I have a dream…

9 novembre, 2009 par lapinmalin

J'ai dix-sept ans, voir dix-huit. Je suis belle, je n'ai pas de rides, je n'ai pas de pattes d'oie, je ne pense jamais à me faire refaire les seins, je n'ai pas de décision à prendre concernant quelques cheveux blancs. J'ai dix-huit ans et j'ai rendez-vous avec mon mec, on sort depuis un mois et deux jours ensemble, c'est ouf. Il a vingt-deux ans, autant vous dire que je suis fière comme Artaban d'avoir levé un vieux comme ça. Et ouais les filles ! Mon mec aura même vingt-trois ans dans trois mois !! On s'aime à la folie, je l'appelle en cachette le soir en tirant le fixe des parents sous mon lit. Il est hyper beau avec ses cheveux noirs mi-longs et son regard sombre, il embrasse comme un dieu. Moi aussi je suis pas si mal, l'insouciance me préserve de tout, on me répète pourtant qu'il faut que j'ai mon bac que je ne peux pas me permettre un quatrième redoublement et je m'en fous. Je me fous de tout, j'emmerde tout le monde. On va tous les deux en riant à cette soirée au Pavillon d'Armenonville et on danse en s'embrassant. Le champagne coule à flot, les gens sont beaux, nos potes sont réunis, Aretha Franlin hurle “Think ! Think ! Tulutututulu ! You'd better think ! Think ! Think !”. La vie est tellement belle, je suis tellement heureuse. J'ai deux disserts de philo à rendre lundi, trois ans d'histoire-géo à rattraper demain et huit heures de colle mercredi, mais je m'en fous royalement. J'ai la nuit pour moi. La vie devant moi. Je suis trop heureuse !

TIIIIIIINTTTTTTTTTTTTTTTTT TTTIIIINNNNNTTTTTTTTTTTTTTT. TTTTTTTIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNTTTTTTTTTTTTTT.

Un bruit résonne brutalement, étourdie par le champagne je sursaute, c'est insupportable. J'entrouvre les yeux en reniflant. Mais que se passe-t-il ? La vie me répond Lève-toi gros cul, on est lundi matin, il est sept heures, il fait deux degrés dehors, tu as trois chiards qu'il faut lever, habiller, moucher, tu as la peau des paupières qui te dégouline sur les yeux et le ménage c'est pas en option. Et tu sais quoi ? Tu peux aussi multiplier ton âge par deux, ça t'apprendra. Et puis j'oubliais : t'habites en Bretagne…”

I still have a dream…

 

(et oui les gars… j'ai connu la vie sans portable… oui oui, j'ai connu des longs dimanches cloitrée dans ma chambre à attendre que le fixe familial sonne et à vérifier toutes les cinq minutes si il ne déconnait pas, quelque part je suis contente : moi aussi j'ai un peu vécu la guerre…)

À propos des bananes…

12 octobre, 2009 par lapinmalin

Mes chères sœurs, je crains que vous n'ayez pris les paroles de Jésus au premier degré et j'en vois un paquet qui se font chier pour rien, je me vois donc dans l'obligation d'écrire ce post. Et je peux vous dire que ça ne me fait pas plaisir vu qu'au même moment y a “Maman cherche l'amour” à la télé. Mais là, je m'insurge et je suis prête à rater comment Bernard a réussi à rouler une galoche à Solange autour d'une choucroute alsacienne. À vous voir courir le lundi soir chez le pédopsychiatre ou vous pourrir l'afternoon chez l'orthodontiste (je viens de m'apercevoir que ça s'écrit comme ça…) on dirait que vous cherchez à gagner une petite place au Paradis. Bande de coquines, si vous pensez que ça va se mesurer aux nombres d'heures passées à essayer de rendre vos enfants parfaits je pense que vous vous méprenez. Je dis stop ! “Heureux les pauvres en esprit le Royaume des Cieux est à eux” ce n'était pas pour vous. Je sais bien qu'il y a une foule de métiers qui exploitent la connerie humaine mais ce n'est pas en faisant les dindes dans toutes les salles d'attente que vous irez directement dans le clan des meilleurs. En tout cas la première arrivée pistonne la suivante, faudra se tenir les coudes à ce moment là, mais on n'y est pas.

On s'est bien foutu de la gueule des nazis mais franchement on n'est pas très loin de leur idéologie car la quête de l'enfant parfait a commencé. Votre enfant crie la nuit ? A peur des algues ou parle seul ? Tapez 1, il a besoin d'un psy. Votre enfant manque de concentration, déchire les livres de ses voisins et vomi tous les légumes verts par le nez, tapez 2 c'est un bilan pédopsychiatrique qu'il lui faut. Votre enfant dort la bouche ouverte et s'endort à l'école ? Tapez 3, votre enfant mérite d'être défiguré à l'aide d'un appareil dentaire, ne cherchez pas le rapport. Votre enfant a du mal à lire, butte sur certaines consonnes et ralentit le rythme de la classe ? Tapez 4, il est temps d'aller consulter un orthophoniste. Et si il marche de travers, vous n'oublierez pas le podologue. J'apprends qu'il existe même des gens qui ont le culot de faire du “coaching scolaire” on aura vraiment tout vu.

