu me conseille « d’être moi-même », quel cerveau !

En tout cas j’ai RDV le 1er décembre à 8h00 à Nantes. Le 2 je pourrai vous raconter comment le jury m’a interrompue avec un franc « merci beaucoup » qui voulait dire « dégage la grosse, va torcher tes gosses et finir ton repassage ». Enfin le 2 j’aurai autre chose à raconter que mon plein de bouffe !

Je suis bio et je fais de la Sophro.

Vendredi 9 novembre 2007

Après avoir dit non, non à tout. Non au chapelet du lundi matin à dix heures chez Jeanne-Marie, non au chantier de l’éducation animée par Anne-Solange, non pour garder les mouflets d’Anne-Solange qui anime les chantiers de l’éducation, non à la méthode Billing’s, non au dîner chez les Latartopierre, non à la galette des rois chez les Latartopierre, non à la vente Brikbrokbrelok et Brikabraktucrak, j’ai dit OUI.

Je me suis sentie tout à fait libre, tout à fait Jannis Joplin, j’ai dit : « Chéri paye ton combi Volswagen », j’allaite mon fils de 22 mois, je bois du thé vert et je vais suivre des cours de sophrologie. OUI à la Sophrologie.
Assise en tailleur j’écoute l’animatrice. « Fermez les yeux » Je regarde si tout le monde ferme les yeux, ils ont tous les yeux fermés, c’est très très sérieux. « Vous vous concentrez sur votre Moi, vous ne pensez plus à rien… » (je ne peux pas m’empêcher de penser à ma voisine qui respire fort et qui pue des sandales) « …vous sentez votre tête, votre nuque, vous descendez, vous sentez votre dos et votre ventre, vous sentez vos organes génitaux… ». J’ai rigolé… Mais pourquoi j’ai rigolé ? Je sens que j’ai cassé l’ambiance, l’animatrice a ouvert les yeux et me fixe méchament. Je ferme vite les miens et je reprends ma respiration. « …vos organes génitaux, votre anus »… non, là c’est trop, le mot anus me fait mourir de rire… Je me mords les joues, je pose mes mains sur mon visage et je regarde à travers mes doigts si quelqu’un rigole : per-son-ne. « …vos cuisses, vos jambes et vos pieds ». Silence complet. J’ai envie de hurler : Sortez vos cahiers de géographie !! interro surprise !! ». Ça me gratte partout. L’animatrice met une petite musique. Je suis la seule à me tortiller. ScruichSCCROUICH : c’est mon voisin qui se gratte la tête : un paquet de poils de cul longs comme des lianes, je m’écarte légèrement, j’ai peur qu’il me refile ses péloches. Je me fais un tout petit peu chier. L’animatrice éteint la musique. « À présent vous êtes seule avec Vous. Et vous profitez pleinement de ce moment ».
PRuiinnch. Ah ! Y en a une qui a craqué une tôle !! Si !! J’ai très bien entendu. Ça c’est le jus de pomme bio : ça fait péter ! Tout lemonde ignore l’incident. Je suis secouée d’un fou-rire et je ne maîtrise plus rien. Surtout que je suis vraiment la seule à rire. L’animatrice s’est levée, doucement, à pas feutrés elle avance vers moi et me glisse à l’oreille « pour la paix du groupe, veuillez sortir, vous reviendrez lorsque vous serez calmée ».
Même quand j’écris ce passage ça me fait encore rire. Depuis la maternelle j’ai le même problème : je suis incapable de me concentrer…

LE COURS DE PEINTURE SUR PORCELAINE

Jeudi 8 novembre 2007

– TTttttttt tt tt tttt, soupire Mumu en secouant sa frange jaune, il faut que tu fasses quelque chose cette année. Pourquoi tu ne viendrais pas à mon cours de peinture sur porcelaine avec Marie-Jo ? C’est génial je t’assure, et pour toi qui sais dessiner, tu vas t’é-cla-ter. Et puis, on pique de ces fous-rire entre filles…
Je bafouille un truc qui ressemble à un oui et me voilà inscrite mardi en 8 à dix heures au cours de Marie-Jo.
J’arrive dans un petit pavillon en zone commerciale. Je sonne et pénètre dans l’univers du Maître. Sur un guéridon en face de moi un tas d’horreurs, visiblement peintes et exposées par Marie-Jo elle-même… Déjà que j’aime pas les chinoiseries mais là ça dépasse l’entendement.
« On se fait la bise ?  » dit Marie-Jo en me claquant le beignet. Je m’installe. Nous sommes six jeunes femmes. « Bienvenue parmi nous ! ». Elles m’accueillent avec des grands sourires avant de sortir, non sans un petit hochement de tête de satisfaction, leurs œuvres. Je suis horrifiée. Mumu me montre le service sur lequel elle « bosse » depuis des mois. Une vingtaine de pièces dans une ambiance arabe inspirée de la collection 2005 Villeroy et Boch et du catalogue « Partir au soleil » d’une agence de voyage. « Je t’en bouche un coin, hein ?  » me lance-t-elle avec un clin d’œil.
Je sors mon maigre matos et une tasse que j’ai achetée hier. « Houla la la !! Les tasses c’est pour plus tard ! C’est trop difficile ; aujourd’hui on va aborder le feuillage sur un carreau tout simple » s’exclame Marie-Jo. Et voilà comment je me suis retrouvée à faire des petites feuilles vertes sur un carreau de chiotte blanc tout en essayant de participer à la conversation centrale. « … et quand il m’ont posé la péridurale… je n’avais qu’un côté endormi… t’imagines ? J’avais carrément l’œil droit qui se fermait…! » « ben moi ils n’ont pas eu le temps… alors… l’épisio à vif… » Effet garanti : grimace générale, sifflement admiratif et solidaire. »Attention… ! Tes feuilles penchent à gauche… » me murmure Marie-Jo.
– Dis, Marie-Jo tu nous montres ce que tu fais en ce moment ? lui demande soudain une élève. Marie-Jo respire fort et dit « bon, d’accord c’est bien parce que vous êtes mon groupe préféré ! ». Mumu me donne un coup de coude, ravie.
Marie-Jo a sorti un plat octogonal avec comme simple décor de la volaille chétive et déplumée, des galinacés génétiquement modifiés par son coup de pinceau et une mise en couleur digne de ce nom.
Le groupe retient sa respiration et ma voisine soupire « pfff, c’est tout simplement ma-gni-fique… ». Marie-Jo dit « mais , chut ! c’est un secret hein ! c’est une surprise que je réserve à mes petits-enfants pour Paques ! ».
Mumu a offert son service à sa mère, il paraît qu’elle n’en revenait pas. Moi, je ne suis jamais revenue au petit cours de Marie-Jo.

