INTRODUCTION

Ça y est, enfin, Jean-Eudes a eu sa mutation ! Depuis le temps qu’on en rêvait !! Ça fait un certain temps que la vie à Paris nous tape sur le système et pourtant ça va faire trente ans qu’on y habite. On a longtemps ricané en voyant les cousins de Pronvice débarquer chez nous à Noël. Avec leur look un peu has been, leur mine un peu pétrifiée devant la cohue du boulevard Haussmann, leur blazer, leur chouchous… Et pourtant l’heure est grave : vous voulez leur ressembler !

Métro-boulot-dodo. Des loyers hors de prix. Pas d’espace vert digne de ce nom à moins de trois stations de métro. Des horaires de dingue. Des problèmes de nounou (huit en deux ans, dont cinq sans papier et deux sans cerveaux) aux problèmes de tapage nocturne (cinq étudiants en musicologie au dessus de chez nous), des grèves de la crèche (tous les deux mois) à celles des transports (toutes les deux semaines), chaque journée était un challenge. Le week-end on faisait le plein du frigo, à 8h30, sinon plus question de compter sur la livraison. Puis on allait voir Guignol à 15 heures, dix euros la séance de vingt minutes sous la flotte, un calvaire. Une fois on a essayé la forêt de Rambouillet pour la cueillette aux champignons, pas un bolet et deux heures pour atteindre le porte Maillot. Nos nerfs étaient sur le point de lâcher.

Une seule solution : quitter Paris. Chaque mois dans le métro, debout pendant dix stations, on fantasmait à la lecture du palmarès des villes où il fait bon vivre en France. Avec des couvertures colorées, des photos où le ciel est toujours bleu, des maisons en colombage et des commerçants qui se marrent devant l’objectif… Rennes…Nantes…Chambéry…Marseille… des mots qui revenaient comme des grelots. On s’est mis à en parler, le soir, avec Jean-Eudes. On en a rêvé, J.E. l’a fait. Sa boîte l’a muté, on a filé notre dém à cette garce de Sonia, célibataire endurcie aux dents longues et aux seins lourds, celle qui nous organisait systématiquement des réunions à 19h00 et on a plié bagages. Les gosses et le cochon d’Inde sous le bras. On est parti. Les poches pleines d’illusions. En rêvant de la mer à 20 mn et du ski à moins d’une demi-heure, tout ça sans bouchons de 26 km sur l’A13 le dimanche soir. On se voyait siroter un coca light au milieu du grand parc arboré d’un hôtel particulier, dont le loyer aurait été le même que notre 3 pièces au 4ème sans ascenseur. Tels les cow-boys de l’Ouest américain, nous sommes parties à la conquête de la Province. On a dit aux copains “on a décidé de changer de vie”, “on saute le pas” »on va avoir une grande maison et on vous invitera le week-end”. Ce qu’on ne savait pas, c’est que la vie en Province après des années de macadam Parisien, ça ressemble un peu à Koh-Lanta, la gloire et l’argent en moins.

Alors avis à toutes celles qui auraient les mêmes idées que nous, la Province c’est pas Paris avec la mer au bout des pavés. Non. La Province c’est un autre monde, c’est trop différent pour ne pas vous en parler. Quelques conseils pour ne pas sombrer dans l’alcool et profiter, sans perdre de temps, des avantages qu’elle nous offre.

7 Réponses à “INTRODUCTION”

  1. Beck dit :

    Je n’habite pas en province, je n’ai pas d’enfants non plus…mais merci j’attrape mes plus gros fous rires au boulot…
    on reconnait tellement de gens!
    bravo

  2. As dit :

    Il est démentiel ce blog, je le decouvre grâce à Orely, ma copine expat de province – parce que moi aussi cest vie de province, café, diner, amies qu’on appelle et qui se révèlent tra, vente de fringues, de bijoux, de jouets en bois, de chaussures, de livres, de trucs cathos et je ne sais encore. bon passe sur mon blog un de ces 4 je cherchais justement un point de vue Paris/Province sur un de mes billets. biz

  3. Codichon dit :

    j’ai eu les mêmes illusions … nous sommes partis de Puteaux en aout 2006 … nous sommes dans le Languedoc Roussillon, belle région, mais nous sommes décallés par rapport à nos collègues, les parents d’élève de l’école (privée, il n’y avait pas de place dans le public pour la 3ème qui rentrait en première année de maternelle) …
    Je rentrerai bien à paris ! sans compter mon boulot ! j’avais un poste super … et là même boîte mais dirigée par des franchouillards de province …

  4. seb le beauf dit :

    ca donne envie….
    je trouve ton blog super, et tes récits très réalistes. Tu as vraiment une belle plume et ce style, c’est simple, j’ai l’impression de l’avoir déja entendu…
    bisous à bientot

  5. Cricri la Provinciale dit :

    Je cherchais un blog racontant la vie d’une mère de famille. Je me retrouve dans un feuilleton où les clichés succèdent aux clichés. Expatrié… en province? C’est le summum!Je rêve!Un conseil : parisiens, parisiennes! Restez donc à Paris. Arrêtez de prendre les provinciaux pour des ploucs sinon vous n’aurez pas volé la réputation de prétentieux suffisantq que vous avez en province. Mais peut-être est-ce du second degré;

  6. Bailly dit :

    Bonjour,
    Editrice chez Leduc.s, je viens de vous découvrir grâce à Gaëlle Renard qui m’a parlé de vous… Auriez-vous la gentillesse de me contacter sur mon mail karine.bailly@leduc-s.com pour que nous puissions convenir d’un rendez-vous?
    A très vite !
    Karine Bailly

  7. AnneT4 dit :

    Bonjour, j’ai lu quelques passages de votre blog… Je trouve que l’idée est bonne, que les tournures sont sympathiques et originales. Par contre, c’est une peu trop dans la caricature. Ayant habité en RP (proche banlieue) et en Province, je ne suis pas trop d’accord… Ne seriez-vous pas femme de militaire par hasard ? car je trouve que le milieu que vous décrivez est très proche… et pas besoin d’aller aussi loin de Paris. Promenez-vous à Versailles, vous croiserez une palanquée de Maman et leur tribu de 7 enfants et plus avec leurs tenues ressemblant aux triplés de Nicole Lambert.
    Mais bon, j’avoue que j’aime bien lire votre blog ;-)

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