Halte là, camarades !! Je crois que nous perdons notre temps et je crois que ce n'est pas normal de voir autant d'enfants remplir les salles d'attente des professionnels divers et variés. Je pense sincèrement qu'il est temps de dire Merde à ceux qui le méritent. Parce que je vais vous dire un truc : c'est normal de vomir les légumes verts parce que les légumes verts c'est immonde, c'est normal de refuser de dire bonjour parce que lécher le museau de toutes les grandes personnes c'est souvent ignoble c'est normal d'avoir peur du noir alors que les parents se la coulent douce dans un double pieu, c'est normal d'avoir les dents de travers, c'est normal de dessiner des têtes de mort, c'est normal d'hurler devant Oui-Oui parce que Oui-Oui n'est pas supportable, jusque là tout est normal mais on voudrait que nos enfants le soient un peu plus. On voudrait des enfants parfaits, on voudrait tout corriger et la société vous file rapidement mauvaise conscience à ce sujet-là. C'est lamentable.

Et maintenant pour détendre l'atmosphère une question.
Une vraie question qui mérite d'être posée, une question qui ouvre les débats, une question qu'il faut mûrir :
“Quelle est la planète où l'on trouve le plus de bananes ?”

Petites activités…

5 octobre, 2009 par lapinmalin

Alors les filles ? Ça y est ? Le programme est bouclé ? Vous avez déjà répondu OUI cent trente trois fois à la question “ta rentrée s'est bien passée ?”, vous avez enchainé vingt-deux réunions hyper importantes sur le programme de CE2 (révolutionnaire) ou sur la préparation de la semaine verte dans les gorges du Bouchou, et à la troisième fois vous vous êtes même engueulées avec vos maris qui ont hurlé “putain c'est quoi encore cette réunion à 19h00??” quand vous leur avez demandé d'être là plus tôt, vous avez acheté vos petites bouteilles de gel hydroamiotique pour vous préserver de la grippe A et lu comment le vaccin de cette même grippe est un énorme complot américain qui vise à supprimer l'humanité (comme dans Goldorak) ? Et surtout : ça y est ? Vos mercredis sont bien pourris par un planning d'activités inutiles ? Hein ?

Parce que moi ça y est. Je suis tombée dans tous les panneaux. J'ai dit Ouais, ouais ma rentrée s'est bien passée, je suis hyper contente, ça va faire cinq ans que je m'épanouis dans cette ville et c'est vraiment super et les enfants aussi ils sont réjouis, super les maitresses, t'as Madame Jaqueline ? Tu verras elle est extra, elle les structure (à placer absolument dans la conversation). J'ai acheté du gel que nous n'avons encore jamais utilisé et j'ai dit ce vaccin contient de l'aluminium et du mercure de sodium on ne connaît pas les effets secondaires qui peuvent être une poussée soudaine et incontrôlée des poils du cul pendant près d'un siècle ou même une haleine de berger des Pyrénées À VIE. En ce qui concerne les activités des enfants j'attaque le tennis pour le cadet après avoir abandonné le basket (super beauf) et le judo (super chiant). Pour l'ainé nous franchissons un cap : l'équitation. Parce que là, si vous voulez VRAIMENT bouffer du pain noir y a pas mieux. De la boue jusqu'au cou, une odeur de crottin persistante et surtout des hurlements dans une langue jusque-là ignorée et qui donne à peu près ça (volume 14) “Où c'est qu'il est le licole à Caramel et qui c'est qui m'a foutu Pépette dans le manège vu que c'est Bibiche qui fait la reprise ????”. Pétrifiée d'abord par l'ambiance vous avez baissé les yeux genre c'est pas moi qu'a foutu Caramel dans le licole et pour fayotter un peu vous caressez le museau du bourrin qui se tient à droite de vous, l'animal bouge son énorme tête dans tous les sens et on se prend une décharge d'adrénaline à chaque fois, mais on fait style quel bel animal ! Quelle magnifique crinière ! Et surtout on ne montre pas sa peur : l'animal la sent, fais gaffe Maman il met ses oreilles en arrière (le cheval renifle avec ses tympans), il va t'arracher les cheveux avec ses énormes dents ou te péter la mâchoire avec un coup de sabot donne-lui immédiatement un sucre, on a dit la main à plat on dirait que tu cherches à perdre tes doigts… Pendant ce temps douze enfants font le tour du manège au pas, surtout des filles, et toutes les mères attendent les pieds dans la paille mouillée et les mains gelées, les calories s'envolent (on se console comme on peut). Vous avez poussé un cri quand le double poney de l'ainé (une vraie saloperie qui bouffe des carottes en produisant de la mousse orange qui coule partout) a fait un bond sur le côté, vous vous êtes bouché le nez quand Bibiche a largué cinq kilogrammes de crottin quasiment dans la truffe de son copain, bref l'équitation c'est comme la Bretagne, ça vous gagne.