MON STAGE COMMANDO À L’INTERMARCHÉ

Mercredi 7 novembre 2007

Hier, après neuf jours de vacances, le frigo fut vide. Un desert alimentaire digne d’une anorexique. Une tragédie shakespearienne : va falloir faire le plein de bouffe avec les trois monstres !!!!!
Je brieffe à fond les enfants dans la voiture et première erreur : je promets un petit cadeau pour les enfants sages. J’ai dit « PETIT » !
À peine ai-je franchi les portes automatiques du magasin que le dernier se tortille sur le siège du caddie et que les deux ainés entament une course-poursuite. « C’est toujours comme ça, Madame ?  » me murmure à l’oreille le spectre de Super Nanny. Je sais que l’heure qui va passer va être dure. Très dure. À chaque rayon la même rengaine « on peut prendre des Choco-Crispies-Max ? Du Fanta ? Du Coca ? Des billes ? Des Dragibus ? Des Malabars « . NAN. « t’avais prooooo-mis ! » NAN. On prend des carottes, des courgettes et des œufs. Le cadeau c’est après. Ils disparaissent. Réaparaissent les dras chargés de brosses à dent (une bonne dizaine). Le dernier est en équilibre sur la barre avant du caddie et pousse des hurlements de singe. Les ainés disparaissent. Je hurle « Je veux vous voir ! ». Comme une folle j’attrape tout ce que je peux et je remplis mon caddie à toute allure. Ils réaparaissent avec une boîte de vingt-quatre liégois et trois bombes de crême chantilly. Le dernier tombe dans le caddie sur la douzaine d’œufs. Je lui colle une banane dans la main et le réassoit. Il fait 40° ou quoi dans ce magasin ? Je suis en nage.
J’arrive au rayon charcuterie. J’entends « s’il te plaît ! Tu arrêtes ? » Je me retourne l’ainé donne des coups de pied dans les citrouilles que le chargé de rayon essaye de protéger. Spider Man tente de s’échapper du caddie et dans son ultime saut il écrase sa banane dans mes cheveux. Je passe au rayon Viande. Les ainés ont disparu. Je me rue dans les rayons, ils sont en train de faire des provisions devant la promo des gâteaux apéro. « Bon. C’est FINI pour le petit cadeau ! ».
J’ai terminé mais le plus dur est à venir : le passage à la caisse. Quand j’y arrive j’ai mal au cœur, j’ai chaud et je suis sur le point de pleurer. La caissière me regarde d’un drôle d’air, je crois que je lui fais pitié. Le refrain, toujours le même refrain, comme dans un cauchemar « Maman, on peut prendre des Menthos ? Des Kinder ? Des chewing-gums ? ». Quel est le con qui a eu la sombre idée de coller des bonbons à toutes les caisses ? D’une main je maintiens le dernier dans le siège du caddie, de l’autre je lance au hasard les articles sur le tapis de caisse. Je me déplace trois vertèbres, j’ai des mèches pleines de banane collées à la joue, mon taille basse m’arrive à mi-fesse et je renifle. Ils m’ont foutu « L’encyclopédie des dinosaures » au fond du caddie, je dis « euh finalement je ne le prends pas ! » La caissière fronce les sourcils « Ah ! oui mais c’est embêtant parcequ’il est abîmé ». Elle me montre la tranche mordue de long en large par mes enfants. Je rougis. Je m’incline.
Je suis prête pour un stage commando. Et au moins les commandos ils traînent pas leur mouflets pendant leurs stages, alors bémol et comptez pas sur moi pour vous plaindre lors de votre prochain passage à l’antenne. Au moment de partir les ainés s’agrippent de chaque côté du caddie pour faire « comme le camion poubelle » . Le dernier piétine le sac de tomates. Je boîte, j’ai envie de vomir, j’ai des courbatures. Je viens de faire le plein, quoi.