Bon lundi la compagnie. Ici il fait un temps de ouf : vent plein ouest et crachin poétique, c'est magnifique…

 

L’arrivée en Espagne

21 juin, 2009 par lapinmalin

La traversée des Pyrénées fut longue et laborieuse. Il faisait chaud, on sentait parfois la tension monter entre nos deux aventurières. Elles avaient commencé à se confier l'une à l'autre, Amelia s'était trouvée LA confidente de ses rêves, un tas de points en commun avaient animé leur conversation, elles avaient taillé des shorts à tout le monde. Amelia avait parlé de ses enfants ingrats et méchants avec elle, Alyette de ses filles dont le principal problème était la bêtise, une tard héritée des Kermouette, tu comprends, expliquait-elle, mes belle-sœurs ont toutes ce problème : ce sont des dindes finies. Mais quand Amelia avait dit “finalement qu'est-ce qu'on se ressemble”, Alyette que la faim tiraillait et dont l'humeur se dégradait, avait répondu “euh… non… tu rêves de me ressembler, en bonne bourgeoise que tu es, mais en ce qui me concerne ce n'est absolument pas réciproque”. Elle l'avait mouchée et ça faisait bien cent bornes qu'elles n'échangeaient plus une parole. Amelia vexée, avait failli la virer de sa voiture mais elle était contente de ne plus conduire et au final ça l'arrangeait de ne pas arriver seule chez Raoul Grochin. Elle ne savait pas comment il vivait et ses vagues explications sur sa communauté naturiste l'angoissaient au fur et à mesure qu'elle s'en approchait.

Raoul savourait quelques champignons hallucinogènes, tandis que Suzanne discutait de l'énergie nucléaire avec Willy. La nuit était chaude et belle, Cloclo regardait le ciel et cherchait la grande Ours. Soudain un bruit de voiture vint perturber leur soirée. Raoul se leva, il avait l'allure d'un prêtre maya avec son bonnet péruvien et son poncho multicolore, offert par un prêtre inca qui jouait de la flûte de pan sur le marché de Madrid. Willy que seul un étui pénien en peau de chèvre couvrait, murmura “voilà les copines” et Suzanne continua de fumer son pétard, feignant de n'avoir rien vu. Alyette coupa le moteur, Amelia sortit de la voiture. Elles ne voyaient pas grand chose, il n'y avait quasiment pas de lumière. Raoul ayant absorbé trop de champignons vit deux sublimes créatures un peu suédoises s'avancer vers lui, il courut, tomba une première fois en se prenant les pieds dans son poncho, se releva en riant et se jeta dans les bras d'Alyette en hurlant “tu es encore plus belle que dans mes souvenirs”. Alyette dit “Oh oh ! Mon brave, je crois qu'il y a une erreur”, et il entendit alors Amélia qui, d'une petite voix dit en levant le doigt “coucou Raoul me voilà !”. Raoul siffla d'admiration et l'étreignit avec passion, Amelia fermait les yeux et savourait cette instant, elle pensa à la chanson Un été de porcelaine. Willy s'était approché d'Alyette et avec un large sourire lui avait tendu une main en se présentant. Alyette sursauta et poussa un “Han !” d'effroi en découvrant l'allure de l'américain.

Raoul se détacha d'Amelia et invita tout le monde à s'assoir autour du feu, il cria en tapant des mains “et que l'on sorte le Jus de Bienvenu !!”. Deux jeunes gens qui faisaient de la balançoire, nus comme des vers, quittèrent alors leur amusement pour s'élançer vers une bicoque, d'où ils sortirent en courant quelques instants plus tard. Le jeune homme portait les bouteilles et la jeune femme le suivait en faisant des pas de danse, virevoltant sur elle-même. “Ces deux-là sont en formation dans la communauté, ils nous doivent respect et obéissance pendant huit cycles de lune”. Alyette observait ce manège, pétrifiée, en s'accrochant à sa chemise de nuit. Ils s'assirent tous, Cloclo dit que c'était sa tournée de chorizo. Willy s'approcha doucement d'Alyette et lui posa amicalement une main sur la cuisse. Cette dernière bondit en criant “Au viol !”, ils éclatèrent tous de rire. Willy changea de place, il expliqua à Cloclo que “non seulement elle est supère moche le copine mais qu'en plus elle était désagréable”, Raoul rétorqua qu'elle avait sans doute son champs magnetico-érotico totalement déchargé et qu'après quelques gorgée de son jus elle irait mieux. Amélia était un peu gênée, elle ricanait bêtement, contente néammoins d'avoir un peu d'alcool à se coller dans le gosier. Ayant bu une grande rasade du précieux jus de Raoul elle commençait à mieux se sentir et se mit en soutien-gorge sous l'œil horrifiée d'Alyette.

Devine !? a demandé Jackie en minaudant devant un énorme plat de langoustines, Allez quoi ! Devine !! Jean-Pierre a joué le jeu, a cherché un moment avant de répondre Euh ? Tu t'es acheté un nouvel ensemble noir en dentelle ? Nan, a fait Jackie en repoussant quelques mèches. Ben je sais pas moi, tu me réserves une surprise avec des menottes ? a-t-il murmuré alléché. Mais Jackie a secoué la tête et s'est mordu le bout de la langue en prenant des airs de petite fille prise en flagrant délit de bêtise. JP a posé ses mains sur les hanches, a soufflé, pris une gorgée de vin blanc, s'est épongé le front et d'un ton enjoué a supplié “Arrête de me faire marcher coquine !! Tu vois bien que tu me rends fou !!”. Alors Jackie s'est caressé le ventre et a dit rayonnante “je vais être Maman !”. JP s'est dégrisé d'un coup, s'est arrêté de respirer et a soufflé “ben merde…”. Voyant sa mine déconfite Jackie a fondu en larme, a sangloté, a dit qu'elle pensait qu'il serait content maintenant qu'ils étaient enfin seuls tous les deux sans l'autre alcolo qui leur gâchait l'existence, et elle est partie se coucher dans sa chambre d'hotel avec des petits hoquets de chagrin. Jean-Pierre Leguoulle est furax, et dire qu'il vient de la nommer Directrice Marketing du groupe… la garce… en plus ça va lui coûter bonbon toute cette histoire… il faut qu'il retrouve Amélia et que les choses rentrent dans l'ordre au plus vite.

La sortie du mois de juin.

18 juin, 2009 par lapinmalin

“Le 28 juin les CP rouge iront au zoo, prévoir un pique-nique, un vêtement de pluie, un couvre-chef et des chaussures de marche”

Avec ses grands yeux bourrés d'amour Trésor vous a suppliée d'accompagner la sortie au zoo “Allez Maman je t'en supplie ! ” et la maîtresse vous a regardée en face et a dit sur le ton d'un diagnostique pédopsychiatrique “Je crois que ça lui ferait VRAIMENT plaisir” ce qui sous-entend “il a besoin de vous sa mère, et je m'y connais je suis instit' depuis des décennies”. Alors dans un grand moment de faiblesse et parce que, pauvre de vous, vous n'avez pas eu la présence d'esprit de répondre du tac-au-tac “Ah ! Le 28 c'est impossible j'ai une compétition” vous avez dit d'accord, vous pouvez compter sur moi. Jeudi 28 juin c'est la grande sortie au zoo, vous avez cédé au chantage affectif de la maîtresse qui vous prend pour une gourde et vous allez en chier avec les CP.

Le matin on a préparé le pique-nique, l'odeur du cornichons à l'aube vous a foutu la gerbe, vous avez rempli le sac à dos de Trésor à rabord de peur qu'il ait faim, son père a dit “hé ! mais vous partez pour quinze jours ou quoi ??”. Vous avez répondu avec aigreur “Tu crois que ça m'amuse d'aller au zoo peut-être ? Au lieu de critiquer tu pouvais aussi prendre un RTT pour y aller hain !!??”. Et puis pour détendre l'atmosphère vous avez regardé Trésor en ajoutant “Yes ! On va s'éclater aujourd'hui !!”.

Trésor est content que vous soyez là, il vous tient la main et il sourit fièrement quand une petite fille lui dit “OUahhh! elle est bèèèèèèlle ta mère”. Dans le car on se dit qu'il faut adopter une mine réjouie, qu'on en a pour la journée et que c'est pas le moment de flancher. Gaiement et courageusement on prend des airs de cheftaine enchantée et on pense à toutes les garces qui se sont défilées pour accompagner, avec des excuses bidons et des airs de faux-cul “OH… pfffff… le 28 ? c'est impossible, j'ai une réunion à 8h00… ça m'aurait fait tellement plaisir”. Le car fait péter tous les moufflets, l'odeur est irrespirable, vous vous bouchez le nez. Angelina s'approche pour vous dire que sa voisine a envie de vomir, vous manquez défaillir et, prenant votre lâcheté à deux mains, vous lui chuchotez “va vite le dire à ta maîtresse !”. Après tout merde, y a pas marqué sac-à-vomi sur votre front. Votre Trésor est très en forme, content que vous soyez là il entonne “Chauffeur si t'es champion, appui-E,appui-E, Chauffeur si t'es champion appuie sur'l'champignon“. Les enfants reprennent tous en cœur, à la troisième fois vous vous levez excédée et vous leur demandez sèchement de se taire. Ils vous aiment déjà moins.

Au zoo c'était super, on se souviendra de la pause popo qui a duré trois quarts d'heure après le pique-nique, vous avez fait comme si vous n'entendiez pas quand Angelina a crié “ça y ééééééééé”(pas question de torcher qui que ce soit) et on était contents de retrouver Galaad, oublié par le groupe dans les chiottes turcs. En début d'après midi vous ne les supportez déjà plus, vous pourriez même shooter dedans, ils font des glissades sur le gravier devant les cabinets, la maîtresse soupire, elle les trouve “fatigués et très énervés”, faux-cul vous les défendez en expliquant “qu'ils sont tellement contents d'être là…!”. Le pire du groupe c'est le vôtre, il imite les singes en poussant des hurlements, il court partout, vous avez un peu honte quand la maîtresse le reprend devant vous pour lui demander de se calmer. Elle doit penser que c'est sans doute comme ça chez vous : que vous ne contrôlez rien… Angelina s'est prise d'affection pour vous, elle vous colle et raconte sa vie, elle est franchement pénible.

Au retour on a plus de voix. Mais on a gagné en autorité : lorsque vous vous approchez du fond du car pour leur demander de la boucler il vous regarde tous en faisant la tronche, ils vous détestent, ils disent tout bas à Trésor “elle est super méchante ta mère, et en plus elle est moche”.La petite voix d'Angelina résonne dans votre boîte cranienne, vous lui suggérez d'aller voir ailleurs si vous y êtes, elle vous regarde médusée par tant de méchanceté. À l'arrivée vous retrouvez votre sourire de circonstance de maman-accompagnatrice-qui-s'est-éclatée-avec-les-p'tits loups, quand on vous demande comment c'était vous répondez “extraordinaire”, vous avez l'air d'une vieille petite fille avec vos joues rouges et vos cheveux en bataille, vous sentez un peu la pom'pote rance et le paté chaud et, déjà, vous préparez des vraies excuses pour l'année prochaine. Car cette année, le pigeon du zoo c'était vous !!

Pour ceux (genre traders ou autres) ou celles qui souhaiteraient une petite dédicace sur leur Province-Attitude, contactez-moi car j'organise un D-Day (Dédicace-Day) à Rennes. Allez à plouch !

 

Je veux des noms !

10 juin, 2009 par lapinmalin

Des noms. Je veux des noms. QUI les connaît ?

Matez-moi un peu ce ramassis de beaux gosses imbus de leur personne mais au sex-apple démesurément grand. Ils ont tout perdu les pôôôôvres, finie la blanche dans les narines, les grosses poitrines et le lèche-vitrine. On pourrait presque les plaindre…

Parce qu'on est mercredi et qu'on a besoin de rêver, je vous demande de voter pour celui que vous préférez (hi ! hi !hi ! on s'encanaille sur ce blog hein ?!!). Perso pour moi c'est celui qui chante “dans nos poches tombaient des milliards” et qui fait “wouoooôô hôô hôôôoo”.

Je vous laisse, c'est pas tout ça mais y a Alyette qui va débarquer chez les naturistes et ça devient chaud.

Open your heart…

Roule ma poule. Le départ.

7 juin, 2009 par lapinmalin

Elle a juste pris une fiole de gin. Une. La dernière pour la route. Un échantillon ramené par JP lors de son dernier séminaire à Punta Cana. Amelia sourit amèrement… Il a dû s'éclater avec son affreuse petite morue, cet imbécile a joué les Spider-Man accroché à la moustiquaire du lit à baldaquin de la chambre en bois exotique, tandis que sa truie se trémoussait vulgairement dans un déshabillé en soie, pensant que c'était l'avènement final que de s'envoyer le patron au bout du monde. Qu'elle se le garde ! Le monde appartient désormais à Amélia, Raoul Grochin l'attend en Espagne dans un camp hippie, où il vit en harmonie avec la nature, il l'a invitée à venir quand elle veut. C'est le moment de hisser les voiles pour Amélia, de quitter JP qui la trompe, ses enfants qui l'ignorent, son salon patiné et ses tableaux d'art contemporain. Sa vue se brouille parfois, elle étouffe un hoquet, ses paupières sont gonflées, son visage soufflé par l'alcool mais elle rit de bon cœur, Amélia, car elle est libre maintenant. Elle continue sur le périphérique afin de prendre la direction de Bordeaux, elle s'apprête à longer la côte ouest avant de passer la frontière. Soudain à la sortie de l'autoroute Amélia sursaute en passant devant un tas difforme qui tend son pouce sous un poncho en plastique, quelques mèches ruisselantes barrent le visage de l'auto-stoppeuse mais Amélia reconnaît Alyette. Alyette de Kermouette !! Elle freine brusquement, un poids lourd la klaxonne, elle s'arrête sur le bas-côté et sous des trombes d'eau, îvre morte elle hurle en faisant des gestes dont elle a perdu le contrôle, l'index pointé vers le ciel “Alors la comtesse ! Tu montes ou quoâ ?!”. Alyette est ravie de voir enfin une voiture s'arrêter, faut dire qu'immobile en chaussette depuis au moins deux heures, elle a super froid. Mais dans le fond elle s'en fout. Pas question de faire demi-tour. De toutes les façons ça fait trente ans qu'elle se pèle le cul dans le château des Kermouette, trente ans qu'elle trime, qu'elle bouffe de la merde pour espérer le tout-à-l'égout, trente ans qu'elle supporte un tas de cons, trente ans qu'elle se farci Gérard et ses histoires d'ancêtres généraux, alors aujourd'hui elle se casse. Droit devant, elle descend dans le Sud, elle fredonne le temps dure long-temps-AN, et la vie sûrement… plus d'un million d'années !! Elle se rue vers la voiture qui la hèle et c'est avec stupeur qu'elle croise le regard vitreux d'Amélia. Amélia Leguoulle ! Elle est méconnaissable, ses joues sont violacées et son nez est rouge, mais que lui est-il arrivé ? Alyette s'engouffre dans le petit coupé, Amelia s'assied, démarre, passe les vitesses et la paupière tombante l'avertit “Ma poule, je me fais la malle en Espagne tu sais, avec moi, c'est droit devant…” Alyette renifle, se passe une main sur le visage et dit “Moi aussi je me casse, alors roule…”.

Raoul Grochin bosse sur le marché de Madrid tous les matins. Il vend de la paëlla, il hurle “Paëlla !!! Que buena buena !!”. Il vit à une trentaine de kilomètres de Madrid, dans une petite communauté, ils sont une trentaine à se partager un hameau abandonné. Ce sont tous de vieux copains, ils ont connu l'île de Wight, mai 68, ils sont libres et ils rejettent la société de consommation. Artistes pour la plupart, ils vivent essentiellement grâce à la paëlla de Raoul qui rend malade à crever tous les touristes qui la goûtent. Faut dire que Raoul ne respecte aucune règle d'hygiène, son chorizo est roulé au talon par son camarade Cloclo qui tue le cochon en fumant de l'herbe, et il récupère ses crevettes chez un chinois qui lui fait des ristournes quand la menthe des rouleaux de printemps ne couvre plus l'odeur du kilo de mollusques avariés. Raoul pense que notre société doit réapprendre à manger des trucs sans conservateurs et que sa paëlla a le goût de l'aventure. Son seul péché mignon c'est une heure d'internet qu'il s'offre de temps à autre dans un cyber-café, et depuis quelques temps il a retrouvé Amélia, une copine d'enfance. Elle lui a promis de venir lui rendre visite un jour. Il a prévenu ses amis, il a dit un soir alors que Stan grattait Il a neigé sur Yesterday “Je vais peut-être avoir une copine qui va venir un ou deux jours”. Suzanne qui basculait son corps de droite à gauche a ouvert les yeux, remis sa peau de mouton en grognant que les nouvelles elle aimait pas beaucoup ça, Karina, la basque qui s'occupe des chèvres a froncé les sourcils et Willy, l'anglais, a dit avec son accent “Whouah !! C'est super !  J'espèrè qu'elle aime faire l'amour avec tout le monde !”. Raoul a crié “Vive les verts !” et Cloclo a hurlé “Vive l'atmosphère !”. Alors ils ont tous ri de bon cœur parce qu'ils étaient heureux, que le feu de bois leur chauffait les poils du corps, parce qu'ils étaient libres, nus et ensemble.

“Fais gaffe !” hurle de temps en temps Alyette quand Amélia frôle la rembarde de l'autoroute à plus de 180km/h. Amelia explose de rire, essaye de récupérer quelques gouttes en aspirant bruyamment dans la bouteille, ralentit, dit putain c'est bon de se casser et Alyette recommence à sourire, émergeant de ses longs mois de dépression, oppressée par le regard d'Edwige, cassée par les médicaments du Docteur Furon, assassinée par les conventions sociales. Elle sourit, elle trouve qu'Amelia pue l'alcool mais que ça la rend plus sympathique, elle s'endort tandis que le véhicule continue sa course folle. Dans quelques heures les Pyrénées et après… Après ? Elle s'en fout.

 

Allez je m'y remets. Je sais j'ai abusé. Mais promis demain c'est la fête avec Raoul. Je vous passe le bonsoir et je remercie la personne qui m'a laissé le dernier com dans le post précédent.

Pacques et pic et kilogramme…

22 avril, 2009 par lapinmalin

Pacques derrière nous, les cloches se sont envolées, laissant quelques œufs écrabouillés sous le réhausseur de la voiture et quelques sacrées traces dans notre slip : l'élastique nous serre furieusement la fesse, Kinder The Killer, nous a encore eus !! On s'est dit que c'était l'équivalent d'un verre de lait, qu'après l'hiver pourri passé sous une chapka on avait besoin de magnésium, on s'est dit Merde ! Même Gisèle Bündchwzen est complexée quand elle va à la piscine, et avec un peu de chance le réchauffement climatique œuvrera de façon à ce que nous n'ayons plus jamais l'occasion de nous mettre en maillot de bain. Dans deux ans c'est la fin du monde, la fonte du Pôle Nord nous aura englouties, l'ours polaire dérivera vers Quimper, on aura sans doute des soucis plus importants que de rentrer dans cette utopique Taille 36. Si Jésus n'était pas ressuscité il se retournerait dans sa tombe en m'entendant…(le mercredi j'ai de l'esprit).

Après Pacques t'as l'air d'un sac : l'heure est aux…régimes. Ting ! Ting ! Ting ! (carillon).L'occasion inespérée pour tous les magazines féminins de nous montrer à quel point ils nous prennent tous pour des cons. Pendant deux mois on va avoir droit à toutes les lubies des nutritionnistes les plus illuminés de la planète. “Attention la chrono-nutrition arrive !” ou encore “Le choux votre meilleur allié”. Moi je dis Attention ! Le choux ça fait péter et ça donne une haleine de teckel : entre faire le vide dans son pantacourt et faire le vide autour de soi, va falloir choisir !!… Les conseils les plus débiles afflueront, on va vous faire gober qu'en mangeant un kilo d'ananas vous perdrez jusqu'à trois kilos par semaine, les personnages imaginaires seront toujours plus nombreux “Bonjour, je m'appelle Géraldine, je pesait 98 kg pour 1m53 et grâce au régime du Docteur Scotchawk je fais désormais la maline dans mes tous mes petits strings !”, les faux témoignages se succéderont “Eva Zerzigova nous révèle qu'elle boit une tisane de ficcus avant de s'endormir”. On va nous délivrer mille et une petites recettes “légères”, à base de concombre écrabouillé ou de laitue séchée, on va essayer de nous faire brouter du trèfle (riche en B 58463, la nouvelle vitamine qui fait fureur à Miami), bref on va encore nous faire chier, et c'est rien de le dire, parce qu'avec le kilo d'ananas et le trèfle haché, ça risque d'être sévère cette fois…

Et tout le monde, à l'approche des beaux jours, va y aller de sa petite phrase, obsessionnelle : “honnêtement tu me trouves grosse ou pas ?” “franchement tu trouves que j'ai beaucoup pris depuis la naissance de Clotaire ?”"ça se voit ou pas que j'ai perdu 785 grammes depuis lundi ?”, et les mêmes phrases reviendront, rassurantes, gentilles et monocordes : “Honnêtement ? Allez… t'as peut-être deux kilos en trop…”" Tu sais quoi ? T'es ronde et ça te va su-per bien !”. Pourtant, on pourrait en écrire des articles, nous. Parce qu'on a pas connu la guerre mais on a eu la dalle : Génération Slim Foust ! Une poudre dégueulasse au cacao ou à la vanille mélangée à de l'eau dans un verre en plastique OFFERT par la marque, c'était de l'héroïsme. Alors à toutes ceux qui ont faim en lisant cet article je ne saurais que leur conseiller d'aller se faire plaisir dans le placard à Carambar, car j'ai récemment fait une découverte culinaire des plus savoureuses : je mâche une poignée de cacahuètes et une fois qu'elle est bien écrasée dans ma bouche, je mâche par dessus un carambar au caramel. Goutez-moi ça vous m'en direz des nouvelles.
Entre coupe-faim et coupe-crotte il va falloir trancher. C'était ma phrase du jour.

 

C’est la cata…

31 mars, 2009 par lapinmalin

C'est la caca, c'est la cata, c'est la… catastrophe !!!

Je ne peux pas bien vous dire ce qu'il se passe, mais il y a une “couille dans le potage” comme aurait dit Voltaire lorsqu'il moulinait ses haricots verts.
Beaucoup me laissent des messages pour me demander où on peut trouver mon livre. Sachez qu'il y en a encore sur Decitre.fr ou Laprocure.com. Je sais que la situation est lourdingue et je suis la première à enrager, à mon échelle je ne peux rien faire, à part harceler mon éditeur de mails et de coups de fil, c'est ultra chiant. La réimpression étant rentrée hier en stock, tout devrait fonctionner, c'est ce qu'a dit le monsieur… Pour ne rien arranger on a changé d'heure et je suis décalquée, mon métabolisme est largué, j'en viendrais même à vous vendre des moules Flexipax à 53 euros ou à organiser des groupes de reflexion du genre “qu'est-ce que signifie être une femme aujourd'hui”, c'est dire mon état de fatigue…

 

Là où il y a une volonté, il y a un chemin” Soun Tzou (un copain de Fac de Droit)

 

Marche ou crève à la Mi-Carême

22 mars, 2009 par lapinmalin

Assise par terre, je scrute l'horizon.
L'air est sec, le ciel est bleu, il ne pleut pas : c'est rare ici, ça relève même du miracle. Y a de la magie dans l'atmosphère, le soleil se reflète dans la soie de mon kimono. Les voitures ne sont pas nombreuses, les passants non plus. J'appelle mon fils “Petit, petit ! Reste assis près de moi”, il est fatigué et se frotte les yeux. Je ne désespère pas. Je prends l'objet trouvé dans le coffre, je le secoue, il fait Clik ! Clik ! son fonctionnement ne n'a pas l'air simple, je tente de trouver à quoi il sert, il est lourd. J'appuie partout, je tire de toutes mes forces, j'ai peur de me coincer les doigts, je le cogne sur le bitume, je murmure Sézame ouvre-toi, il ne se passe rien. Je me concentre, je me dis tout bas ma grande, t'as écrit un livre, rappelle-toi ! C'est un autre défi qui t'attend, te laisse pas démonter… Il faut que je trouve une solution ou nous dormirons sur le trottoir ce soir. Un homme passe, il hâte le pas en m'apercevant et nous contourne, le lâche ! Je rassure mon fils “Ne pleure pas petit, we can do it”. L'enfant est traumatisé, il faut dire qu'avec Batman et Maya l'Abeille il vient d'aller défiler à la maison de retraite. Ça ne s'est pas super bien passé. Ils ont d'abord tous sursauté quand la dame en blanc a hurlé dans la salle à manger “CE SONT LES ENFANTS QUI VIENNENT VOUS DIRE BONJOUR !!”. Squelettor leur a souri dans sa chaise roulante en poussant des cris rauques, Maître Yoda s'est mis à baver, les enfants sont tous repartis en hurlant, Spider Man a fait pipi dans son slip, Pocahontas a fondu en larme et réclamé sa maman, ils détestent ad vitam le carnaval.
Soudain en tournant une petite barre en acier je m'aperçois que l'objet s'ouvre doucement : Eurêka ! J'ai trouvé ! Je me mets à quatre pattes, je fixe mon adversaire pour l'intimider, j'observe, je tire le rond en plastique sale… Tout est là, devant moi, un refrain s'impose, Carla Bruni fredonne : “Quatre boulons, une clé en fer c'est le prénom de ma galère…”
Je découvre qu'il y a un drôle d'objet dont le trou correspond parfaitement à la forme de l'écrou, chacun cherche son trou, je viens de trouver la formule magique. J'enlève mon kimono, j'ai chaud, ça commence à sentir le rouleau de printemps. Mes mains sont noires, j'ai le cœur léger, l'enfant s'est arrêté de pleurer. Un monsieur se dirige vers moi, mais quand il aperçoit la situation dans laquelle je suis, il traverse la rue au galop. Hors de ma vue Ducon, je n'ai besoin de personne. Je m'érafle la peau des phalanges sur le bitume en tournant la manivelle, mais je crois détenir la clé de l'énigme. Je donne des coups de talons sur la petite matraque noire, les boulons sautent, mon cœur bondit. Je m'essuie le front avec le revers de mon poignet pour faire comme dans les films, je donne un petit coup de poing dans la voiture en  criant “Foking côôôr !” (mon accent est redoutable). J'empoigne, je soulève, je change, je transporte, j'ai soif. Ma parole ! Je suis Super Jaimy et je parviens même à entendre des sons imperceptibles d'ordinaire !! Les oiseaux se taisent soudain, l'enfant crie “Hourra !”, un passant s'avance, vérifie d'abord que le travail est terminé et demande s'il peut m'aider, je lui réponds qu'il y a des situations où la présence des hommes est absolument inutile, voire encombrante, il prend pour tous les autres. Il répond que je peux crever, je lui rétorque que c'est déjà fait, qu'il peut disposer.

J'arrive chez Speedy, je dis “Bonjour tout le monde ! J'ai changé mon pneu toute seule… Ben quoi me regardez pas comme ça ! Honnêtement les gars, c'était ea-sy…”. Le garagiste sourit, dit que tous les boulons sont revissés à l'envers… hum… hum ! Tu serais pas un peu jaloux mon grand ?